A l’image de la commune urbaine de Boké, où la population s’est soulevée comme un seul homme en Avril dernier, pour réclamer le courant et l’eau 24H/24, celle de la commune rurale de Kamsar, à travers les quartiers de la banlieue, leur a emboîté le pas dans la nuit du jeudi et surtout la journée du vendredi 09 juin 2017.

Dans la commune rurale de Kamsar, il y a en réalité deux vies toutes différentes : la vie de la cité où on a l’impression d’être dans un pays et celle de la banlieue presqu’en manque de tous les besoins primaires de l’homme.

D’après les autorités locales de Kamsar, tout a commencé par le quartier Kassongoni, secteur N’Toumoun, où des jeunes sont sortis massivement nuitamment, barrer la route pour empêcher la circulation en jetant des pierres par-ci et par-là. Ces quartiers de la banlieue de Kamsar avaient l’habitude d’avoir le courant durant le mois de ramadan de chaque année, de 19 heures à 7 heures. Mais selon le sous-préfet de Kamsar, Madame Sama Kaba, sur cinq (5) groupes électrogènes existants, deux (2) sont en panne. C’est pourquoi il a été jugé nécessaire de faire un délestage en donnant le courant de 00 heure à 6 heures à une zone aujourd’hui et le même quota pour une autre le lendemain.

Mais, à en croire madame le sous-préfet, c’est une portion des jeunes infiltrés qui ont provoqué le mouvement.
Malheureusement, cette manifestation a été soldé par la mort d’un jeune élève, la blessure de plusieurs personnes (manifestants et forces de l’ordre) le pillage d’édifices publics, le vol et des dégâts matériels importants.

BILAN DES DÉGÂTS HUMAINS ET MATÉRIELS ENREGISTRÉS

– Un jeune manifestant du nom de Mohamed Conté, âgé de 16 ans, élève qui faisait la 7eme Année au lycée Filima de Kamsar, fils de Babady Conté et de Fatoumata Conté, a été tiré par balle dans l’après-midi du vendredi 09 juin 2017 et très malheureusement il a succombé à ses blessures. Son corps évacué à la morgue de l’hôpital de Kamsar, Mohamed Conté a été enterré dans le Bagataye ce dimanche après la prière de 14H, en présence du ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, le Général Bourema Condé et toutes les autorités administratives de Boké.

Son père Babady Conté rencontré par les journalistes de Guineematin.com déployés à Kamsar, a dit se remettre à la volonté de Dieu pour l’assassinat de son enfant et reste derrière les autorités compétentes pour que la justice soit faite.

– Au commissariat de police de Kamsar, tout a été détruit par les manifestants en colère. Tous les bureaux ont été défoncés et dépouillés de leurs contenus, des personnes qui y étaient détenus ont été libérés, des véhicules et des motos ont été brûlés. Selon un agent trouvé sur place, parle de trois (3) climatiseurs, des ordinateurs bureautiques, une vingtaine de motos et pleines d’autres choses qui ont été emportés.

– A la mairie, le pire s’est produit. Elle a été complètement vandalisé et dépouillée de tous ses meubles. Le secrétaire général de la commune, Monsieur Mamadouba Sougueta Camara interrogé par Guineematin.com, a accepté de faire le part des choses :

« J’étais là assis dans mon bureau lorsque dans les environs de 13H 05 j’ai entendu les cailloux gronder sur les tôles, puis j’ai entendu les cris. J’ai vu que je ne pouvais plus sortir. Alors je me suis caché dans les toilettes internes de mon bureau. Heureusement ils n’ont pas ouvert les toilettes. C’est lorsque j’ai cessé d’entendre le bruit je suis sorti. J’ai constaté qu’ils ont tout cassé, ils n’ont épargné aucun bureau. Au delà de ce qui a été cassé ils ont emporté trois (3) ordinateurs, trois (3) postes téléviseurs qui se trouvaient dans le bureau du maire, un congélateur, trois cent (300) chaises, une somme de un million cinq cent (1.500.000 GNF) dans mon bureau et beaucoup d’autres objets divers », a-t-il raconté.

– Le long de la route principale, de N’Toumoun jusqu’à la barrière, on y voit ça et là des véhicules ou motos calcinés ou encore caillassés, des débris de vitre cassés et des cailloux.

IMPLICATION DES AUTORITÉS POUR LE DÉSAMORCEMENT DE LA CRISE

– Les autorités locales :

Constatant que le mouvement soulevé cette fois-ci était de grande ampleur de telle sorte qu’elle ne pouvait pas géré seule, Madame Sama Kaba sous-préfet de Kamsar a aussitôt demandé secours à la hiérarchie. Ainsi, dans la matinée du vendredi 09 juin, pendant que la bataille était rude à Kamsar, le Gouverneur et le Préfet de Boké y sont rendus avec leurs moyens de bords (un certain nombre d’agents de forces de l’ordre). Et d’après le Gouverneur Général de Brigade Siba Séverin Lohalamou, leurs véhicules n’ont pas échappé aux pierres des manifestants. Le Général Siba et son Préfet Mohamed Lamine Doumbouya, ont tenté de calmer les nerfs des manifestants qui n’étaient que très violents, mais ces derniers ne faisaient qu’avancer dans leur casse. Alors que faire, Conakry a été appelé en renforts.

A l’arrivée des contingents de Conakry, les forces de l’ordre ont pris le contrôle du terrain, mais tard dans la nuit vendredi.

– Le ministre Bourema Condé en sapeur pompier

Arrivé à Kamsar dans la soirée du samedi 10 juin 2017, le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation, le Général Boureima Condé a avant tout d’abord fait un tête à tête avec les autorités locales qui lui ont fait le point de ce qui prévaut dans la préfecture de Boké en général et dans la commune rurale en particulier. Puis dans la journée du dimanche 11 juin, à la villa 3 Avril de Kamsar, le ministre s’est adressé aux forces de maintien d’ordre pour les encourager, s’en est suivie sa rencontre avec la société civile, les sages, les élus locaux afin de se donner les idées pour trouver une solution au problème posé.

Après avoir effectué le déplacement vers le commissariat de police et la mairie pour constater les dégâts, le ministre a assisté à l’enterrement du jeune Mohamed Conté au cimetière de Bagataye après la prière de 14H.

Enfin, aux environs de 15 heures, le ministre Boureima Condé a fait appel aux responsables des sociétés minières évoluant à Kamsar, notamment la CBG et Global Allumina Corporation (GAC), pour leur rassurer de l’engagement de l’État pour la sécurité des expatriés.

Bref, pour répondre à la requête de la population de Kamsar, qui demande la desserte en courant électrique, un cadre du ministère de l’énergie a été déployé à Kamsar pour en discuter avec les autorités locales et la commission de suivi et de réflexion mise en place.

De Boké, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 622 671 242

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