La sous-préfecture de Kolaboui, située à 22 kilomètres de Boké (chef lieu de la préfecture et de la région administrative) a enregistré de violentes manifestations, ce jeudi 21 juillet 2017. Les manifestants qui réclament la fourniture du courant électrique et d’eau ont mis à sac plusieurs bâtiments administratifs, a constaté Guineematin.com, à travers deux de ses journalistes.

De notre constat à notre arrivée sur place, à 13 heures 30 minutes, les bâtiments administratifs étaient déjà pillés et mis à sac par les manifestants. Il s’agit notamment du siège de la gendarmerie, de la police, de la sous préfecture, de la résidence du sous-préfet, du Crédit Rurale de Guinée (CRG), d’une pharmacie et des boutiques qui appartiennent à des particuliers.

Au carrefour de Kolaboui, ce sont des scènes de violences qui sont enregistrées, des pneus brûlés le long du carrefour et des artères. Pendant plusieurs heures, manifestants et forces de l’ordre se pourchassaient. Les agents des forces de l’ordre (composés exclusivement de policiers) étaient armés de matraques et de gaz lacrymogènes et les jeunes manifestants de pierres et de frondes.

Plus de 17 blessés, mais aucun par balle

Selon le chargé des catastrophes de la Croix-Rouge à Kolaboui, Oumar Kalissa, interrogé sur place par Guineematin.com, ces émeutes ont déjà fait plusieurs blessés. « Je suis de Kolaboui. Mais, je suis meurtri dans mon âme par ce qui se passe ici. Réclamer son droit est bon ; mais, il y a la façon ! Ce sont nos biens que ces manifestants sont entrain de détruire (…). Depuis le début de ces événements, nous avons pu prendre en charge plus de 17 blessés ; mais, ce sont des blessés légers. Il y a seulement un cas de fracture, le reste, ce sont des fissures », a-t-il expliqué, précisant qu’il n’y a pas eu de blessés par balles.

Venu sensibiliser les manifestants, Mamadouba Bangoura Batafon, artiste et membre du comité de crise à Boké a déploré les nombreuses casses causées par les manifestants. « Si on casse ce que nous avons, ce n’est pas bon. On doit mener le combat ; mais, il y a la manière de mener le combat sans casser », a-t-il expliqué. Mais, son appel n’a pas été entendu puisque sa délégation et lui ont été chassées par les manifestants.

Bref, au moment où nous quittions les lieux (18 heures), un calme précaire était perceptible. Et, une délégation des sages de Boké était en route pour sensibiliser davantage les manifestants.

À suivre !

De retour de Kolaboui (Boké), Ibrahima Sory Diallo et Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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