Rio Tinto 2Dans la matinée de lundi 5 septembre 2016, les employés de la compagnie Rio Tinto étaient dans la rue pour manifester contre un projet de départ volontaire « imposé » par la société. Joint au téléphone par Guineematin.com, un des manifestants qui souhaite garder l’anonymat a accepté de revenir sur la genèse du conflit.

« Le grand mouvement enregistré aujourd’hui à la base logistique de Rio Tinto a été l’œuvre des employés de Rio Tinto qui sont à Conakry et à Forécariah. Nous avons été plus de 500 personnes à manifester contre l’injustice qu’on a constatée dans le projet de départ volontaire des employés qui a été annoncé par la société. Les employés n’ont pas été préparés ; mais, on leur a imposé un programme de départ volontaire. Le papier tel que annoncé n’arrange pas les travailleurs. Les employés de Rio Tinto, pour la plus part sont endettés à la banque. Quand on a fait le virement des salaires, les employés se sont retrouvés avec des soldes négatifs. Ce sont des pères de familles qui ne savent plus aujourd’hui à quel saint se vouer », a-t-il expliqué.

L’autre information donnée par notre interlocuteur est que dans ce programme de départ volontaire, le projet continue jusqu’à normalement juin 2017 ; mais, les employés qui devaient être retenus sont retenus sur la base du « népotisme, de lien avec les managers qui dirigent actuellement le projet», a-t-il dénoncé.

Le troisième problème, selon lui, est que l’affaire concerne aussi un groupe de travailleurs qu’on appelle les sous-traitants ou les contractants et qui sont affiliés à des cabinets « BICEP et BCI » qui ont fait plusieurs années sans mesure d’accompagnement. « Ils ont passé plus de quatre ans pour certains et jusqu’à sept ans pour d’autres dans la sous-traitance. Sans aucune mesure d’accompagnement, ceux-ci repartent presque bredouille. C’est tout cela qui a choqué certains employés du groupe  Simfer pour s’associer avec ces contractants afin de dénoncer cette injustice », a-t-il renchéri.

Au moment où Guineematin.com était en ligne avec notre source qui fait partie des manifestants, le groupe était déjà face au bureau de l’inspecteur général du travail. « C’est vrai que les négociations continuent ; mais, nous manifestons pour démentir le message que la direction a passé, disant que c’est un petit groupe d’une dizaine de personnes qui manifeste, alors que c’est à peu près les 100% des employés de Rio, de BICEP et de BCI qui ne sont pas contents de ce qui se passe qui manifestent ».

Concernant le programme de la manifestation de ce lundi, notre interlocuteur a expliqué : « après l’inspection générale du travail, nous irons manifester pacifiquement devant la résidence des délégués où résident les expatriés de Rio Tinto, à côté de la résidence 2000. L’objectif, c’est de montrer à ces gens-là que ce n’est pas l’affaire d’une seule personne mais plutôt des centaines ».

Autres choses qui attisent les tensions au sein des manifestants, c’es une prétendue corruption dont seraient coupables leurs représentants dans les négociations. « Nous avons appris ici aussi que les syndicats qui pilotaient les négociations au compte des employés ont été corrompus. Des messages ont été interceptés comme pour dire que ceux-ci allaient avoir des traitements spéciaux. Ils devaient avoir 24 mois de salaires et les employés de Simfer, 12 mois de salaire qui ont été virés. Les sous-traitants ont un seul mois de salaire qu’ils ont appelés ‘’bonus’’.  Alors que la législation guinéenne dit ceci : ‘’Quand un employé fait 6 mois d’intérimaire, c’est renouvelable une fois. La deuxième fois, soit la société le récupère ou bien, elle le licencie en lui donnant des règlements’’. Ici, après 2 ans, on voit que Simfer n’est plus en règle vis-à-vis de ses employés qui sont traités aujourd’hui comme des parias ; alors que ce sont des personnes qui ont fait assez d’efforts dans la mise en place de ce projet. La plus part des leaders de Simandou viennent de ces cabinets que j’ai cités plus haut ».

Enfin, concernant les exigences des manifestants, notre source demande justice. « Nous demandons que nous soyons rétablis dans nos droits. Que la justice soit rendue. Nous pouvons comprendre si on dit que c’est pour des raisons économiques. Mais, si certains devraient rester, qu’ils soient sélectionnés sur la base de la compétence et non pour leur affinité à un leader. Nous avons au total huit points de revendications dont entre autres : un traitement égal des travailleurs au niveau des différents projets ; donner jusqu’à quatre ans de salaire aux travailleurs qui ont perdu leur emploi pouvant leur permettre de survivre jusqu’à l’obtention d’un autre emploi, etc. », a-t-il cité.

A suivre !

Propos recueillis et décryptés par Mamadou Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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