Aboubacar Sidiki Camara, dit De Gaulle, ancien aide de camp du général Sékouba KonatéL’aide de camp de l’ancien président de la Transition, Aboubacar Sidiki Camara, dit De Gaulle, a rejoint sa dernière demeure le vendredi 18 octobre, au cimetière de Cameroun au quartier Camayenne, sans les honneurs militaires. Après plusieurs semaines de combat contre une maladie qu’il aurait contractée lors de son incarcération dans l’affaire dite du 19 juillet,  De Gaulle est parti le cœur « plein d’amertume » si on croit aux propos de Mohamed Soumahoro, son cousin que Guineematin.com a rencontré.

Selon ses proches, le commandant ne cessait de parler des deux jeunes qui ont été arrêtés le 20 juillet 2011 avec lui, au moment où ces derniers l’accompagnaient à son domicile par moto.
Pour monsieur Soumahoro, la justice doit faire son travail et libérer ceux qui sont innocents tout en condamnant les coupables. « Je suis navré de voir ce qui se passe dans mon pays. Depuis l’indépendance, les gens meurent, ceux qui ont donné leurs vies pour la nation sont toujours mal récompensés dans ce pays. Le commandant est mort, et je suis sûr que son jour était arrivé. Personne au monde ne peut changer le destin d’un homme. Mais, c’est que je sais, seule la justice divine est irréversible, seul Lui peut condamner les gens à la hauteur de leur forfaiture. Le commandant est mort, mais ce que je sais, un souci a précipité sa mort», a-t-il laissé entendre.

«  Depuis sa sortie de prison, De Gaulle ne mangeait pas un plat sans poser la question si ces deux jeunes arrêtés avec lui ont eux à manger. Il avait toujours le souci de ces deux jeunes innocents qui ont été arrêtés avec lui. Leur crime a été d’être avec le commandant au mauvais endroit et au mauvais moment. Ces deux jeunes  accompagnaient le commandant à la maison sur une moto, parce que le lendemain de l’attaque il y avait assez de check-points dans la ville ce jour. Le comandant revenant d’un voyage à l’intérieur du pays s’est rendu à son unité pour se mettre à la disposition de son unité pour défendre la nation menacée. Une fois arrivé, son commandant d’unité lui a demandé de rentrer se reposer, parce qu’il revient d’un long voyage de l’intérieur du pays », rapporte le cousin de l’ex aide de camps du général Sékouba Konaté.
Poursuivant son intervention, M. Soumahoro a souhaité que la justice militaire soit enfin fonctionnelle pour juger les gens qui croupissent en prison dans cette affaire du 19 juillet. « Depuis longtemps la justice militaire a été créée, mais jusqu’à maintenant elle n’est pas fonctionnelle. Je demande à l’autorité compétente  de mettre en place cette juridiction pour qu’enfin justice soit faite dans cette affaire », a souhaité M. Soumahoro.
Il faut rappeler que de nombreux officiers militaires croupissent en prisons dans cette affaire, dont l’ancien chef d’Etat major général de l’armée, le général Nouhou Thiam, également un proche du général Konaté. Ces nombreux détenus attendent toujours leurs procès. Certains parmi ces détenus sont déjà morts, sans jugement. A l’image du Colonel Aidor Bah, mort aussi des suites de maladie.

 Abdoulaye Oumou pour Guineematin.com

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