ministre enseignementDe plus en plus, les langues se délient dans le secteur de l’enseignement pour dénoncer les pratiques du Département, notamment la gestion des examens nationaux dont la légèreté n’est plus à démontrer. Ci-dessous, des enseignants ont expliqué à Guineematin.com donné des exemples de fraudes qui se poursuivent dans les centres de correction et les nombreux risques liés à la précipitation du ministre Ibrahima Kouroumah de donner ‘’coûte que coûte’’ les résultats le 18 juillet, sans se soucier de leur crédibilité…

Après les soupçons de fuite des sujets qui ont sanctionné les différents examens de cette année, des défaillances sont également soulevées par de nombreux enseignants contactés par Guineematin.com concernant la correction du baccalauréat unique.

Agacé, un enseignant se ‘’déchaine’’  au téléphone de Guineematin.com : « Pourquoi le ministre Ibrahima Kouroumah met-il de la politique dans l’enseignement, en voulant coûte que coûte se plaire à dire qu’ils ont respecté une date, alors que cela affectera, il le sait, dangereusement la crédibilité du travail ? Comment peut-on laisser le ministre sacrifier l’avenir de nos enfants seulement pour sa satisfaction de se venter d’avoir respecté la proclamation des résultats à une date ? »

Sur les raisons qui font douter de la crédibilité de la correction du baccalauréat, un des correcteurs contacté par la rédaction de Guineematin.com indique qu’il y a eu une forte pression derrière les correcteurs cette année : « Dans les conditions normales, chacun ne devrait corriger que 150 copies au maximum par jour. Mais, cette année, pour satisfaire aux souhaits du patron de l’Enseignement, vous voyez des enseignants prétendre corriger jusqu’à 700 copies. Ce n’est pas sérieux ! Cela montre combien de fois le travail a été bâclé. Personnellement, j’ai eu à corriger jusqu’à 409 copies un jour. Sans oublier que cette année, les enfants ont utilisé des cahiers-réponses de 12 pages où certains sautent parfois plusieurs pages pour écrire la suite de leur réponse », dénonce t-il.

Un autre correcteur se plaint, au-delà de la pression liée au volume de copie à éplucher par jour, au temps imposé à la commission : « Au niveau du secrétariat, ils n’ont pas coupé certaines en-têtes. Et, au sein de certaines commissions de correction, on retrouvait des vieux qui ont des problèmes de vue. Par exemple, avant-hier, mardi 15 juillet, la commission mathématiques est restée au centre de correction de Matam jusqu’à 20 heures, au lieu de 18 heures, initialement prévu…»

Enfin, la plus inattendue des révélations des correcteurs joints au téléphone par Guineematin.com est la tentative de fraude de certains enseignants eux-mêmes, sans doute conditionnés par certains fondateurs d’écoles privés. Si on croit aux confidences de nos sources, on aurait appréhendé un correcteur avec plusieurs anonymats, au centre de correction de Matam. Mais, cette affaire de fraude d’une autre catégorie aurait été gérée à l’interne, pour ne pas écrire étoffée par les responsables du centre de correction.

Mamadou Alpha Baldé

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