Les étudiants de l’université Julius Nyerere de Kankan ont commencé à percevoir leur bourse d’entretien pour les trois premiers mois de l’année universitaire en cours hier, jeudi 11 janvier 2018. Un motif de joie pour eux, mais aussi une surprise quand on sait que depuis quelques années, les étudiants de l’université de Kankan manifestent régulièrement pour rentrer en possession de cette bourse d’entretien. Cette année, ils n’ont pas eu besoin d’en arriver là, et beaucoup de ceux qui ont parlé à Guineematin.com pensent que cela est dû à la tenue des festivités commémoratives de l’an 59 de l’indépendance nationale demain, samedi 13 janvier dans la ville de Kankan.

Ces dernières années, c’est souvent le 15 janvier qui était choisi par les étudiants de l’université Julius Nyerere de Kankan, pour bouder les cours afin d’exiger le paiement de leur bourse d’entretien. Mais cette année, les autorités de l’institution d’enseignement supérieur ont pris le devant en payant la bourse avant cette date. Une bonne nouvelle pour eux, qui suscite toutefois des interprétations. Plusieurs étudiants estiment en effet, que cette décision a été prise pour éviter un sabotage des festivités commémoratives du 59ème anniversaire de l’indépendance nationale, prévues ce samedi 13 janvier dans la ville de Kankan. C’est l’avis de Mamady Mata Kalé, étudiant en sociologie dans cette université : « Comme la fête nationale est prévue le 13 janvier à Kankan, pour ne pas que le président vienne trouver qu’il y a la pagaille au sein du campus, c’est pourquoi l’Etat a payé les étudiants», a-t-il martelé.

Une position partagée par plusieurs autres étudiants qui nous ont parlé hors micro, indiquant tout de même que cela fait leur bonheur. Les étudiants déplorent cependant la stratégie adoptée cette année pour payer cette bourse d’entretien. « L’organisation est mauvaise, l’année passée on nous payait par département, mais cette fois ils ont réuni 4 départements dans une même salle. Tellement qu’on était nombreux et que ça parlait trop dans la salle, les professeurs qui nous payait, se sont mis en colère, ils sont repartis sans pouvoir nous payer le premier jour», a déploré Jean Pierre Dopavogui.

A noter que les autorités universitaires que nous avons abordées, n’ont pas souhaité s’exprimer sur cette situation.

De Kankan, Abdoulaye Nkoya SYLLA pour Guineematin.com

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