ministre enseignementDepuis la fermeture des classes, le 3 juillet 2014, les écoles sont toujours fermées. Les autorités disent craindre des contaminations avec une ouverture des classes. Parents et élèves se demandent jusqu’à quand cela peut encore durer. Car, même si on annonce ici et là que la rentrée est imminente, aucune date n’est pour le moment officiellement donnée. Mais, cette fermeture des classes ne préoccupe pas que les parents d’élèves, les enseignants du privé sont aussi durement touchés par la fermeture des classes en République de Guinée. Certains parmi eux arrivent à joindre les deux bouts, d’autres difficilement.

Une journaliste de Guineematin.com est allée pour les écouter afin de vous permettre de mieux comprendre cette autre situation due à la présence d’Ebola dans notre pays…

Alpha  Diallo prof de MathAlpha Diallo, professeur de Mathématiques dans une école privée : «  Actuellement nous arrivons difficilement à joindre les deux bouts. Pratiquement, nous les enseignants du privé, nous cessons de prendre nos salaires à partir du mois de juin. Je trouve difficilement de l’argent en ce moment. Même pour manger, il faut que je m’accroche auprès de mes amis commerçants pour en avoir. Parfois, je vais à Madina pour me débrouiller auprès d’eux, mais ça aussi, ça ne marche pas bien à cause d’Ebola. Vraiment, je lance un appel auprès du gouvernement de trouver un moyen pour nous assister. »

 

 

Younoussa Tounkara prof de strategieYounoussa Tounkara, enseignant en stratégie d’entreprise : « Il n’est pas du tout facile actuellement pour moi de subvenir à mes besoins et aux besoins de ma famille. Car nous les enseignants des écoles privées, nous n’avons pas de salaire pendant ces périodes de crise. Nous consommons ce que nous travaillons, mais puisqu’il n’y a pas d’activité au niveau des écoles présentement, nous sommes beaucoup plus amis avec les jeux de hasard. Je passe tout mon temps à  parier dans les kiosques de jeux. J’ai une fille et une femme dont je n’arrive plus à prendre en charge parce qu’il n’y a pas de travail. Parfois, si je suis trop coincé, je vais à Madina pour prendre quelques friperies avec mes collègues et revendre afin d’avoir la dépense. Donc, nous demandons vivement la rentrée scolaire, sinon, nous on ne pourra pas vivre facilement, car nous souffrons.»

Alpha Diallo  Directeur du service scolaritéAlpha Diallo, Directeur du service scolarité  dans une Université privé : « je suis l’un des personnels permanant de cette Université. Donc je reçois un salaire mensuel mais qui n’est pas égale à celui de l’année scolaire. Je reçois la moitié parfois même si ça retarde. On n’est pas payé à temps plein contenu de la situation actuelle mais nous arrivons parfois à limiter nos besoins avec ce peu que nous recevons. Nous avons assistés à plusieurs réunions au cours des quelles on nous parle de précaution et nous avons aussi suivi des séminaires de formation sur comment évité Ebola en milieu scolaire. Mais jusque là nous attendons qu’à même la rentrée scolaire. Nous sollicitons vraiment que l’Etat prenne conscience de la situation des enseignants dans les privées et le calvaire que nous vivons. »

 

Mamadou Négué Diallo gestionnaire  comptableDiallo Mamadou Négué, gestionnaire comptable dans une université privée : « Actuellement, c’est très dur pour moi. Comme vous le voyez, j’évolue dans le privé, il n’y a pas de salaire sans travail. Jusque-là, la date de rentrée scolaire n’a pas été fixée, alors que nous vivons de ça. Nous nous sommes trop endettés, parce qu’il n’y a pas un autre moyen pour se faire de l’argent. C’est vraiment difficile pour le moment. Nous peinons même pour avoir le mangé. Je gagne difficilement le transport le matin pour sortir. Parfois, nous sommes obligés d’aller expliquer nos problèmes  à des personnes auxquelles on ne doit même pas dire. Je sollicite auprès du gouvernement si possibilité y ait de trouver une solution pour nous et qu’il pense à l’ouverture des classes. »

 

Propos recueillit par Fatoumata Keïta pour Guineematin.com

Tel: (+224) 654 47 99 71

 

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