viande, boucherieA travers cette grève, les bouchers de la ville de Labé, espèrent faire libérer la femme d’un de leurs collègues,  actuellement en détention à la prison civile, après sa condamnation par le tribunal de première instance de Labé à un an de prison ferme pour recèle d’argent volé par une jeune fille à sa mère, a appris Guineematin.com, ce vendredi 2 septembre 2016 de source officielle. 

Après concertation entre bouchers, la grève, initialement projetée pour une semaine, a finalement été raccourcie pour deux jours. Cependant, si après les deux jours ils n’ont toujours pas une suite favorable à leur requête, les protestataires comptent poursuivre la grève jusqu’à la satisfaction de leur revendication.

« Au delà d’être la femme de notre collègue, cette nourrice incarcérée est une citoyenne guinéenne innocente. Elle a été condamnée à base de fausses accusations. C’est pourquoi, nous avons décidé de faire la grève le lundi prochain. Certains de nos collègues avaient proposé que la grève s’étende sur une semaine. Mais, après concertation, on a décidé de retenir deux jours, compte tenu des conséquences que cela pourrait entrainer. Toutefois, si nous n’avons pas gain de cause, nous poursuivrons la grève jusqu’à la satisfaction de notre revendication », a promis Boubacar Kanté, le chargé des conflits à la boucherie de Labé.

Mais pour quoi les bouchers de Labé ont attendu des mois pour envisager une telle mesure ? Monsieur Boubacar Kanté répond : « Au moment de son incarcération, on pouvait immédiatement lancer une grève. Mais, on a voulu suivre la procédure légale et pacifique, en interpellant les autorités locales auprès desquelles on s’est plaint. On attendait que ces dernières réagissent puisqu’elles savent consciencieusement que la femme est innocente. Malheureusement, jusqu’aujourd’hui, cela n’a donné aucun résultat. De ce fait, nous avons finalement décidé de déclencher la grève espérant obtenir la libération de la femme nourrice »,  a-t-il confié.

Au début de cette année 2016, Mme Mariama Baïlo Sannoun, une commerçante à « Guinée Palm » a déclaré à la Gendarmerie avoir été victime d’un cas de vol d’une somme de 32 millions de francs guinéens de la part de sa propre fille, Aissatou. Cette plainte a finalement visée une nourrice, Mme Fatoumata Binta DIALLO, présentée comme étant la confidente de la voleuse présumée, Aissatou. Interrogée, Aïssatou n’aurait jamais reconnu avoir volé cette somme à sa mère, à plus forte raison confier le montant à sa copine. En plus, une perquisition effectuée au domicile de Mme Fatoumata Binta DIALLO n’aurait donné aucun résultat, sauf celui de constater que la jeune dame et son époux- qui est boucher de profession- vivent au dessous du seuil de la pauvreté.

Malgré tout, le juge en charge du dossier a déclaré la jeune nourrice coupable et lui a infligé 12 mois de prison ferme. Depuis lors, beaucoup d’acteurs ont entamé des démarches pour obtenir sa libération. Mais, toutes ces démarches sont pour le moment restées vaines.

C’est donc pour dénoncer cette condamnation que les boulangers de Labé ont annoncé une grève, le lundi 5 septembre 2016, pour exiger la libération de la femme nourrice qui, à l’époque, a été séparée de son enfant âgé seulement de 8 mois.  Et ce, malgré le fait que Mme Fatoumata Binta DIALLO aurait déjà purgé 7 mois de sa peine.

De Labé, Yayé Aissata Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 620 03 66 65

 

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