Une centaine de jeunes africains qui avaient choisi le chemin de l’aventure ont, à partir de la Libye, été rapatriés à Conakry hier, mardi 13 juin 2017. Ces jeunes ont tous, été logés à la maison des Jeunes de Matam. Parmi eux, il y a des Guinéens, des Maliens, des Sénégalais, des Ghanéens et des Ivoiriens, rapporte un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

De nationalité, ivoirienne, Aboubacar Touré explique sa mésaventure : « Je suis allé en Lybie le 16 novembre 2016. Je conduisais le taxi pendant un bon moment. C’est lorsque j’ai pris la voie de Lampedousa que je suis monté sur la mer à une heure du matin ; et, en pleine mer, notre pirogue est percée. On a tout perdu et il y a eu des morts. C’est ainsi que les secouristes nous ont pris et ils nous ont conduits en prison où j’ai fait trois mois. Après les 3 mois, aujourd’hui, je me retrouve en Guinée. Vraiment, je remercie beaucoup l’Ambassadeur Guinéen qui se trouve à Tripoli. Il a beaucoup fait pour nous. Il est le seul à nous rendre visite en prison… », a expliqué le rescapé ivoirien Aboubacar Touré.

Par ailleurs, monsieur Touré a tenu à conseiller les jeunes Africains de rester chez eux et de travailler, s’ils n’ont pas les moyens de voyager par avion. « Les jeunes garçons et les femmes Africaines, je leur dirai de ne jamais voyager par la mer. Dans les 100, les 80% vont mourir dans la mer. Cette voie, n’est pas une route et les Arabes ne sont pas gentilles. En une seconde, un arabe peut te tuer. Même un enfant de dix ans est armé et il peut te tuer en une seconde. C’est vrai, l’Afrique n’est pas facile ; mais, il faut rester et travailler », a-t-il prêché.

Pour sa part, Ousmane Diallo dit avoir fait huit mois de prison en Libye avant d’être rapatrié. Selon lui, les Magrébins ne considèrent pas le noir. « Ils considèrent leurs moutons plus que les noirs. Le noir, c’est comme une marchandise là-bas. Lorsqu’on t’attrape, on te donne à une autre personne et celle-là aussi te donne à une autre ; on te vend en quelque sorte. C’est pourquoi, je demande à la jeunesse guinéenne de rester et de travailler ; car, tant qu’il y a la vie, il y a l’espoir », a-t-il lancé.

Seulement, ces immigrés soutiennent que l’Organisation Mondiale de la Migration (OIM) leur avait promis de leur remettre cinq cent euros chacun à leur arrivée, plus de cinq millions de francs guinéens (5 093 191 GNF). Mais, « à notre arrivée, chacun de nous n’a reçu que 500 000 francs guinéens », dénoncent-ils. Alors, où est passé tout le reste de cet argent ?

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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