Lansana Diawara, président de l'AGUB Comme chaque jeudi, ce 11 septembre 2014, les client- victimes de la BADAM se rendent devant leur ancienne banque pour réclamer l’argent qu’ils ont déposé à cette banque. Un des déposants, appauvri par la faillite de cette banque menace même de s’immoler devant la présidence de la République, si les autorités persistent à refuser de rembourser leur argent.

Joint au téléphone ce jeudi matin, le président de l’Association des usagers des banques (AGUB) a annoncé que la particularité d’aujourd’hui est la distribution des cartons rouges à des personnalités accusés d’avoir refusé d’entendre les victimes.

« Des cartons rouges vont être décernés au Premier ministre, au ministre de l’Economie et des finances, au gouverneur de la banque centrale (BCRG) et surtout au ministre des Mines et de la géologie, ancien ministre de l’Économie et des finances, Kerfala Yansané. Parce que ce dernier est le chef d’orchestre de toute cette souffrance. Comme vous le savez, dans la chaîne des dépenses du budget de 2012, l’Etat s’était engagé à payer 16 milliards de francs guinéens aux victimes. Kerfala Yansané avait refusé catégoriquement… », proteste Lansana Diawara.

Pour le président de l’AGUB, il est surtout important de rappeler que « l’Etat qui est actionnaire de cette banque à hauteur de 55 pour cent n’a jamais libéré sa part d’action ».

La faillite de la BADAM (la banque africaine pour le développement agricole et minier) concerne dix mille clients qui réclament un cumul de 36 milliards de francs guinéens.

À rappeler que la justice avait condamné tour à tour l’Etat de n’avoir pas libéré sa part d’action (55%), la BCRG d’avoir donné un agrément à une banque qui n’avait pas le capital minimum de 50 milliards GNF (la BADAM a été ouverte avec seulement dix milliards GNF) et la direction de la BADAM elle a été condamnée (à travers ses plus hauts responsables, Moriba Kéita et Sékou Sangaré) pour détournement. Sauf que cette décision judiciaire n’a jamais été appliquée et même les personnes condamnées ont été graciées par le président de la Alpha Condé. Voilà les raisons qui poussent les manifestations à se diriger vers Sékoutouréah qu’on croit être à la base de toutes leurs souffrances.

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