A l’instar des autres services publics de la République de Guinée, la justice n’a pas de budget de fonctionnement, à en croire monsieur Aboubacar Thiam, un magistrat en service au Tribunal de Première Instance de Labé, qui s’est confié à une correspondante de Guineematin.com sur place.

Ce jeune en robe noire révèle à la presse locale dont Guineematin.com que les dépenses quotidiennes liées au fonctionnement des Tribunaux sont supportées par les magistrats eux-mêmes.

« Les difficultés quotidiennes ne manquent pas. On est confronté à un manque de budget de fonctionnement à l’interne. Dans chaque juridiction, il n’y a pas de budget alloué au fonctionnement. Malheureusement, même pour acheter des papiers rames, il faut que le juge mette la main à la poche, pour aller acheter des papiers rames, des stylos ou aménager les bureaux. On n’a pas de primes de carburant et tout ce qui rentre dans le fonctionnement », a notamment déploré monsieur Thiam.

« On est là entrain de se battre comme des beaux diables pour relever le défi du fonctionnement de la justice. Parce que le secteur de la justice est un secteur très sensible. Si un seul jour on fermait porte et fenêtre de la justice, on aurait donné l’occasion au grand banditisme et à l’insécurité totale », a-t-il précisé.

Interrogé sur la mauvaise image que les citoyens ont de la justice, Aboubacar Thiam a parlé d’une mauvaise appréciation… « Malheureusement, c’est une mauvaise appréciation de la population du fonctionnement de la justice. Vous savez, il faut que nous professionnels de la justice, que nous nous battions pour que la population ait une autre appréhension de la justice. Parce qu’on est longtemps resté muet. Il y a une sorte d’ombre entre la population et les professionnels de la justice. C’est pourquoi, il faut qu’on sorte pour communiquer sur le fonctionnement de la justice pour que la population ose venir saisir la justice. Parce que tant qu’il y a un écran entre la population et les magistrats, ça emmène des mauvaises appréhensions. Chose qui n’est pas normale. C’est pourquoi, on est entrain d’imaginer une stratégie pour allez vers les médias expliquer un peu le contenu des textes que nous appliquons ». Ce cri de cœur de ce magistrat intervient quelques jours après la rentrée judiciaire.

De Labé, Kadiatou DIALLO pour Guineematin.com

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