Arrivée délégation à LabéA peine une semaine après le passage d’une importante délégation mixte composée d’un conseiller militaire à la Présidence de la République et des responsables de la ligue islamique nationale venue à Labé dans le cadre d’une médiation entre frères musulmans de la Sainte cité, les activistes Wahhabiyahs continuent d’organiser des prières collectives de vendredi dans certaines concessions privées de la commune urbaine, a appris Guineematin.com à travers son correspondant dans la préfecture.

De nombreux fidèles musulmans s’étaient retrouvés dans la matinée du mercredi 12 novembre dernier au siège de la fondation de Thierno Aliou Boubha N’Diyan pour accueillir cette importante délégation de la ligue islamique nationale accompagnée du Général Bouréma CONDE, conseiller militaire à la Présidence de la République.

Siège Fondation, Thierno Aliou BhoubhadianAprès le souhait de bienvenue prononcé par l’inspecteur régional des affaires religieuses de Labé, le porte-parole de la délégation, Elhadj Mamadou Saliou CAMARA, imam de la grande mosquée Fayçal de Conakry a situé le contexte de la rencontre : « Je vous ai dit que je ne suis pas là pour juger. Mon souhait est que les vieux acceptent ce que nous leur avons conseillé parce qu’ils ne le regretteront jamais. Nous sommes tous des créatures de Dieu et nous sommes tous sur la voix du Saint Coran. Que les jeunes respectent les vieux  et que ces derniers aient pitié des jeunes. Si vous acceptez, ce serait une bonne chose pour nous tous. Par contre, si vous ne cédez pas, nous serons tous des perdants parce que l’entente est obligatoire entre père et fils.»

En réaction, l’imam de Labé, Elhadj Thierno Badrou BAH qui avait à ses côtés les notables Tiddjâniyahs du Foutah a vigoureusement dénoncé et condamné ce qu’il a qualifié d’indiscipline des jeunes wahhabiyahs de Labé : « Nous sommes désagréablement surpris d’apprendre de vous qu’il y a un conflit entre jeunes et notables ici. Il s’agit en réalité des jeunes qui ont rompu avec leurs parents et qui veulent manquer de respect aux notables du Foutah. Les jeunes qui sont ici au Foutah, s’ils n’accusent pas à tort, ils ne sont jamais venus chez les sages du Foutah et qu’on leur ferme la porte, jamais ! Donc, qu’ils n’hésitent pas à venir surtout que la délégation nous a édifiés que les Mosquées ne doivent pas être construites dans l’anarchie, mais plutôt dans une compréhension mutuelle. C’est cette catégorie de Mosquées qui est partout dans le monde qu’on aimerait avoir ici au Foutah.»

Dans ce milieu conservateur on redoute l’invasion djihadiste qui a été à l’origine de beaucoup de conflits dans le continent africain.

Face à ces préoccupations légitimes, le porte-parole des Wahhabiyahs, Docteur Elhadj Alhamdou DIALLO a tenté de rassurer : « J’ai retenu que la délégation qui est venue de Conakry tient absolument à la cohésion entre tous les musulmans. Mais très malheureusement, il y a toujours des divergences entre Sunnites et Tiddjânyahs. Vous avez suivi les interventions. Il y en a qui disent qu’il faut que Whabitts et Tiddjânyahs se retrouvent en famille pour trouver une solution. Il y a d’autres qui disent qu’il faut d’abord une soumission de notre part  parce que selon eux, on déborde parfois. Mais, ils n’ont aucune preuve qui justifie qu’on est impolis. Néanmoins, on se remet à la sagesse des vieux. Enfin, je demanderais à toutes les ligues islamiques de se retrouver pour réfléchir et trouver que nous méritons quelque chose dans cette religion et qu’ils nous accordent le minimum de respect.»

Curieusement, le Général Bouréma Condé, nouveau médiateur dans ce conflit, qui a suivi attentivement toutes les interventions n’a rien voulu dire lors de cette rencontre. Rejoint quelques minutes plus tard dans un réceptif hôtelier de la place, cet officier militaire en service à la Présidence de la République nous a expliqué qu’il était venu juste pour écouter les groupes antagonistes : « Je ne parle pas. C’est une affaire religieuse. J’étais venu pour prendre le nom des bavards. Celui qui prend le nom des bavards ne doit pas bavarder. Je reviendrai. On aura l’occasion d’échanger.»

Une autre source généralement bien informée nous a indiqué par la suite que le battage médiatique fait autour de la rencontre par la ligue islamique régionale qui a provoqué une forte mobilisation populaire n’était pas prévu dans la stratégie de la médiation. Et le Général a fini par faire ‘’la grande mette’’,  certainement pour tromper la vigilance.

En attendant de connaître la direction du vent, des activistes Wahhabiyahs continuent d’organiser des prières collectives du vendredi dans des concessions privées de certains quartiers de la commune urbaine. Ils viennent même d’envoyer une nouvelle délégation à Conakry dans le but d’obtenir l’ouverture des mosquées qu’ils ont construites depuis près de 17 ans et leurs intégrations dans les organismes de la ligue islamique locale. Cette instance de gestion des affaires religieuses de la cité vient d’ailleurs de projeter une rencontre qui devrait avoir lieu dans la matinée du jeudi 20 novembre prochain avec des représentants de la coordination des associations des Wahhabiyahs de Labé.

Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Quelques images de l’arrivée de la délégation de Conakry

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