Cette question se pose de nos jours surtout dans la tête des parents d’élèves, tétanisés par une grève des enseignants déclenchée depuis le 6 février 2017 sur l’ensemble du territoire national. Si la rencontre des leaders syndicaux de l’éducation et le Chef de l’Etat en présence de certains membres du gouvernement et du cabinet présidentiel avait suscité un grand espoir d’arriver à la fin de cette grève qui n’a que trop duré, la fédération syndicale professionnelle de l’éducation (FSPE) et le syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) à travers leurs responsables semblent jouer sur les nerfs des parents d’élèves et l’avenir des enfants du pays, a-t-on l’impression.

Car, de l’avis de plus d’une personne, Dr Souleymane Sy Savané et ses collègues syndicalistes sont plutôt plongés à une surenchère et de querelle de leadership. C’est du moins ce qui ressort des journées de négociations « stériles », malgré les avancées que les syndicalistes eux-mêmes ont reconnu.

En effet, sur les 9 points de la plate-forme, pratiquement 8 sont obtenus et les syndicalistes auraient pu sincèrement faire face à leur base pour tenir un langage de vérité et de franchise. Un langage qui doit forcément intégrer la prise en compte de l’avenir de nos enfants, ceux là même qui représentent notre avenir et le devenir de la nation.

Rencontrer la base devrait logiquement permettre aux leaders syndicaux, en toute honnêteté, d’expliquer les points obtenus mais également rappeler leur  responsabilité face à l’avenir des enfants, contraints de rester à la maison et de perdre, pendant que leurs amis d’ailleurs, de même âge suivent la formation à l’école et se préparent à mieux affronter les défis de demain.

Pour peu que les Guinéens se souviennent, l’amour entre le mouvement syndical et les citoyens ne semble plus être ce qu’il était dans un passé encore non lointain. Les Guinéens qui méditent encore sur les conséquences d’un mouvement aux objectifs non avoués ont l’amère expérience des événements tragiques de janvier 2007 qui ont coûté la vie à des centaines de nos compatriotes majoritairement des jeunes élèves, fauchés à la fleur de l’âge.

Même si aucune enquête ni officielle ni indépendante n’ont situé les responsabilités des acteurs impliqués, à savoir leaders syndicaux et hauts cadres de l’Etat, il est établi que l’objectif affiché était tout sauf vrai et des esprits malins ont su tirer profil dans le sang des innocents.

Avec un mouvement de ce genre, les Guinéens n’affichent plus d’intérêt encore moins de plaisir, s’il est lieu de conseiller les syndicalistes, ce n’est pas plus que de les accompagner à un meilleur raisonnement pour la qualification du système éducatif guinéen, gage de réussite des enfants du pays. Ce qui les obligerait sagement en père de famille à faire un examen de conscience fasse aux égos et aux velléités cachés que certains essaient malencontreusement de leur attribuer.

Côté Etat, tout ne semble pas être rose. L’engagement du Président de la République, chef de la nation, doit être plus décisif pour sauver le pays d’une situation aussi désastreuse.

L’organisation du concours d’accès à la fonction publique et l’admission révoltante d’élèves à l’éducation, ne fait ni honneur ni bonheur aux Guinéens. Cette situation ne grandit pas non plus le gouvernement et surtout pas les organisateurs du dit concours. Logiquement cela devrait être un motif pour les autorités au plus niveau de revoir tout le système en vue d’apporter des corrections.

En situant les responsabilités, les responsables d’une telle dérive devraient tirer les conséquences. En Guinée, a-t-on coutume de dire, le plus grand mal, ce sont nos cadres, nos intellectuels, nos responsables, qui n’affichent aucune pitié pour la population au nom de la quelle ils occupent des fonctions. Des allégations de corruption de certains cadres ne font plus l’ombre d’aucun doute. Et l’on se demande, où est l’Etat ? Qui est chargé de faire et qui contrôle quoi ?

Souvent, nos cadres sont accusés d’être les auteurs des pires dérapages de la gouvernance. Depuis près de vingt ans et malgré tous les efforts le plus souvent avec l’appui des partenaires, des fonctionnaires fictifs, des recrutements biaisés, de l’amateurisme et de tous les comportements malveillants continuent d’habiter l’administration.

De l’avis de plus d’un parent d’élève, entre un syndicaliste, un ministre et un enfant, si le Président devrait choisir, c’est bien l’enfant guinéen, l’avenir de demain et notre seule raison d’être.

Ceci dit, la reprise des classes devrait être dès demain jeudi avec ou sans l’accord des grévistes. Pourvu que le Chef de l’Etat prenne les mesures qui s’imposent pour le bien de la nation. A bon entendeur salut.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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