Ebola, aéroport, contrôle, défaillance Après la fillette d’environ deux ans décédée à Kayes, un autre compatriote est mort d’Ebola dans la clique Pasteur de Bamako, dans la capitale malienne, après avoir contaminé- au moins- un infirmier, lui aussi décédé d’Ebola. Soutenant à fond sa sœur, la Guinée, le Mali a toujours dit et redit son ouverture : « On ne fermera jamais nos frontières ». Mais, cette exportation d’Ebola dans ce pays frère et ami ne risque-t-elle pas de donner raison aux pays comme le Sénégal qui auront préféré la méthode jugée inamicale, mais radicale : fermer les frontières ?

Depuis presqu’un an maintenant, la fièvre hémorragique à virus Ebola (ou maladie à virus Ebola, parce qu’elle n’est pas hémorragique chez nous) préoccupe la Guinée et maintenant la communauté internationale. Au tout début de sa propagation, les autorités guinéennes (qui auraient dû couper la chaine de contamination dans le premier village) avaient négligé la maladie qu’ils ont banalisé jusqu’à une date récente. « Je vais à Guékédou serrer la main aux gens et vous verrez qu’il n’y aura rien ! », avait, il y a quelques mois, pomis le président de la République, Alpha Condé, qui avait tenu parole. Comme aimaient dire certains : « Il l’avait dit et il l’a fait »… La télévision d’Etat nous avait gratifié des images d’Alpha Condé serrant plusieurs mains de la foule qui l’attendait dans une euphorie comme en campagne dans la plus touchée des régions du pays !

D’ailleurs, jusqu’aujourd’hui, la lutte contre Ebola est en réalité faite plus par des discours (plutôt propagandistes) que par des actes, de sorte qu’on se demande quand est-ce que la « guerre contre Ebola » va-t-elle commencer…

Aujourd’hui, on ne parle plus seulement de la région forestière, ancien foyer de la fièvre Ebola, les foyers ne manquent en Guinée. Les malades et morts non plus (nous avons déjà perdu plus de mille de nos compatriotes à cause de cette maladie, officiellement !).

Ce qui est encore très préoccupant, c’est la stigmatisation du guinéen un peu partout dans le monde. Il y a déjà quelques mois que nos voisins ont décidé de nous fermer leurs frontières. Depuis la contamination de nos voisins immédiats du côté de la zone forestière de a Guinée : le Libéria et la Sierra Léone tous nos autres voisins ont décidé de se passer de nous et nous obliger d’en faire de même, à l’exception du Mali qui s’adosse sur la Guinée pour une partie de ses activités portuaires, étant un pays continental…

Même si le débat est souvent orienté sur le Sénégal (dont les autorités n’ont pas les nôtres comme meilleurs amis), on oublie souvent (ou on fait semblant d’oublier) que la Côte d’Ivoire et la Guinée Bissau ont également pris la même décision et nombre des compagnies aériennes ont décidé de s’interdire le ciel de Conakry.

Bref, si les Guinéens sont généralement désapprobateurs et même indignés de ces décisions de fermeture des frontières, lourde de conséquences pour nos populations des différents pays, certains expliquent que les pays comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire et la Guinée Bissau (ayant tous accès à la mer, contrairement à nos amis maliens) ne pouvaient agir autrement en constatant (et s’informant sans doute auprès des institutions comme l’OMS) que la Guinée ne fait pas grand-chose dans le sens de l’éradication de cette épidémie. Et, la contamination des maliens ne plaident pas contre la décision de fermeture des frontières et pourrait, au contraire, intensifier les inquiétudes et appréhensions chez ceux qui ont toujours pensé que donner aux guinéens le libre accès les exposerait aux risques de contamination d’Ebola. Comment inverser ce sentiment ?

Nouhou Baldé

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