Après leur déguerpissement de l’enceinte universitaire début janvier dernier, les prestataires de services de l’Université Julius Nyerere de Kankan, occupent aujourd’hui les abords des différentes ruelles à proximité de cette université. Installés sur les ruines laissées par la récente opération de déguerpissement des voiries publiques initiée par les autorités locales, ces prestataires s’inquiètent pour leur avenir, a constaté le correspondant de Guineematin.com à Kankan. 

Depuis qu’il a été obligé de libérer le campus de l’université Julius Nyerere de Kankan où il travaillait, Djiba Camara est installé aux alentours du campus en bordure de route. Le jeune prestataire de services raconte que ses conditions de travail sont aujourd’hui assez précaires : « Nous sommes sous le chaud soleil, et puis la poussière aussi nous empêche de bien travailler ici, avant tous mes clients savaient où j’étais assis, mais actuellement la clientèle n’est pas aussi comme ça, le prix de la photocopie a augmenté, franchement ici ça ne marche pas comme à l’intérieur du campus », témoigne le jeune homme.

Au-delà de ces difficultés, Djiba Camara se montre surtout inquiet quant à son avenir : « vraiment nous ne sommes pas en sécurité ici, parce qu’il y’avait des boutiques ici qui ont été déguerpis, c’est pourquoi les prestataires n’ont seulement que des parapluies pour se protéger, donc si on était en sécurité on pouvait mettre des hangars, vraiment on n’est pas en sécurité ici », a-t-il estimé.

Djiba Camara, tout comme la centaine d’autres prestataires de services installés aux alentours de l’université de Kankan, craignent en effet d’être déguerpis à nouveau, et de ne pas pouvoir exercer leurs activités.

A rappeler que ces prestataires de services pour la plupart des étudiants diplômés, ont été déguerpis du campus universitaire de Kankan pour falsification de documents administratifs et pour besoin d’avoir de l’espace dans la cour de l’université, selon les autorités de l’institution d’enseignement supérieur. Des arguments qui ont du mal à convaincre les prestataires, qui dénoncent une décision injuste.

De Kankan, Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com

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