Par le projet GALF (Guinée Application de la Loi Faunique) : Trois trafiquants de trophées d’animaux protégés ont été jugés et condamnés le mardi 15 mai 2018 par le tribunal de première instance (TPI) de Labé. Les prévenus ont été reconnus coupables des délits de détention, circulation et commercialisation d’une peau entière de panthère, espèce animale intégralement protégée par le code guinéen de faune mais aussi par la Convention de Washington. M. Mamadou Ciré Barry a été condamné à une peine d’emprisonnement d’un mois ferme et les deux autres à savoir Amadou Oury Diakité et Yéro Camara ont été également condamnés par défaut à 5 ans de prison ferme avec un mandat d’arrêt décerné contre eux pour avoir été les complices fugitifs incontournables dans cette affaire.

Pour rappel, M. Mamadou Ciré Barry a été pris en flagrant délit de détention, circulation et commercialisation d’une peau de panthère le samedi 21 avril 2018 au centre ville de Labé en moyenne Guinée. Or, cet animal est classé parmi les espèces intégralement protégées par le code de faune guinéen mais aussi par la Convention de Washington appelée aussi la CITES (convention internationale sur le commerce des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction). La panthère est menacée de disparition en Guinée et dans le monde.

Cette opération avait été rendue possible grâce à la franche collaboration des autorités de la Section des Eaux et Forêts de Labé appuyée par la police avec le soutien indéfectible des activistes du projet GALF (Guinée Application de la Loi Faunique).

Lors de la première audience, le prévenu avait dénoncé les deux complices notamment Amadou Oury Diakité et Yéro Camara ; sauf que les deux ne se sont jamais présentés devant le tribunal.

La partie civile représentée par son avocat au compte du Ministère de l’Environnement, des Eaux et Forets avait plaidé à ce que le droit soit appliqué dans cette affaire de criminalité faunique qui a finie par altérer l’image de la Guinée à l’échelle internationale. Sur l’action civile, elle (la partie civile) a sollicité du tribunal le paiement d’un montant de 300.000.000 GNF par les mis en cause à titre de dommages et intérêts.

Dans ses réquisitions, le procureur de la République près le TPI de Labé a évoqué la place de la panthère sur la liste des espèces protégées. Pour la répression, il requiert 6 mois de prison ferme avec 90.000 GNF d’amende le tout en vertu de l’article 164 du code de faune.

Dans ses plaidoiries, la défense a fait remarquer que son client ignore la loi sur le code de faune et que l’Etat devrait fournir assez d’effort dans la vulgarisation de cette loi. Par conséquent, il a sollicité du tribunal la libération de son client. Le juge avait ainsi renvoyé l’affaire au 15 mai 2018 pour délibéré.

Ainsi, dans ses conclusions du mardi 15 mai 2018, le tribunal après analyse succincte du dossier a rendu son verdict en reconnaissant les trois inculpés coupables des faits mis à leur charge. Pour la répression, M. Mamadou Ciré Barry a écopé d’un mois de prison ferme et au paiement de 90.000 GNF d’amende. Quant à ces deux complices, les nommés Amadou Oury Diakité et Yéro Camara sont condamnés par défaut à 5 ans de prison ferme et un mandat d’arrêts est décerné contre eux. Sur l’action civile, le juge audiencier a condamné solidairement les trois trafiquants au paiement d’un montant de 6.000.000 GNF à titre de dommages et intérêts pour le compte du Ministère de l’Environnement, des Eaux et Forets.

Pour mémoire, la Guinée a été sanctionnée par la CITES en mars 2013 et présentée comme une plaque tournante de la criminalité faunique en Afrique de l’ouest. Des efforts sont entrain d’être consentis par l’ensemble des acteurs impliqués pour espérer éventuellement la levée de la sanction. Sauf que, des faibles décisions de justice sur des délits fauniques continueraient à enfoncer le clou aux yeux de la communauté internationale.

A rappeler que le commerce illégal d’espèces sauvages est un crime organisé transnational. Il occupe le 4 ème rang du commerce illicite dans le monde, amassant des bénéfices d’environ 20 milliards de dollars chaque année.

Fatou Kourouma du projet GALF (Guinée Application de la Loi Faunique)

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