Nenekhaly Condetto Scientifique poète et politicien Guinéen

Nenekhaly Condetto Scientifique poète et politicien Guinéen

Ancien Ministre de la Recherche scientifique et de la documentation, ancien secrétaire général du Gouvernement, Ibrahima Basil Nénékhaly-Condetto Camara (1930-1972) était un poète et dramaturge guinéen. Deux pièces ‘’Nénékhaly-Camara’’, ‘’Continent-Afrique et Amazoulou’’, ont été publiés en France en 1970, et traduit en anglais en 1975.

Père de Azizah, Leilah et Djamilah (l’aînée, elle-même marchant sur les traces de son père), Ibrahima Basil Nénékhaly-Condetto Camara a également laissé un souvenir qui mérite une reconnaissance de la nation. C’est pourquoi l’institut de recherches et de biologie appliquée de Kindia, plus connu sous l’ancienne appellation de  » Pastoria  » et un quartier de Conakry ont été baptisés  » NENEKHALY-CONDETTO-CAMARA ». A la veille du 42ème anniversaire de sa disparition, Guineematin.com vous propose la riche biographie de cette personnalité exceptionnelle…
Biographie
Le monde des lettres et de la science se remémore au mois de juillet, l’anniversaire de la disparition de Nénékhaly CONDETTO CAMARA, Ministre de la recherche scientifique et de la documentation. Nénékhaly CONDETTO s’est effectivement éteint le 22 juillet 1972 à l’âge de 42 ans à Conakry.
Né le 10 Septembre 1930 à Beyla, il est le fils de Ibrahima Nénékhaly CAMARA, médecin, originaire de Forécariah, dans le village de Koké, et de Rosine de SOUZA, une Sage-femme Béninoise qui lui donna 5 enfants, dont son unique garçon, Nénékhaly-Condétto Camara…
Son père ayant laissé d’excellents souvenirs dans tous les centres médicaux où il servit notamment à Beyla, Siguiri, Boké, Macenta et Dubréka, Nénékhaly – CONDETTO en fera de même tout au long de sa vie. Suite au décès de son père, sa mère, Rosine de SOUZA, rejoint son pays d’origine, le Bénin avec ses quatre enfants dont l’ainé Nénékhaly CONDETTO.
Après de brillantes études primaires et secondaires au Bénin, Nénékhaly Condetto se rend en France où il obtient son baccalauréat série « Philosophie », se préparant ainsi à aborder l’enseignement supérieur.
Nénékhaly-CONDETTO se rendit ensuite au Sénégal, répondant ainsi à l’appel de L’Institut dit ‘’des Hautes Etudes » de Dakar créé uniquement pour soustraire les jeunes étudiants Africains en Europe aux influences des milieux progressistes de la métropole, à une époque où le colonialisme cédait aux pressions des forces progressistes Africains.
A Dakar, Nénékhaly – CONDETTO poursuit brillamment ses études universitaires tout en participant activement à la lutte politique et syndicale pour l’émancipation et l’indépendance de l’Afrique.
Animateur à Radio-Dakar, ses émissions sur le Jazz et la musique Afro-Cubaine de 1954 à 1957 ont largement contribué à la consolidation de la musique africaine aux civilisations d’autres continents.
Bien connu dans les rangs de l’Union Démocratique Sénégalaise (U.D.S.) il fut l’un des promoteurs du syndicalisme Estudiantin à Dakar. Ancien Responsable de l’Union Générale des étudiants d’Afrique Noire en France et de la fédération des étudiants d’Afrique Occidentale en France.
Nénékhaly – CONDETTO œuvre ainsi au raffermissement des liens de solidarité entre les étudiants africains et les Unions Estudiantines progressistes du monde.
C’est dans ce cadre qu’en 1954 il effectuera un voyage d’études qui le mènera successivement en Chine populaire, au Vietnam, en Pologne et en Union Soviétique où deux ans plus tard il est délégué au forum de Moscou.
Après l’obtention d’une double licence de lettres modernes et d’Anglais à Paris, Nénékhaly- CONDETTO obtiendra à l’institut d’ethnologie de Paris un diplôme de fin d’études supérieures. Pendant cette période déjà il est bien connu dans le monde des lettres Néo-Africaines tout en étant avec son ami, l’écrivain David Diop, les principaux animateurs d’une équipe d’avant garde.
Poète- Ecrivain, mais aussi chercheur scientifique, le passage de Nénékhaly – CONDETTO à l’institut d’Ethnologie de Paris et ses différents stages au Musée de l’homme lui ont permis d’acquérir une formation scientifique qu’il a aussitôt mise au service de la réhabilitation de l’art et de la culture africaine. Ses conférences et ses interventions lors de débats et plusieurs de ses essais sur les thèmes d’actualité sont régulièrement publiés dans les revues les plus citées de l’époque, telles que : « Lettres Françaises » « Présence Africaine », et « Esprit ».
De 1955 à 1958 il fut collaborateur de présence Africaine et de bien d’autres revues internationales. Nénékhaly- CONDETTO prendra une part active en 1958 – 1959 à une mission de fouilles archéologiques au Tchad en compagnie des plus grands savants des civilisations anciennes dont le professeur français Jean- PAUL le Bœuf. Il a participé également à des fouilles dans la Marne (République Française) avec le professeur LEROI GOURHAM.
Il fut ainsi, durant deux années, attaché de recherche à l’office de la recherche scientifique dans les territoires d’Outre-mer.
Dans une revue scientifique « Recherche scientifique » l’écrivain Réotra apporte un témoignage éloquent de ce que fut la vie professionnelle (Culturelle et scientifique) de Nénékhaly- Condetto.
En 2011, le Pr. Sénégalais Amady Aly Dieng, dans  » les mémoires d’un étudiant Africain en France  » revient sur l’analyse faite par l’écrivain guinéen de  » la Conscience nationale et poésie négro-africaine d’expression française  » (Nous y reviendrons)…
En 1959, archéologue confirmé, il rejette les offres alléchantes du Centre français de la recherche scientifique et choisit de revenir en Afrique, plus précisément en Guinée dans le but de mettre son savoir et ses connaissances au développement de son pays natal.
Ainsi donc, après la proclamation de l’indépendance en Guinée en 1958, Nénékhaly- CONDETTO rentre dans son pays où il est nommé assistant de l’institut de recherche scientifique, chargé du département  » Ethnologie, Sociologie, Préhistoire et Archéologie ». Après avoir fait ses preuves dans ces domaines, il est assistant à la Direction adjointe de ce même Institut.
Le scientifique entreprend également des recherches archéologiques dans son pays et participe activement à différentes missions de fouilles dont on retiendra celle de Guémessanga dans la région de Télimélé et celle de Niani dans la région de Siguiri.
Il participe ainsi à l’implantation d’un nouveau programme pour l’institut sur des bases plus dynamiques, rationnelles et rentables. Il fut, de tout temps, un soldat intégré de la résolution démocratique africaine au service de laquelle il a su mettre non seulement ses hautes qualités professionnelles, mais surtout sa foi dans le devenir du développement culturel africain.
Secrétaire permanent de la commission de l’Unesco en Guinée, il a participé à l’étranger à de nombreuses conférences Interafricaines telles que les réunions de L’O.U.A., de l’ancien O.E.R.S. et de l’organisation de la solidarité Afro-asiatique. Sa participation a été particulièrement remarquée et appréciée lors de son intervention au Congrès culturel de la Havane en 1969. En Guinée, il fut celui qui organisa la première conférence scientifique à Foulaya en 1971.
Auteur de brillants essais et d’un recueil de poèmes intitulé  » LAGUNES » qui fut réédité, après succès, par l’académie populaire de littérature et poésie, cet écrit fut son œuvre maîtresse littéraire.
Dramaturge, l’écrivain a écrit deux pièces de théâtre  » Continent-Afrique  » et Amazoulou  » qui retrace la vie et la mort du célèbre guerrier légendaire Sud-Africain Zoulou, CHAKA, pièces éditées par les maisons CCP.Editions PJ. Oswald.
Dans un livre consacré au théâtre Négro-africain, « actes du colloque d’Abidjan’’, édité en 1970 par présence Africaine, Mario de Andrade, résume brièvement mais avec efficacité l’essentiel du contenu des pièces de théâtre de l’auteur Guinéen.
Sa vie professionnelle ne s’arrêtera pas là pour autant, ses études et recherches en Afrique et en Europe ayant aussi touché le domaine de l’ethnologie et de l’anthropologie. Pour en savoir plus sur lui, des recherches approfondies dans les branches où il a servit sont en cours…
En juin 1962, reconnaissant largement ses mérites, le stratège guide président de la révolution guinéenne, le Camarade Ahmed Sékou Toure le nomme secrétaire général de son Gouvernement, puis secrétaire d’Etat à la recherche scientifique et à la documentation en 1969.
Son ardeur au travail, Nénékhaly-Condetto l’aura sans nul doute épuisé à parfaire la personnalité culturelle africaine et a servir son pays.
C’est à son dernier poste que Nénékhaly-CONDETTO devait donner le meilleur de lui-même, en dépit de fréquentes interruptions d’activités due à une santé fragile. Malgré tout, il a su doter ce nouveau département d’un cadre et d’une structure dynamique.
Avant sa mort, il offrit à la bibliothèque nationale de Guinée 3000 volumes de livres et d’écrits professionnels et personnels.
Nénékhaly-Condétto Camara s’apprêtait à achever un roman qui avait pour titre  » les enfants du Konkouré  » lorsqu’il décéda le 22 juillet 1972 d’une crise cardiaque, laissant 3 enfants ; Azizah, Leilah et Djamilah, l’aînée, elle-même marchant sur les traces de son père.
Nénékhaly-Condétto Camara, tout comme de nombreux autres écrivains Guinéens et Africains décédés, restera inoubliable en nous et surtout dans les milieux littéraires et scientifiques.
En mémoire à sa disparition et de sa contribution à la recherche scientifique en Guinée, l’institut de recherches et de biologie appliquée de Kindia plus connu sous l’ancienne appellation de  » Pastoria  » et un quartier de Conakry ont été baptisés  » NENEKHALY-CONDETTO-CAMARA ».

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