Pour faire face à la pénurie d’eau à laquelle les guinéens sont de plus en plus confrontés, la société des eaux de Guinée (SEG) multiplie les initiatives. Dans un entretien accordé à notre rédaction, Hadja Fatoumata Kéïta ,Directrice des Etudes et de la Cartographie à la SEG nous parle des actions entreprises dans ce sens, à court et à long terme. Lisez ! 

Guineematin : Madame la directrice Bonjour

Bonjour

Les difficultés d’accès à l’eau potable prennent des proportions préoccupantes chez les guinéens habitants les zones urbaines en général et ceux de la capitale en particulier. Qu’est-ce qui explique cette pénurie ?

Vous savez, présentement, on est confronté à un déficit très important dû à la vétusté de nos installations dont les équipements n’arrivent pas à tourner à leur capacité nominale. Ce qui fait que la couverture en eau potable dans le secteur urbain ne couvre que 25 villes sur 33 préfectures. A préciser que parmi ces 25 villes, Télimélé en projet. Et parmi les 8 villes qui restent, vous avez 5 (Lélouma, Tougué, Gaoual, Yomou, et Lola) qui ont bénéficié d’un financement à hauteur de 18 millions de dollars de la BADEA et de l’OPEP, à travers son financier FID. Avec la participation du gouvernement guinéen. Il restera en tout trois villes que sont Beyla, Fria et Koubia, pour lesquelles la SEG recherche encore le financement pour les études de faisabilités et les études détaillées jusqu’à la réalisation.

Vous parlez d’un déficit. Peut-on avoir une idée sur le manque à gagner en termes de volume d’eau, notamment pour la ville de Conakry ?

Le déficit enregistré est très important. Aujourd’hui, nous avons au total comme volume produit 167 000 m3 par jour, contre les 308 000 m3 nécessaires. On se retrouve donc avec un déficit très important de 141 000 m3 par jour. Du coup, on est face à une pénurie qui ne fera que se creuser si rien n’est fait !
Et, qu’est-ce que la SEG fait pour combler ce gap et venir à bout de la galère des usagers ?

Sur demande de l’État, la SEG a initié un projet intermédiaire pour palier à cette pénurie d’eau. Mais, il faut un grand investissement pour financer ce principal projet qui s’appelle le « 4ème projet eau », qui va prendre en compte, non seulement le déficit actuel mais qui va réserver l’eau jusqu’à l’horizon 2030. Mais, pour l’instant, ce projet est en souffrance par manque de financement. Donc, on exhorte le gouvernement et tous les partenaires à nous aider à trouver le financement pour la mise en œuvre de ce quatrième projet eau.

Cela relève du long terme, donc ça va prendre du temps. La SEG a-t-elle pensé à une solution immédiate, au moins provisoire ?

Actuellement, on est en train de réaliser des forages un peu partout. Mais, là aussi, le problème se trouve au niveau des quartiers qui sont en hauteur. Néanmoins, on est en train de réaliser des forages, alimentés par citernes les zones par lesquelles les tuyaux du réseau de la SEG ne passent pas. Nous nous investissons aussi pour la réhabilitation des installations sur fonds propres à Conakry, avec l’aide du gouvernement à travers le budget national du développement (BND), des partenaires dont le comité international de la croix rouge (CICR), le dragage du lac de Sonfonia pour augmenter la production à hauteur de 20 000 m3 par jour. Mais, encore une fois, avec la démographie galopante, l’investissement pour les quatre forages est indispensable. Et, il faut insister sur la vétusté des installations. Figurez-vous que la première adduction d’eau de la ville de Conakry date de 1903.

Qu’en est-il du paiement des factures par les abonnés. Etes-vous satisfait de ce point de vue ?

Je ne peux malheureusement pas vous donner d’éléments précis dans ce domaine qui relève du commercial. Mais, il faut dire que c’est environs 73% des abonnés de Conakry qui s’acquittent de leur devoir, contre 80% à l’intérieur où il y a peu d’abonnés. Je ne parle pas des clandestins qui sont très nombreux. D’où la nécessiter de sensibiliser les citoyens pour que comme nous le disons chez nous, « l’eau paie l’eau ». surtout que le prix de l’eau fixé par l’Etat ne couvre pas les charges d’exploitations, à plus forte raison les charges d’investissement.

Entretien réalisé par Thierno Souleymane

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