Abdoulaye CondéLe prochain match du Syli National contre les Cranes, prévu le mercredi 10 septembre à Kampala dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2015, s’annonce mal. Du moins sur le plan relationnel entre les deux pays. Piétinant l’esprit de brassage des peuples et de renforcement de la fraternité entre les jeunesses des nations du continent qui sous-tend l’organisation des compétitions sportives, les autorités de l’Ouganda imposent à la Guinée une délégation de 25 membres (footballeurs, staff technique, dirigeants). Sourd à tous les appels à la raison, le Premier ministre ougandais, Amama Mbabazi, reste inflexible et intransigeant sur une délégation limitée à 25 personnes. Il menace de refouler et d’expulser n’importe quel autre guinéen qui s’ajouterait à ce nombre ou qui débarquerait à l’aéroport d’Entebbe et quelque soit sa provenance. Comme si le simple fait d’être guinéen suffit pour porter et transporter l’épidémie à virus ebola. Le gouvernement ougandais donne manifestement l’impression d’avoir à faire à un pays totalement infecté et que lui, pour « protéger sa population », il ne pouvait accueillir et contrôler que 25 « malades » guinéens.

Après avoir tenté toutes les voies de recours possibles sans succès, la fédération guinéenne de football, la mort dans l’âme, a été contrainte de remanier la délégation en réduisant le nombre de joueurs, de techniciens et d’officiels. Ni le président Salifou Camara Super V, ni la ministre, Domani Doré, ni le secrétaire général Blasco Barry, ni même le délégué fédéral, Laye Oumar Koulibaly ne pourront accompagner désormais l’équipe. Si l’on veut manifester son mépris pour un pays, on ne se serait pas comporter autrement. C’est une injure faite à la Guinée et à tous les guinéens, blessés dans leur dignité par les autorités ougandaises.

Ainsi, les 25 admis « malades » guinéens seront soumis à un programme strict limité et réduit entre le stade et l’hôtel où la délégation guinéenne sera hébergée. Aucun autre mouvement n’est autorisé ni toléré pour ces guinéens « malades » avant et après le match. Après le coup de sifflet final, ils doivent s’embarquer dans le premier vol quittant Kampala.

Quand on sait que dans les compétitions internationales, les délégations sportives sont constituées de 23 joueurs, des membres du staff technique comprenant l’entraîneur, ses adjoints variant entre 5 et 15 selon la taille des pays, le ou les médecins, les kines, la sécurité, l’intendant sans citer les dirigeants, on réalise l’absurdité de cette décision ougandaise. Surtout que pour affronter le Ghana et la Guinée, leur entraîneur a retenu 25 joueurs qui sont :

Gardiens : Denis Onyango, Ochan Benjamin, Odongkara Robert, Bwete Brian ;

Défenseurs : Dennis Guma, Isaac Isinde, Andy Mwesigwa, Savio Kabugo, Kassaga Richard, Kiiza Martin and Walusimbi Godfrey ;

Milieux de terrain : Khalid Aucho, Godfrey Baba Kizito, Mawejje Tony, Miya Farouk, Brian Majwega, Oloya Moses, Kizito Luwagga, Kyambadde Allan
Attaquants : Kiiza Hamis, Ssentongo Robert, Sentamu Yunus Junior, Umony Brian, Massa Geoffrey.
Tous ces 25 joueurs ainsi que les encadreurs techniques et les dirigeants estimés à plus de 10 personnes étaient tous à Accra où les Cranes et les Black Stars ont partagé le point (1-1) ce samedi 07 septembre.

Autres temps, autres mœurs. Aujourd’hui, la Guinée ne semble plus peser sur la scène internationale. Ce qui était inimaginable hier, est accepté comme une fatalité aujourd’hui. La Guinée est totalement enclavée depuis au moins deux mois, tous ses voisins ayant décidé de lui fermer les frontières terrestres, aériennes et maritimes. Le guinéen lui même est considéré comme une paria dans les pays de la région, interdit de séjours à Bissau, en Gambie, Mauritanie, Recap Côte d’Ivoire, Sénégal etc.
Il appartient aux autorités guinéennes de savoir défendre et faire respecter le pays.

Abdoulaye Condé

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