Le centre de traitement des malades d'Ebola à Conakry, contrôle par Médecins Sans Frontières devient exigu Contrairement aux apparences, la fièvre hémorragique à virus Ebola bat son plein actuellement dans la capitale guinéenne, apprend-on de sources proches des Médecins Sans Frontières qui s’inquiètent de l’augmentation massive des malades d’Ebola.

Selon MSF, après le calme, suivant le deuxième pic de l’épidémie du mois de juin, Stéphane Hauser, responsable du projet de Donka, n’a pu que constater une constante augmentation des cas depuis son arrivée à la fin du mois d’août :  » Il y a trois chaines de contaminations actuellement présentes dans quatre quartiers de Conakry. Avec cette nouvelle chaîne de Coyah dont on ignore l’origine pour l’instant, ainsi que celles de Forécariah et Dalaba que l’on connait mais sur lesquelles nous n’avons pas d’informations, nous risquons d’être débordés. Depuis le début on s’est toujours adapté en réussissant à repousser les limites. Mais aujourd’hui, le centre, initialement prévu  pour 3 mois, est confronté à ses limites physiques. Le réaménagement en cours du site afin de maximiser l’espace disponible risque  de ne pas suffire « , s’inquiète MSF dans un communiqué dont www.guineematin.com a obtenu copie.

Parlant de son personnel, MSF explique qu’ils sont actuellement « 130 personnes qui travaillent inlassablement à l’ETC de Donka, dont la plupart avec une excellente expertise ».

Sur les statistiques dans ce centre de la capitale guinéenne, on informe que « parmi les 220 cas confirmés reçus par le centre depuis le début de l’intervention, 105 sont sortis guéris », précise MSF, sollicitant du renfort pour son personnel qui ne s’attendait sans doute pas à une telle intensité du travail, ni à la durée d’ailleurs : « Nos équipes font preuve d’un courage incroyable. Face aux décès incessants, parfois d’anciens collègues de l’hôpital, et aux horreurs auxquelles ils ont dû faire face depuis six mois dans des conditions de travail inimaginables, on ne constate aucune défection », mentionne Stéphane Hauser.

Mais, la plus grande inquiétude du responsable du projet de Donka reste encore la flambée des cas et le risque de voir le centre de Donka refouler du monde : « J’appréhende le jour où on devra prendre la décision de refuser des patients par manque de places  » conclut Hauser.

Le Dr. Sakoba Keïta, coordinateur national chargé de la lutte contre Ebola au ministère guinéen de la Santé, contacté par l’AFP, a reconnu une « recrudescence » des cas, assurant néanmoins que « pour le moment, ce n’est pas le trop-plein à Conakry ».

« Nous avons 46 malades confirmés à Conakry et 18 cas suspects sur une  capacité d’hospitalisation de 90 lits » au centre de traitement géré par MSF à  l’hôpital Donka, le plus important du pays, sur un total actuel de 146 cas confirmés », a-t-il précisé.

Bref, si on ignore toujours comment est arrivé le virus Ebola en Guinée, on sait désormais qu’il est apparu dans notre pays depuis le mois de décembre 2013 dans la région sud de la Guinée ! En tous les cas, c’est ce que le président de l’Assemblée nationale, Claude Kory Kondiano a annoncé aux médias en marge du dépôt de la gerbe de fleurs, le 2 octobre, pour la commémoration du 56ème anniversaire de l’indépendance nationale.

Mais, la banalisation et la mauvaise gestion de cette fièvre par le pouvoir, qui a même attendu au moins trois mois avant de reconnaître son existence dans le pays l’a fait propager sur plusieurs de la Guinée. C’est aussi à cause d’un délaissement des personnes considérées comme des « cas contacts », donc leur mobilité que la fièvre hémorragique à virus Ebola a atteint- au delà de la capitale guinéenne et des préfectures de l’intérieur- des pays voisins et amis qui n’oublieront pas de sitôt ce mal venu de sa voisine Guinée : Sierra Léone, Libéria, Nigéria, etc. Même le pays de la Terranga qui a ouvertement fermé ses frontières aux Guinéens en a été éprouvé…

Aujourd’hui, à cause du manque de sérieux dans cette autre gestion de la Guinée, le pays de Lansana Conté et de Sékou Touré est cité partout comme moins fréquentable qu’un pestiféré, un pays Ebolaté !

Carton rouge de la France sur la destination Guinée à cause d'EbolaL’ancienne métropole, la France, met un « carton rouge » sur la destination Guinée, annonçant sans cesse à ses compatriotes que la Guinée est un pays à éviter « sauf raison impérative » ! Et, le simple fait d’avoir la citoyenneté guinéenne- même un Guinéen qui n’a jamais foutu pied sur la terre de ses ancêtres- est vu d’un mauvais œil, contrôlé comme s’il ne respirait pas le même air que les autre habitants du monde ! Il suffit de s’identifier comme Guinéen ou détenir le passeport de notre cher pays pour être contrôlé sous toutes les coutures…

Jamais un Guinéen n’était considéré aussi « dangereux » comme actuellement dans les aéroport, hôtels et autres ! Gare à celle ou à celui qui a la moindre fièvre…

Et, les religieux nous recommandent d’ailleurs d’implorer encore plus la grâce d’Allah et de nous efforcer à nous rapprocher davantage de Lui…

« Comment comprenez-vous qu’on nous dise qu’il y a une maladie qui se transmet par le contact direct, de ne pas nous serrer les mains, de ne pas laver, ni enterrer nos morts, etc. Mais, les boites de nuit, les bars, les lieux de prostitution et tout ce qui concerne les jeux et la débauche restent permis, voire encouragé ? », se demandait un imam, avant d’entonner trois fois « Dieu Est Grand ! » et de prier intensément…

 

Nouhou Baldé

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