La Ligue guinéenne des Droits de l’Homme (LIGUIDHO) a animé une conférence de presse ce mercredi 12 septembre 2017 à la maison commune des journalistes à Coléah. La démarche visait à faire la clôture de son projet d’assistance juridique et judiciaire en faveur de deux cent (200) femmes et mineurs démunis vivant dans les maisons centrales de Conakry et de Kindia, a appris sur place Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Ce projet, initié par la LIGUIDHO, fait suite à un constat amer effectué par les membres de cette ONG de défense des droits humains dans le cadre juridique et institutionnel et aussi sur les infrastructures pénitentiaires se trouvant en Guinée.

Selon maitre Emmanuel Kpana Bamba « ce projet est parti d’un constat sur le plan juridique et institutionnel. Notre pays dispose des textes de lois nationaux et régionaux protégeant les personnes détenues en milieu carcéral, mais l’application de ces lois fait défaut… Nous avons fait aussi un constat sur les infrastructures pénitentiaires et judiciaires qui sont dans un état obsolète. Et la plupart de ces prisons sont construites pendant les indépendances et ne répondent plus aux standards internationaux. Un autre point noir constaté est que le tribunal pour enfant se trouve dans les locaux du tribunal de première instance de Kaloum, normalement on devait avoir un tribunal spécial pour les enfants », a estimé le président de la LIGUIDHO.

Maître Emmanuel Kpana Bamba a justifié le choix porté sur les maisons centrales de Conakry et de Kindia par leur surpeuplement et l’élévation du taux de criminalité dans ces deux villes.

Dans ce projet, des activités ont été faites sur le terrain par la LIGUIDHO dans le cadre de la protection des droits des personnes détenues en milieu carcéral. « Les principales activités du projet ont été l’identification des bénéficiaires dans les deux maisons centrales ciblées. On a aussi apporté un appui juridique et faire connaissance de la situation pénale de chaque détenu. Des entretiens ont été tenus entre notre équipe et les autorités administratives et le personnel judiciaire. Une chose qui a abouti à l’obtention de la liberté provisoire pour certains détenus. Des plaidoyers ont été faits pour le respect des personnes détenues en milieu carcéral surtout les femmes et les mineurs », a révélé maître Bamba.

Selon le conférencier, des résultats ont été obtenus à travers ce projet qui concernait deux cent (200) personnes. Mais sur le terrain, « on a fait une augmentation de 15, ce qui fait un total de deux cent quinze (215) personnes détenues dans les deux prisons centrales ayant bénéficié d’une assistance judiciaire et juridique.

Au terme des travaux du projet, des recommandations ont été faites par les membres de l’ONG pour l’amélioration des conditions de vie des prisonniers. « Nous proposons que les conditions de vie dans les prisons soient humanisées, c’est-à-dire la reconstruction des infrastructures judiciaires et pénitentiaires. Faire en sorte que le principe de la séparation catégorielle des détenus soit une réalité en milieu carcéral et mettre en place l’aide juridictionnelle. Il faut créer des activités en milieu carcéral pour permettre aux détenus de travailler et d’apprendre des métiers, ce pour éviter la paresse des détenus. Et, il faut également ouvrir un centre d’accueil pour les mineurs détenus », proposent les membres de la LIGUIDHO.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com