Plusieurs radios privées de Conakry ont fait objet de fermeture par l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunication (ARPT). Cette actualité occupe une place importante dans les débats. Ces radios ont été fermées pour non payement de la redevance à l’Etat et pour non renouvellement de la licence d’exploitation. Les auditeurs qui interviennent régulièrement dans ces différentes radios privées ont réagi suite à cette décision prise par le gouvernement, a constaté sur le terrain Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Ibrahima Sory Camara, un des communicants de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée, dénonce cette situation. Il l’a dit ce jeudi 14 décembre 2017 à un de nos reporters.

« C’est triste et regrettable. D’abord, je condamne avec la plus grande fermeté ce que j’ai vu ces derniers temps car ça a été prémédité par le président de la République. L’autre fois, il avait dit qu’il allait fermer les radios et donc s’il ferme les radios ça c’est quelque chose qui n’est pas du tout normal. Comme moi qui suis habitué à ces médias là, vraiment ces derniers temps, j’ai du mal à écouter certaines radios. Moi, j’ai un programme bien établi. Donc, quand je me réveille à 06 heures, je dois écouter certaines radios », a entamé Ibrahima Sory Camara.

Le communicant reconnait que les radios privées mises en cause doivent de l’argent à l’Etat, mais il a déploré la procédure engagée par celui ci. « Le gouvernement devait engager des procédures, parler avec ces patrons de médias là et définir les modalités de payement des redevances. Et si vous signez maintenant, les radios vont respecter la procédure. Maintenant, si un patron de presse ne respecte pas cette procédure, là le gouvernement a toutes les possibilités de fermer ces radios », estime Ibrahima Sory Camara.

Monsieur Camara a critiqué la façon dont les choses se sont passées avec une radio de la place : « ils sont venus à la radio Continental Fm avec des gendarmes qui disaient que la radio là pose problème aujourd’hui. Ils critiquent, ils n’apportent rien comme solution, ils ne disent rien de bon sur le président de la République. Mais, heureusement que le patron de la radio était là-bas, l’honorable Mamadou Sylla. Il a demandé ces gens pour dire la radio doit combien à l’Etat. Je crois que c’est une somme de plus de 100 millions de francs guinéens et il a payé cette somme. Ils sont partis frustrés parce que ce n’est pas à cause de l’argent. Il y’a quelque chose derrière et moi je dis vraiment ce n’est pas normal ».

Concernant la subvention allouée aux médias, Ibrahima Sory Camara invite les patrons de presse à mettre la pression sur le gouvernement pour une augmentation. Cependant, il trouve exorbitant les redevances que les radios doivent payer à l’Etat.

« C’est le lieu de dire aux patrons de médias de revoir la subvention accordée aux médias. Depuis que le président Alpha Condé est venu au pouvoir il n’a rien augmenté. Mais, ce que les médias payent à l’Etat est vraiment trop. Pour des petites radios comme ça 20 millions, mais c’est trop », soutient cet inconditionnel du principal parti de l’opposition.

Notre interlocuteur invite le gouvernement à améliorer les conditions de travail des radios privées. Car pour lui, ces radios travaillent au service de toute la nation. « Quand un ministre veut s’exprimer aujourd’hui il vient dans les radios privées. Je dis à l’Etat de ne pas aller en guerre avec la presse. Il faut respecter la presse, créer d’autres conditions de travail permettant aux journalistes de bien travailler », préconise-t-il.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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