Thierno Saïdou Diakité

Par Thierno Saïdou Diakité : Annoncé le 8 mars dernier au palais du peuple par le chef de l’Etat à la faveur de la fête des femmes, c’est finalement la semaine dernière que le gouvernement de Mamady Youla a présenté sa démission collective. Et dans la foulée, le lundi 21 mai, Dr Ibrahima Kassory Fofana est sorti du chapeau du président de la République pour succéder à Mamady Youla au palais de la Colombe. En attendant de découvrir les hommes et les femmes qui bénéficieront de la confiance de notre nouveau premier ministre, il me paraît judicieux d’émettre un avis sur l’architecture du prochain gouvernement.

Dans la suite logique de mon analyse publiée le 29 décembre 2015, au lendemain de la constitution du gouvernement de Mamady Youla dans les colonnes de Guineematin, je persiste et signe que nous avons tout intérêt à ne pas avoir un gouvernement de plus de vingt-cinq ministres. La raison est bien simple, nous sommes un pays, qui figure toujours parmi les plus pauvres d’Afrique. Par conséquent, le réalisme voudrait que l’on minimise au maximum nos dépenses improductives. Il ne sert à rien pour des convenances politiques ou personnelles de créer des ministères de prestige.

Le contexte actuel que nous vivons nous commande donc d’être rationnels et pragmatiques. Autrement dit, nous devons impérativement faire la politique de notre économie. Une économie extravertie très dépendante de l’extérieur, qui mérite une meilleure gouvernance. De ce fait, à mon humble avis, la structure gouvernementale devrait être bâtie sur des critères de cohérence avec pour principal souci l’efficacité des ministres.

Pour donc répondre à ce souci d’efficacité souhaitée et vivement attendue, sans avoir la prétention de vouloir donner des leçons, des regroupements de certains départements ministériels sont à opérer. Par exemple, le ministère de la justice et les droits de l’homme, le ministère du commerce, industrie, PME et promotion du secteur privé, ministère des affaires étrangères, de la coopération internationale et des guinéens de l’étranger, ministère du plan, de l’économie et des finances, le ministère de l’agriculture, de l’élevage, des eaux et forêts, ministère des travaux publics et des transports, un grand ministère de l’éducation nationale avec des directions nationales pour les sous-secteurs à savoir le pré-universitaire, l’enseignement supérieur et l’enseignement professionnel, etc…

Le schéma ci-haut présenté qui n’est guère limitatif vise à donner une orientation aux sherpas de la présidence. Il s’agit désormais de rompre avec un certain mimétisme dans la conception de l’architecture gouvernementale du pays.

Cette vision s’inscrit dans le but d’opter systématiquement à la rationalisation des dépenses publiques. La mise en place d’un département ministériel doit répondre à une exigence en phase avec la nécessité d’apporter une plus-value à la gestion des deniers publics. Même si dans une moindre mesure des critères politiques devraient intervenir. En dernière instance le seul impératif d’efficacité étant à retenir.

En raison de la difficile conjoncture que nous vivons, il est donc souhaitable que la nouvelle structure gouvernementale soit simple, dynamique et surtout cohérente. Les conflits de compétence et d’attribution étant à prévenir à tout prix.

Thierno Saïdou Diakité

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