Ebola, un message de prévention « Il n’y a pas eu de prière de 17 heures, de 19 heures et de 20 heures dans la mosquée. L’imam a fuit et la mosquée a été fermée par le chef de quartier », a-t-on annoncé à Guineematin.com un habitant du quartier Sans fil, commune Kaloum, tard ce mardi 7 octobre.

Jamais le virus Ebola n’a été maudit comme aujourd’hui au quartier ‘’Sans fil’’ dans la capitale guinéenne !

L’histoire s’est passée dans un quartier de Kaloum, la commune qui abrite le siège de la présidence, du gouvernement et des principales institutions publiques et privée du pays.

 

Après la mort d’un homme, un membre de sa famille a fait transporter le corps à la mosquée pour solliciter la prière mortuaire et l’enterrement du défunt. Mais, pendant ces temps d’Ebola, les imams, toujours aux aguets, ne se laissent plus gagner par l’émotion de voir un corps humain inerte ; surtout quand il n’y a pas de certificat médical attestant les causes du décès. L’argument « Dieu l’a rappelé à Lui » n’a pas convaincu les fidèles et dirigeants de la mosquée de  »Sans Fil » ! Aucun croyant n’a eu suffisamment de versés pour prier sur le mort avant la certification par des analyses médicales après un prélèvement déposé au laboratoire des fièvres hémorragique de l’hôpital national Donka, qui abrite également le centre d’isolement des malades d’Ebola.

Quel ouf de soulagement après le prononcé du résultat d’analyse pour les fidèles musulmans et voisins qui craignaient même le simple fait d’avoir été proches de la mosquée ayant reçu ce cadavre…

« Ce n’est pas Ebola, disent les médecins ! Il est mort de tuberculose », a finalement annoncé le chef du quartier ‘’Sans Fil’’, Sékou Camara, dit Jto, joint au téléphone par Guineematin.com à 23 heures TU. Sans doute que demain, si Dieu le veut bien, cet autre compatriote bénéficiera, enfin, de prière et d’une inhumation dues à nos devanciers.

Récemment, une autre famille qui avait déposé un corps dans une mosquée à Kiroty (dans la commune de Ratoma, toujours à Conakry) avait été convoquée à la police par les dirigeants de la mosquée qui avaient également sollicité la croix rouge avant de prier sur le mort.

Pendant ces temps d’Ebola, la prudence vaut la vie ! Et, comme on le dit souvent, on ne sait jamais en réalité « qui est qui »…

Nouhou Baldé

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