La représentation du Fonds Monétaire International (FMI) en collaboration avec la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), a organisé hier, mardi 19 juin 2018, une conférence sur les perspectives économiques régionales Afrique sub-saharienne-mobilisation des recettes fiscales et investissement privé.

Cette conférence qui s’est tenue dans les locaux de la BCRG à Conakry, a réuni des économistes et gestionnaires des secteurs public et privé et des universitaires guinéens ainsi que des partenaires techniques et financiers du pays.

A cette occasion, le représentant résident du FMI en Guinée a présenté le rapport sur les perspectives économiques régionales Afrique sub-saharienne-mobilisation des recettes fiscales et investissement privé d’avril 2018. Rapport qui a été ensuite débattu par les participants à cette conférence, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

José Sulemane

Le rapport du Fonds Monétaire International sur les perspectives économiques régionales Afrique sub-saharienne-mobilisation des recettes fiscales et investissement privé, présenté par José Sulemane, représentant résident de l’institution en Guinée, présente une situation mitigée en ce qui concerne la croissance de l’Afrique au sud du Sahara.

« Le taux de croissance moyen de la région devrait passer de 2,8% en 2017 à 3,4% en 2018, en hausse dans environs deux tiers des pays de la région, grâce notamment à une croissance mondiale plus forte, à la progression des prix des produits de base et à l’amélioration de l’accès aux marchés.

Les déséquilibres extérieurs se sont réduits, mais les résultats sont mitigés en matière d’assainissement des finances publiques et les vulnérabilités s’aggravent : environ 40% des pays à faible revenu de la région sont surendettés ou présentent un risque élevé de le devenir. A politiques inchangées, le taux de croissance pour la région ne devrait pas dépasser 4% à moyen terme, soit à peine 1% en termes de croissance par habitant.

Les résultats économiques sont loin d’être uniformes d’un pays à l’autre. Les pays exportateurs de pétrole ressentent encore les conséquences de la plus forte baisse des cours pétroliers depuis 1970, avec un taux de croissance bien inférieur aux tendances passées et un endettement en hausse. Dans plusieurs autres pays, riches ou pauvres en ressources naturelles, ainsi que dans certains Etats fragiles, la croissance se maintient à 6% ou au-delà, tandis qu’un certain nombre de pays connaissent des conflits internes qui se traduisent par un nombre record de réfugiés et de personnes déplacées », souligne entre autres le rapport. Un rapport qui fait également plusieurs recommandations aux pays de l’Afrique sub-saharienne pour leur permettre d’accroître leur croissance économique, dont des réformes fiscales pouvant favoriser une meilleure mobilisation des ressources intérieures.

La présentation de ce rapport du FMI a été suivie d’un panel organisé par la Banque Centrale de la République de Guinée, et qui a réuni des acteurs de l’administration fiscale, du secteur privé et du monde universitaire. Ces derniers ont débattu particulièrement sur la mobilisation des recettes fiscales qui est aujourd’hui l’un des défis les plus pressants qui se posent aux Etats d’Afrique sub-saharienne.

Loucény Nabé

Au terme de ces discussions assorties de propositions à l’endroit des décideurs guinéens, le gouverneur de la BCRG, Louncény Nabé, s’est réjoui de ce travail qui peut permettre à nos dirigeants d’engager des réformes utiles pour le pays : « C’est un document de travail qui constitue une base de discussion tel que cela a été prouvé aujourd’hui. Les idées fortes qui sont dégagées là-dans : la croissance africaine qui redémarre bien qu’elle soit mitigée, les barrières qui se posent au niveau du financement de l’économie, au niveau des infrastructures et au niveau de ce qui peut être considéré comme des alternatives à l’insuffisance de financement actuelle.

C’est-à-dire les partenariats public-privé, les risques qui sont attachés à ça, toutes ces questions ont été abordées, avec à la clé, la nécessité de mobiliser autant que possible les ressources au niveau intérieur pour financer le développement. La problématique donc de la réforme fiscale a été abordée pour qu’il y ait peut-être de nouveaux impôts, mais qu’il y ait surtout un rendement plus important des impôts.

Un rendement ne voulant pas nécessairement dire un taux plus élevé d’imposition mais une rationalisation de l’imposition de sorte à recouvrer le plus de ressources possibles à même de couvrir les charges publiques. Tout ceci a été discuté, et ce qui est important, c’est que l’idée a germé de faire en sorte que du débat d’aujourd’hui puisse être organisés d’autres débats de sorte à dégager des perspectives qui puissent être nécessaires aux décideurs du pays », a dit le gouverneur de la Banque centrale.

Louncény Nabé espère que des réformes seront vite entreprises et consolidées par les décideurs guinéens pour vaincre les signes de fragilité que présente notre pays, en vue de favoriser une plus grande croissance économique pouvant bénéficier à toute la population.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

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