imageLa défaillance du système de prévention et de lutte contre la maladie mis en place par le corps médical guinéen fait propager la fièvre hémorragique à virus Ebola de manière incroyable ! Guineematin.com vous retrace, ci-dessous, le parcours de 5 victimes d’Ebola dans les différentes cliniques de Conakry !

Une mission de la direction régionale de la santé de Labé s’est rendue vendredi à Koula Mawndé dans la sous-préfecture de N’diari pour une séance de sensibilisation et d’identification de personnes ‘’contact’’ suite aux 5 cas de décès enregistrés dans la famille des ressortissants du village au quartier cimenterie de Conakry, a appris Guineematin.com

Selon le Directeur régional de la Santé de Labé, Dr. Houdy Bah, la première victime d’Ebola dans cette famille, l’enfant de 6 ans, a été inhumé le 13 août par la communauté des ressortissants de Koula Mawndé à Conakry. La cause de ce décès n’était pas connue du grand public.

Il avait pourtant été admis dans une clinique privée de Conakry pour des soins. Son état de santé devenant de plus en plus grave, le médecin traitant s’est contenté de demander aux parents de conduire eux-mêmes l’enfant à Donka, au lieu d’alerter directement ses collègues du centre d’isolement qui pouvait faire venir immédiatement l’ambulance de la croix rouge pour limiter les contacts.

Conséquences ? Au sortir de cette clinique, l’oncle qui portait l’enfant sur ses épaules aurait déchiré le papier qui les referait à Donka et suggéré de rentrer discrètement à la maison où ils n’auraient rien expliqué à personne.

Après l’enterrement de cette première victime de la famille, quelques jours plus tard, c’est cet oncle qui a présenté des signes de la maladie, le jour même de l’inhumation de son neveu. Ce cas aussi a échappé au médecin qui l’a suivi en privé. Mais, son décès survenu dans la soirée du mercredi 27 août a intrigué un autre membre de la famille qui commençait à se sentir mal portant. Ce dernier aussi est allé vers une autre clinique privée de Conakry. Lorsque le médecin qui l’a reçu lui a dit que son cas n’était pas grave, il a avoué tout de suite que sa famille a déjà enregistré deux décès. Sans succès. Il y sera retenu jusqu’à ce que son état de santé s’aggrave. Il aurait rendu l’âme sur la route de l’hôpital Donka à bord d’un taxi.

Pendant ce temps, un autre membre de la famille s’est confié à un médecin ressortissant de Labé en service à l’hôpital Donka. Là aussi, le diagnostic a complètement été faussé. C’est quand celui-ci est décédé dans la journée du jeudi 28 août que le père de l’enfant a filé droit, de lui-même, au centre d’isolement de Donka où il a rendu l’âme le vendredi matin.  Et, on venait ainsi d’enregistrer le 5ème décès dans la même famille.

Ce n’est pas fini ! A Koula Mawndé, les autorités sanitaires de Labé ont retrouvé ce vendredi 29 août, c’est-à-dire 16 jours après le premier cas de décès enregistré par la famille, deux personnes venues de Conakry et qui ont assisté à l’enterrement de l’enfant de 6 ans. C’est l’une d’entre elles d’ailleurs qui est descendue dans la tombe avec un malinké pour poser le corps de l’enfant.

Tenez-vous bien ! Immédiatement après cette cérémonie funéraire, ce doyen a pris la route du Sénégal à bord d’un taxi. Bloqué au poste frontalier à cause de la fermeture de la frontière sénégalaise, il est resté quelques jours chez ses parents dans la commune urbaine de Koundara avant de venir à Koula Mawndé par taxi également.

Qu’à tout cela ne tienne ! Après  son entretien avec les autorités sanitaires de Labé, il a eu la possibilité et la liberté de reprendre un autre taxi hier soir (vendredi) pour rentrer à Conakry avant la fin de la période d’incubation calculée à partir de la date du 13 août.

Son second qui est resté à Koula a tout simplement été invité à se présenter au centre de santé du village en attendant la fin de cette période d’incubation.

Même si d’autres membres de la famille restés à Conakry ont finalement été mis en quarantaine par le centre d’isolement de Donka, il faut reconnaitre que tout se passe comme si en Guinée l’épidémie est loin d’être Ebola. Mais, c’est plutôt l’imprudence et le manque d’esprits alertes pour ne pas dire l’irresponsabilité de certains agents du corps médical guinéen.

Espérons qu’il y ait plus de peur que de mal.

Diallo Idrissa pour Guineematin.com 

 

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