Le représentant du Fonds monétaire international en Guinée (FMI), a procédé à la présentation du rapport semestriel de l’institution portant les perspectives économiques en Afrique subsaharienne. C’était le lundi, 12 juin 2017 à la Banque centrale et en présence de nombreux acteurs intervenant dans le secteur économique. En marge de la conférence, Guineematin.com a tendu son micro au conférencier pour plus de détails.

Dans cet entretien, l’expert revient non seulement sur le rapport mais également sur d’autres questions comme l’absence dans le rapport des pays du Maghreb ou de la non prise en compte du secteur énergétique guinéen dans le document.

Décryptage !

Guineematin.com : Vous venez de présenter le rapport semestriel du Fonds monétaire international (Fmi) portant sur les économies en Afrique subsaharienne. Pourquoi avoir insisté sur l’apport du secteur informel dans ces pays ?

José Sulemane : Ce rapport sur les études économiques et financières régionales a plusieurs chapitres et pas seulement le secteur informel. Mais vous savez que dans les pays subsahariens, le secteur informel est très important, d’ailleurs c’est le cas en Guinée. Cette fois, le Département Afrique du FMI a décidé de considérer cet aspect pour aider les pays dans l’analyse de ce secteur.

Guineematin.com : Vous avez dégagé quelques pistes de solution pour améliorer ce secteur. Pourquoi selon vous, il a suscité autant de débats au tour ?

José Sulemane : Comme toujours, l’enjeu du secteur informel suscite des débats au tour de la question et c’est partout mais spécialement dans un pays qui a besoin de résoudre le problème de chômage et d’améliorer la qualité de l’emploi en améliorant le niveau de vie des populations.

Guineematin.com : Quel est l’objectif recherché dans la présentation de ce rapport ?

José Sulemane : Il faut savoir que l’une des missions du FMI est de faire de l’analyse économique de chaque pays membre. Ce rapport produit concerne tous les pays d’Afrique subsaharienne. Il vise à alerter les pays tout en proposant des pistes de solution.

Guineematin.com :Quelles sont les mesures phares proposées par le FMI dans ce rapport ?

José Sulemane : Ces mesures sont nombreuses mais c’est essentiellement les politiques structurelles portées sur l’amélioration et à l’épanouissement du secteur privé qu’il faut énumérer ici. De telles mesures peuvent contribuer à transformer le secteur informel en secteur formel, donc à développer les activités, à créer la richesse, à stimuler la croissance et à réduire la pauvreté et le chômage.

Guineematin.com :Qu’est ce qui explique la différence des chiffres sur le pourcentage concernant le secteur informel en Guinée ?

José Sulemane : C’est vrai le chiffre contenu dans le rapport c’est 35% du PIB qui est occupé par le secteur informel contre un chiffre plus élevé pour le cas de la Guinée. Au moment où l’on prenait ces chiffres c’était avant la publication du nouveau PIB guinéen.

Guineematin.com : Pourquoi ce rapport ne concerne pas les pays du Maghreb ?

José Sulemane : Le Maghreb n’est pas dans le groupe des pays du Département Afrique du FMI. Voir ci-dessous la liste des pays considérés dans les Perspectives Economique Régionales de l’Afrique subsaharienne…

Guineematin.com : Pourquoi le développement du secteur énergétique en Guinée passe inaperçu dans le rapport?

José Sulemane : Le rapport utilise les données disponibles au moment de sa préparation.

Guineematin.com : Quels sont les indicateurs macroéconomiques actuels sur la Guinée, puisque selon le gouvernement, l’inflation est stable au tour de 8% et le taux de croissance est projeté à plus de 5% cette année ?

José Sulemane : Selon l’Institut national des statistiques (INS), l’inflation du mois d’avril 2017 (le dernier publié) est de 8.5% (glissement annuelle) et de 8.4% (moyenne annuelle).

Sur la croissance, selon le Communiqué de Presse de la mission technique du FMI/BM qui était en Guinée du 15 au 25 mai 2017, le taux de croissance enregistré pour 2016 est de 6,6% et celui projeté pour 2017 est de 6.7%. Les chiffres de croissance sont estimés selon la nouvelle série du PIB qui utilise la méthodologie du System de Comptes Nationaux de 1993.

Interview réalisée, le lundi 12 juin 2017, par Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

Afrique subsaharienne : liste des abréviations des pays

AGO : Angola

CPV : Cabo Verde

LSO : Lesotho

SLE : Sierra Leone

AZE : Azerbaïdjan

ERI : Érythrée

MDG : Madagascar

SSD : Soudan du Sud

BDI : Burundi

ETH : Éthiopie

MLI : Mali

SWZ : Swaziland

BEN : Bénin

GAB : Gabon

MOZ : Mozambique

SYC : Seychelles

BFA : Burkina Faso

GHA : Ghana

MUS : Maurice

TCD : Tchad

BWA : Botswana

GIN : Guinée

MWI : Malawi

TGO : Togo

CAF : République Centrafricaine

GMB : Gambie

NAM : Namibie

TZA : Tanzanie

CIV : Côte d’Ivoire

GNB : Guinée Bissau

NER : Niger

UGA : Ouganda

CMR : Cameroun

GNQ : Guinée équatoriale

NIG : Nigéria

ZAF : Afrique du Sud

COD : Congo, Rép. dém. du

KEN : Kenya

RWA : Rwanda

ZMB : Zambie

COG : Congo, Rép. du

LBR : Libéria

SEN : Sénégal

ZWE : Zimbabwe

COM : Comores

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