« Ils (ceux de Karambaya, ndlr) ont abandonné le problème parce qu’ils sont fatigués ! Ils ont honte. Ils ont compris qu’ils ne pourront jamais nous empêcher de construire une maison de Dieu. Nous n’allons plus jamais nous comprendre avec ces gens-là…», a indiqué à Guineematin.com le sage de Touraya, Elhadj Mamadou Diaby.

Comme on le sait, dans la ville sainte de Touba, située à 49 Km de Gaoual chef-lieu de la préfecture, le projet de construction d’une seconde mosquée oppose, depuis 2015, les deux grandes familles cohabitantes : Karambaya (qui s’oppose) et Touraya (qui construit).

Selon Elhadj Mamadou Diaby, un sage de Touraya, porte parole de la famille fondatrice de cette seconde mosquée, qui a échangé au téléphone avec le correspondant de Guineematin.com à Boké, ce jeudi, 13 juillet 2017, le chantier évolue à merveilles et tend même vers sa finition. « Nous sommes à la finition ! Il ne nous reste que de mettre les carreaux », a-t-il joyeusement annoncé.

A en croire Elhadj Mamadou Diaby, les citoyens de Touraya ont déjà commencé à prier dans cette mosquée depuis la veille du mois de Ramadan dernier et que les lieux sont sécurisés par des groupes de gendarmes qui passent à tour de rôle pour surveiller le chantier. « C’est dans cette mosquée que nous prions depuis la veille du mois de Ramadan. Il ne nous reste que de mettre les carreaux, toutes les portes sont fermées et tout le reste du matériel est en place », explique-t-il-il.

Première mosquée de Touba image d’archive

A la question de savoir si les familles Touraya et Karambaya ont finalement trouvé un terrain d’entente pour la réalisation de cette mosquée, Elhadj Mamadou a coupé court : « ils (ceux de Karambaya, ndlr) ont abandonné le problème parce qu’ils sont fatigués ! Ils ont honte. Ils ont compris qu’ils ne pourront jamais nous empêcher de construire une maison de Dieu. Nous n’allons plus jamais nous comprendre avec ces gens-là. D’ailleurs, pour sécuriser le chantier, des agents de sécurité sont déployés ici. Une équipe vient pour un temps ; et, après elle, une autre vient prendre la relève », a indiqué à Guineematin.com le sage de Touraya, Elhadj Mamadou Diaby.

A la lumière de ce qui précède, tout laisse à croire que malgré le calme actuel, le conflit de Touba est loin d’être résolu. Pourtant, les autorités auraient mieux fait de trouver une solution définitive en réconciliant les frères Karambaya et Touraya qui constituent la même grande famille.

A rappeler que ce projet de construction de la seconde mosquée de Touba qui a opposé les frères Karambaya et Touraya a fait couler plus que de salives et d’encres ; mais du sang ! Deux jeunes de la famille Karambaya : Moukhtar Diaby et Dialinka Diaby, ont perdu la vie dans ce conflit. Des dégâts matériels importants ont été enregistrés, des bâtiments à étages ont été pillés, plusieurs personnes blessées et des dizaines d’autres avaient été arrêtées et emprisonnées à Gaoual et à la prison civile de Boké.

La famille de Karambaya, opposée à la construction d’une mosquée à Touraya, reproche à leurs frères de n’avoir pas respecté la procédure organisationnelle qui consistait à soumettre leur projet au Khalif Général de Touba et attendre que celui-là ordonne sa réalisation avec l’accord de tous. C’est à dire qu’il y ait un accord interne avant d’aller vers les autorités administratives.

Pour sa part, la famille de Touraya accuse ceux de Karambaya de les brimer dans certains de leurs droits et de se prendre au-dessus de tout le monde. Ce qu’ils jugent inacceptable et décident de ne plus en admettre.

Prions que l’entente et les bonnes relations reviennent pour réunir ces deux grandes et respectables familles, amen !

De Boké, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com