les doyens de Gadha SatinaLes travaux de reconstruction de la mosquée d’Elhadj Oumar Tall de Gadha-Satina, dans la sous-préfecture de Popodara ont été interrompus depuis 2 semaines sur ordre des autorités préfectorales de Labé, a appris le correspondant de Guineematin.com de sources concordantes.

Selon Mamadou Saliou DIALLO, responsable de l’antenne de Labé de l’association des jeunes pour le développement de Gadha-Satina, cette décision inopinée est tombée il y a deux semaines : « nous avons été convoqués à la Gendarmerie Départementale où deux doyens du village, Thierno Diouldé Diallo et Thierno Oury Baïlo, ont été obligés de signer un document dans lequel ils s’engagent à faire arrêter les travaux jusqu’à nouvel ordre. »

Ces deux doyens accompagnés de certains jeunes leaders du village ont été invités à se présenter à la Gendarmerie sur instruction du Secrétaire Général chargé des collectivités décentralisées, Lanciné Sangaré, assurant l’intérim du préfet de Labé alors en mission.

L'ancienne mosquée de Gadha SatinaInterrogé sur la question, le patron des collectivités de Labé nous a déclaré qu’il a reçu une plainte de la ligue islamique locale accusant les notables de Gadha-Satina de n’avoir pas respecté la procédure. Sans avoir cherché au préalable à comprendre la nature de la procédure violée, Lanciné Sangaré a tout de suite ordonné l’arrêt des travaux : «c’est le jeudi 11 décembre dernier que j’ai compris que la ligue islamique demandait en réalité aux notables de Gadha-Satina de signer un document dans lequel ils s’engagent et engagent leurs descendances à ne jamais faire de ce lieu de culte une mosquée de vendredi. Malheureusement, ces notables ont refusé de prendre cet engagement. Nous, au niveau de la préfecture ici, nous comptons rencontrer la ligue islamique concernée afin qu’elle permette à Gadha-Satina de continuer les travaux de reconstruction de sa mosquée déjà avancés.»

Sur le terrain, les doyens de Gadha-Satina ont confié  à Guineematin.com qu’ils ne pouvaient pas tomber si bas en signant un document qui va mettre la corde au coup de toutes leurs descendances : « nous souhaitons ouvrir cette mosquée à notre temps. A défaut, nous implorons Dieu pour qu’elle soit ouverte au temps de nos enfants ou petits enfants. Mais, nous comptons nous battre jusqu’à nos derniers souffles de vie. »

Il semble que des villages relevant de ce district ont toujours eu de la peine à se libérer du joug spirituel de Satina Missidé : « Le village de Kouly situé à 10 km de Satina a lutté pendant 2 ans pour obtenir l’autorisation de construire sa mosquée. Avant, les citoyens de ce village parcourraient toute cette distance pour s’acquitter de la prière du vendredi à Satina. N’Dantawi Mari et Madina Kassagui, situés respectivement à 8 km  et 6 km de Satina ont chacun lutté pendant 3 ans pour se libérer et avoir la possibilité de construire leurs mosquées. Le village de Falowi a même bénéficié du soutien d’Elhadj Tidjane, le père de Cellou Dalein pour avoir l’autorisation de construire sa mosquée. Tous ces cas se sont heurtés à l’opposition farouche des notables de Satina. Nous aussi nous nous battons depuis pratiquement 3 ans pour cette mosquée de Gadha-Satina. Mais, nous rencontrons régulièrement des difficultés avec les notables de Satina qui nous posent toujours des conditions que nous essayons de satisfaire sauf cette dernière condition que nous ne pouvons pas satisfaire. »

chantier mosquée Gadha SatinaIl est important que les organisations de la société civile, surtout celles qui sont spécialisées dans la promotion et la protection des droits humains s’intéressent à cette situation de Gadha-Satina en vue d’éviter un autre clash de trop entre anciens maîtres et anciens esclaves pour la région administrative de Labé.

Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Téléphone : (00224) 660 11 35 15

 

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