L’immigration clandestine a atteint des proportions inquiétantes dans les pays de l’Afrique au sud du Sahara. De nombreuses filières de trafic de migrants existent et rivalisent d’ardeur à cause du caractère lucratif du phénomène. Mohamed Lamine Dramé, chirurgien de profession, est présumé être membre d’un réseau de trafiquants de jeunes guinéens vers la Libye. Il est poursuivi au Tribunal de Première Instance de Mafanco pour des faits de traite des êtres humains et de trafic de migrants vers la Libye, a appris sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Appelé à la barre par le juge Ibrahima Sory 2 Tounkara, le prévenu a nié être membre d’un réseau de trafic de migrants. Cependant, il reconnait avoir reçu 34 millions de francs guinéens de la part du plaignant, Ibrahima Bangoura, âgé seulement de 19 ans. Selon le chirurgien, c’est le jeune homme qui est venu vers lui sur recommandation de son frère, un certain Dr Dramé, basé en Libye justement. « Il est venu chez moi en me parlant de mon frère. Il a appelé ce dernier au téléphone et me l’a passé. Quand j’ai échangé avec mon frère, il l’a dit de prendre de l’argent avec le jeune et qu’il allait m’expliquer la suite. Donc, il m’a donné 34 millions de francs guinéens pour deux personnes en disant qu’il avait un projet de voyage avec mon frère basé en Libye. Ensuite, mon frère m’a demandé de prendre le montant pour le changer en Francs CFA. Quand j’ai le change, le montant a donné 2 millions de Francs CFA que j’ai rendus au jeune Ibrahima Bangoura », a-t-il expliqué.

Interrogé par le procureur Lansana Cissé sur ce qu’il a obtenu comme gain dans cette transaction, Dr Dramé a répondu n’avoir eu en retour. « J’ai juste fait ce que m’a demandé mon frère. C’est lui qui devait recevoir l’argent ».

Le juge rebondit aussitôt en demandant les raisons de sa présence à la gare routière pour superviser le départ d’Ibrahima Bangoura. « C’était sur insistance de mon grand frère qui est en Libye », a lancé Mohamed Lamine Dramé.

Appelé à la barre, le plaignant est revenu sur sa mésaventure de Conakry jusqu’aux côtes libyennes en passant par Bamako et Gao, au Mali, puis l’Algérie. Selon lui, au lieu de 2 millions de francs CFA, comme l’a dit Mohamed Lamine Dramé, c’est 1 millions 800 mille francs CFA qui lui ont été remis. « Les 200 mille francs CFA, c’est lui qui les a empochés. Et, son frère qui est Libye, je ne l’ai jamais connu. C’est par lui qu’il faut passer ici si tu veux aller chez son frère. Et même là-bas, tu ne peux pas rencontrer son frère. Une fois à Gao, ces gens là coupent leur téléphone. Tu te débrouilles seul par la suite. On a passé des moments très difficiles en Algérie. Qaudn on est arrivé là-bas, leur contact a refusé de nous recevoir parce qu’il y avait un problème de dettes entre lui et Dramé qui est en Libye. On a tellement souffert qu’il a fini par avoir pitié de nous pour nous accueillir chez lui. En Libye aussi, on est arrivé jusqu’au bord de la mer, mais on n’avait plus d’argent », a expliqué le jeune homme.

Le dossier a été renvoyé au premier février 2018 pour la suite des débats.

Il faut rappeler la traite des êtres humains et le trafic de migrants est prévu et puni par les articles 323 et 334 du Code Pénal.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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