Humour : Un jeune homme réfléchit à un moyen très subtil de trouver une moto. Les moyens lui faisaient défaut mais l’imagination ne lui manquait point.

Pour le besoin de la cause, il s’habille comme un prince. Il sort et emprunte une rue. Il croise un vieil homme et l’interpelle par ces mots. « Mon père j’ai rêvé que je fais un cadeau à un vieil homme comme vous. Le cadeau était un objet métallique comme une moto ». Le vieux lui répond, fais ce que tu as vu. Un grand bonheur t’attend. Achète une moto à quelqu’un, en l’occurrence à une personne âgée.

Je n’en trouverai pas mieux que vous mon père, dit le jeune homme. Alors, ajoute-t-il, allons voir dans les magasins de la ville. Le vieux commence à formuler des prières et des bénédictions pour cette bonne âme qui voulait le débarrasser de marcher dans la ville. Les deux se suivent comme s’ils se connaissent depuis une éternité. Arrivés chez un vendeur de moto ils n’expliquent pas qu’ils cherchent une moto pour faire un sacrifice. Bien au contraire, ils se présentent comme s’il s’agissait d’un père et d’un fils. Le jeune a peur de se faire démasquer. Le vieux a peur que quelqu’un d’autre ne lui gâche le marché à la dernière minute.

Papa, regardez si celle-ci vous convient, dit le jeune homme. Le vieux approuve. Le bienfaiteur prend une moto qui coûte environ quatre millions cinq cent mille et procède à un essai en la conduisant à quelques mètres des lieux. Il revient et dit ne pas être tout à fait satisfait. Il prend une autre, cette fois qui coûte neuf millions pour un nouvel essai. Mais pour la deuxième fois l’essai devient une éternité.

Après avoir attendu longtemps, le vendeur de motos dit au vieux « votre fils a duré cette fois ». Le vieux répond qu’il ne s’agit pas de son fils. Mais que c’est un jeune qu’il vient de croiser et qui se proposait de lui acheter une moto. Ce n’est pas vrai, proteste le vendeur. Il vous appelle même papa. Pendant que le vieux réalise que peut-être il  s’est fait rouler dans la farine pour la première fois dans sa vie, le commerçant se fait de plus en plus agressif verbalement.

Mais tous les deux espéraient encore que le jeune homme a eu un incident ou un accident. L’attente dura plus longtemps. Arrive l’heure de la prière. Elhadj veut aller prier à la mosquée. Le commerçant lui oppose une fin de non-recevoir. Il ne peut pas bouger sans la moto ou le prix de la moto. Soit neuf millions. Neuf millions pour un vieux qui marchait parce que justement il est incapable de s’acheter un vélo.

L’affaire est portée devant la police. Le vieux indique ne jamais connaitre le jeune. Qu’à cela ne tienne, on le somme de payer les neuf millions de francs. Séance tenante les siens trouvent cinq millions. Pour les quatre autres millions l’engagement a été pris par le vieux et les siens de verser à la fin de chaque mois cinq cent mille pendant huit mois.

Avant de sortir du commissariat, le vieux se rappelle du diction selon lequel l’habit ne fait le moine. Le jeune s’est habillé comme un prince pour pouvoir obtenir une moto. C’est son habillement qui l’a emballé. Il s’est rappelé aussi qu’on l’avait mis en garde de ne jamais vouloir avoir quelque chose sans essuyer la sueur. Avant de s’engouffrer dans la voiture de son neveu qui lui a évité de justesse la honte dans cette ville où il est très connu, il s’exclame « occasion et convocation sont inséparables ».

Par Habib Yembering Diallo

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