Syndicaliste, syndicatLe bras de fer entre les syndicats et le gouvernement guinéen semble prendre une nouvelle allure. Après la menace de grève illimitée du mouvement syndical de Guinée le 5 janvier prochain, les centrales syndicales ont fait une déclaration à titre préventif de grève ce mardi 30 décembre 2014.

Selon le contenu de la déclaration rendue publique par Madame le secrétaire général adjoint de la structure syndicale l’ONSLG, Pierrette Tolno, les centrales syndicales invitent le gouvernement à honorer son engagement conformément aux clauses contenues dans le protocole tripartite négocié sous l’arbitrage de l’inspection générale du travail et sous la présidence de l’actuel ministre en charge du travail portant sur la nouvelle grille salariale et la réduction du prix du carburant en république de Guinée.

Dans son discours, le secrétaire général de la COSATREG, Elhadj Yamoussa Touré, a martelé : « sur le plan mondial, le prix du carburant a baissé de plus de 50%. La Guinée est dans le conseil des nations, on ne doit pas nous marginaliser pour continuer à faire du tord aux consommateurs ; » a-t-il soutenu, avant d’ajouter que « le carburant  est une denrée substantielle ». Pour Yamoussa Touré, « la  baisse du prix du carburant permet la stabilité de l’économie et constitue l’amélioration des conditions de vie des citoyens guinéens ».

Répondant à la question de savoir s’ils se joindront au mouvement syndical qui menace d’aller en grève illimitée à partir du 05 janvier 2015, le secrétaire général du COSATREG, Elhadj Biro Barry, soutient : « à la matière (syndicalisme Mdlr) il n’y a pas de différence. Nous sommes de cœur avec tous ceux qui défendent les intérêts matériels et moreaux des travailleurs et des citoyens de la Guinée. Pourvue que l’engagement soit respecté », a dit monsieur Barry.

Seulement, le syndicaliste a tenu à prévenir : « si c’est du théâtre, nous dirons non. Nous nous sommes bien pour ceux qui aillent dans le sens de défendre le droit et les intérêts des citoyens ; » a t-il conclu.

En 2006, les mouvements sociaux avaient commencé un peu par tâtonnement. Quelques centrales avaient lancé une grève générale illimitée. Et, compte tenu de la difficile situation que le pays traversait, les autres centrales, puis l’ensemble des forces vivent du pays, ont rejoint le mouvement pour contraindre le général Lansana Conté à faire des concessions inimaginables au départ.

Le président Alpha Condé risque-t-il de se confronter à une situation comparable en début 2015 ?

Fatoumata Keïta pour Guineematin.com

Tel : (+224) 654 47 99 71

 

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