Dans la matinée de ce jeudi 18 mai 2017, les étudiants de l’université de Kindia ont boycotté les activités du recensement biométrique qui ont démarré le lundi passé. Ils protestaient contre les difficultés auxquelles ils sont confrontés depuis le démarrage de cette opération, rapporte le correspondant d Guineematin.com à Kindia.

Ils sont plusieurs centaines d’étudiants de l’université de Kindia à descendre dans la rue ce jeudi matin pour dénoncer les difficultés liées au recensement biométrique.

Selon des sources consultées par Guineematin.com, c’est principalement l’acquisition de l’extrait de naissance qui pose problème. Tout au début, certains étudiants ont pu se le procurer à Damankanyah centre où ce document d’état civil est toujours vendu à qui veut l’acquérir. Mais, les autorités universitaires ont finalement décidé « d’invalider » les extraits « achetés » dans cette commune rurale.

Alors, les étudiants se sont rués au tribunal de première instance de Kindia où ils se font délivrer le jugement supplétif à 25 000 GNF. Et, c’est ce que le recteur aurait finalement fait arrêter. A en croire des étudiants rencontrés par notre correspondant local, le recteur, Dr Jack Kourouma, aurait demandé au tribunal de ne plus délivrer des jugements supplétifs aux étudiants qui ne sont pas natifs de Kindia. « Il y a certains parmi nous qui sont venus de l’intérieur du pays. Ils ne peuvent pas aller dans leurs préfectures d’origines uniquement pour un seul papier », a notamment dit Mamadou Barry.

Très en colère, Mariam Bangoura estime que le recteur fait tout ça parce que ces enfants ne sont pas concernés… « C’est le recteur, Dr Jack Kourouma, qui est derrière toutes ces bêtises. Il fait tout sauf défendre les étudiants. Regardez depuis combien de jours nous souffrons ici. Il n’a rien pour nous aider et il est parti au tribunal pour nous interdire la livraison de ce document. C’est une désolation pour tous les étudiants de cette université. Nous ne savons pas maintenant pour quoi faire. Comme nous ne sommes pas ses enfants, c’est pour cette raison qu’il se comporte de cette façon. Mais, nous allons continuer la protestation pour nous faciliter la tâche. Tant qu’ils ne font pas ça, il n’y aura pas de recensement ici », a menacé l’étudiante.

Pour sa part, trouvé dans son bureau, Dr. Jack Kourouma a refusé toute communication avec les journalistes qu’il accuse d’ailleurs d’être à la base des multiples soulèvements à l’université de Kindia.

A noter que cette protestation des élèves s’est passée sans aucun incident majeur. Mais, les opérations de recensement sont pour l’instant suspendues et cela jusqu’à nouvel ordre, apprend-on.

Enfin, dans l’émission « Koloma-débat » de la radio nationale (RTG) où ce scandale de vente des documents administratifs a été révélé, le président de la délégation spéciale de Dabola a apporté des informations peu connues du grand public. Selon le patron de la commune urbaine de Dabola, l’extrait de naissance est délivré dans sa commune (et donc normalement dans toutes les communes de la République de Guinée) gratuitement pour les bébés de zéro à six mois. Et, à partir de sept mois, l’extrait de naissance est délivré à (seulement) cinq mille francs guinéens (5 000 GNF). Même sur ce montant de cinq mille, UNICEF prend en charge quarante pour cent pour les personnes vulnérables, a révélé le maire.

A suivre !

Avec la contribution de notre correspondant à De Kindia, Sékou Komoyah Kaba

Tél : 620 74 80 10

Commentaires

No Comments