La mosquée Wahhabite de Tata 1Certains jeunes activistes de la communauté sunnite ont organisé encore la prière du vendredi ce 17 octobre dans deux concessions privées appartenant respectivement à Thierno Younoussa Dionfo et Thierno Diouldé Koïn à Dombi, un secteur relevant du quartier Daka 1, dans la commune urbaine de Labé, rapporte un observateur de Guineematin.com natif de la localité.

Cette initiative des jeunes barbus de Labé est vivement saluée par un des doyens de cette confrérie, Elhadj Alhamdou DIALLO, infirmier à la retraite : « on a beaucoup lutté pour que les mosquées construites soient fonctionnelles. On n’a pas pu. Puisqu’on nous a dit dans le Coran que celui qui dépasse 3 vendredis sans prier pratiquement il est hors de l’islam, nous sommes tenus maintenant d’aller là où nous pouvons prier même si c’est dans un salon. Je ne pense pas qu’il y a un inconvénient d’effectuer ses pratiques islamiques quelque part dans un lieu où on désire le faire lorsqu’on n’est pas reçu ailleurs. Vous savez, on a des différents maîtres coraniques donc on nous enseigne et chacun pratique l’islam selon sa façon. Rien que çà. Pour nous, il y a un problème. Nous tenons aux principes de l’islam que nous avons appris. On n’a pas dit que c’est simplement çà. Peut-être, eux, ils connaissent autres choses que nous n’avons pas connues. C’est tout à fait normal. Nous, nous avons nos imams  et nous voulons prier effectivement comme nous le vouons, comme nous l’avons compris. »Major_Elhadj_Alhamdou_DIALLO

Sur la question du respect de la procédure légale, notre interlocuteur explique que depuis 17 ans ils sont en train de courir derrière les responsables de la ligue islamique de Labé pour obtenir l’homologation de leurs mosquées. Mais en vain ! « Sinon, il y a des mosquées qui sont légalement construites. Ils refusent qu’on n’ouvre ces maisons de Dieu là. On a beaucoup de notes, beaucoup de lettres. Les ligues islamiques communale, préfectorale et régionale ont reçu notre demande et j’ai la réponse qu’on nous a donné. J’ai même la réponse du quartier qui abrite notre mosquée. On a écrit légalement. C’est lorsqu’ils ont refusé que nous sommes allés jusqu’à Conakry pour demander. Et maintes délégations sont venues ici pour qu’on laisse les mosquées là fonctionner. Jusqu’à présent on ne voit pas le jour. J’ai participé à toutes les réunions. Les responsables de la ligue islamique régionale ont répondu que c’est le quartier qui refuse que ces mosquées là soient fonctionnelles et qu’on allait se retrouver pour en discuter. Cela fait plus d’un an on ne s’est pas retrouvé.

Voilà le problème. On sollicite que ces mosquées, sous leur approbation d’ailleurs, sous leur accord, soient ouverte et rendu fonctionnelles. »
En début d’après-midi ce vendredi, l’observateur de Guineematin.com dans le secteur Dombi redoutait un affrontement entre jeunes barbus et services de sécurité. Mais, les agents de maintient d’ordre déployés dans la zone ont laissé les activistes sunnites prier librement dans les deux concessions privées concernées. Aucun incident n’a été signalé dans le coin.

Au moment où nous mettions cette nouvelle en ligne, nous avons appris l’arrestation du chef du secteur de Dar-El-Salam, Alpha Oumar Baldé et son complice, Mamadou Tanou, un citoyen du secteur de Thiernoyah qui sont accusés depuis quelques jours par un wahhabiyah du nom de Thierno Khalirou (qui lui-aussi recevait ses coreligionnaires dans sa concession privée) de violation de domicile, injure, menaces de mort et destruction d’édifice privé. Les deux prévenus qui ont répondu à la convocation du juge d’instruction ce vendredi ont été immédiatement placés sous mandat de dépôt et transférés à la maison centrale de Labé.

A l’annonce de la nouvelle, de nombreux citoyens du quartier ont marché sur la préfecture pour réclamer la libération immédiate et sans conditions des accusés. En ce moment, ces manifestants attendent devant la préfecture. Le secrétaire général chargé des collectivités décentralisées de Labé, Lanciné Sangaré, s’est entretenu sur cette question avec le parquet au Tribunal de première instance.

Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

 

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