foret-clasee-de-kakimbo-jpg0La forêt classée de Kakimbo, dans la commune de Ratoma, autrefois très étendue, n’a plus que quelques hectares malgré son importance primordiale pour la zone de Conakry. Un tour dans ce « poumon » de la capitale guinéenne, permet de toucher du doigt le morcellement que cette forêt a subi suite à son occupation par les citoyens, a constaté Guineematin.com, à travers un de ses reporters.

Cette zone a été aménagée en pleine période coloniale selon monsieur Alimou Diallo, ingénieur des Eaux et forêts, chargé du reboisement de la commune de Ratoma : « cette forêt est une zone réservée de l’Etat depuis 1945, entérinée par le président Ahmed Sékou Touré en octobre 1983, sur une surface de cent quinze (115) hectares. Mais actuellement nous n’avons que vingt huit (28) hectares qui existent compte-tenu des occupations et tout ce qui se rapporte à ça », a fait savoir monsieur Diallo.

foret-clasee-de-kakimbo-jpg00Sur les actions menées par la direction communale des eaux et forêts de Ratoma, monsieur Diallo évoque principalement le reboisement : « de 1996 à 2014, nous avons pu reboiser les 28 hectares. Nous avons procédé même à un curage des cours d’eau par les jeunes du quartier Kipé qui ont sérieusement travaillé. Mais, vu les occupations anarchiques, pratiquement tout est encore remis à zéro. Pour ce qui est des arbres d’exploitation, nous sommes là et nous veillons au respect de la déontologie forestière par l’installation d’un garde forestier et d’un gardien qui veillent scrupuleusement à l’application des textes. Depuis ça nous sommes tranquilles », dit-il.

foret-clasee-de-kakimboA la question de savoir quelles sont les espèces végétales qu’on y rencontre et l’importance de cette forêt pour les habitants de Conakry, notre interlocuteur  estime qu’il y en a plusieurs : « il y a plusieurs espèces végétales, principalement des plantes exotiques telles que les acacias mangium, les acacias oriculiformis, les tecktona grandis, les Mélina. Ces plantes là grandissent rapidement et on les utilise pour la protection des zones. La forêt  de Kakimbo reste une zone d’épuration de l’air, ensuite les sept forages de la SEG  (Société des Eaux de Guinée, ndlr) qui alimentent une station de pompage qui refoule 9 500 litres par heure. Donc, c’est pour dire que Kakimbo a une importance capitale qui doit être pérennisé », a souhaité Monsieur Alimou Diallo.

Par ailleurs, il précise qu’on rencontre dans cette forêt des espèces animales comme les singes rouges, les serpents, les écureuils, plusieurs espèces d’oiseaux et autrefois des lapins.

Sur les difficultés rencontrées dans la gestion de cette forêt, monsieur Alimou Diallo parle d e l’occupation anarchique de la zone, quelques fois par des commis de l’Etat. De nombreux rapports ont été produits et 114 domiciles sont construits dans la zone de la forêt classée, et qui devaient être déguerpis, mais « jusqu’à présent il n’y a aucune suite favorable », déplore l’ingénieur des eaux et forêts.

En outre, monsieur Alimou Diallo lance un appel aux autorités pour un appui pour clôturer les lieux et procéder à des aménagements pour que la zone soit fréquentable et même rentable à travers l’éco-tourisme.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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