Elhadj Safioulaye Bah, préfet de Labé

Le gouverneur de la Région Administrative de Labé, Sadou Keïta semble avoir échoué, pour la première fois, dans sa médiation entre le plaignant, Elhadj Mamadou Bhoye Diallo, ressortissant de Garambé à Conakry et le préfet Elhadj Safioulahi Bah, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Ce dossier qui fait couler beaucoup d’encre et de salive a été évoqué pour la nième fois par le Tribunal de Première Instance (TPI) de Labé en son audience correctionnelle du mercredi, 14 mars 2018, avant d’être reporté encore à deux semaines, c’est-à-dire, au 28 mars prochain, à la demande du prévenu, Elhadj Safioulahi Bah, en raison, dit-on, de l’absence des avocats de la défense.

L’on se rappelle qu’il y a deux semaines, le plaignant Elhadj Mamadou Bhoye Diallo avait accepté un report à ce mercredi, 14 mars 2018, pour donner une chance à une médiation du gouverneur de la Région Administrative (RA) de Labé, Sadou Keïta.

Pour atteindre cet objectif, il s’était abstenu de verser la caution de 3000.000 de francs guinéens qui avait été fixée par le Tribunal de Première Instance de Labé pour la tenue de ce procès.

Tout semblait donc aller sur des roulettes quand le processus de règlement à l’amiable s’est bloqué d’un trait. Il semble que l’une des parties a émis des réserves sur la participation d’un acteur de la société civile locale à ce cadre de concertation. L’intéressé, jugé très proche du correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée, est accusé d’être une taupe de votre quotidien en ligne autour de la table de négociation.

Face au blocus ainsi créé par ces appréhensions qui sont du reste non fondées, le plaignant a fini par verser au greffe du Tribunal la caution de consignation qui était exigée par le parquet pour la tenue effective de ce procès dans le cadre d’une citation directe.

En plus, il a recruté 4 avocats pour l’assister dans les débats devant le Tribunal de Première Instance de Labé : Maître Amadou Kourouma, Maître Pépé Antoine Lamah, Maître Alpha Ibrahima Barry et Maître Mansa Bori Camara.

Ainsi, à l’ouverture de l’audience correctionnelle de ce mercredi, 14 mars 2018, le juge chargé du dossier, Aboubacar Thiam a commencé par s’adresser à la presse locale massivement mobilisée pour fixer l’évènement.

« Les journalistes ne doivent ni enregistrer, ni photographier. Vous pouvez photographier la Cour ou me photographier moi. Mais, pas monsieur le préfet » a-t-il signifié avec beaucoup d’insistant.

Nous avons personnellement rassuré le juge que la consigne sera strictement respectée par les journalistes présents dans la salle d’audience.

C’est en ce moment que le prévenu, Elhadj Safioulahi Bah, préfet de Labé a demandé un report de deux semaines, en raison de l’absence de ses avocats. Dans son plaidoyer, il a expliqué qu’à cause des récents évènements de Conakry, un de ses avocats a vu sa voiture caïllassée.

Mais ses arguments ne semblaient pas rassurer : « c’est l’Agence Judiciaire de l’Etat qui met les avocats à ma disposition » a-t-il précisé lorsque le juge Aboubacar Thiam s’est étonné de savoir que le prévenu ne semble pas connaître les noms de ses avocats.

Sur la question, les avocats de la partie civile ont tour à tour attiré l’attention de la Cour qu’aucun n’a encore contacté le Tribunal par écrit ou par téléphone en vue d’annoncer sa constitution pour défendre les intérêts de l’accusé, Safioulahi Bah.

Pour justifier leur opposition à tout report, Maître Pépé Antoine Lamah, Maître Alpha Ibrahima Barry et Maître Mansa Bori Camara ont expliqué que ce n’est pas évident que les avocats de la défense viennent aussi à Labé : « l’Agence Judiciaire de l’Etat paye mal ses avocats. Elle donne 500.000 francs guinéens par dossier. Aucun avocat ne peut abandonner ses affaires à Conakry et venir à Labé à cause de 500.000 francs guinéens » ont-ils indiqué.

Maître Alpha Ibrahima Barry a également insisté sur le fait que les avocats de la défense ne peuvent qu’assister leur client : « ils ne parlent pas à la place du prévenu. Nous pouvons donc commencer les débats pour ne pas qu’on continue d’abuser de votre Tribunal, après avoir abusé de son autorité.»

Interrogé sur la question, le Ministère Public représenté par Monsieur Malick Marcel Oularé a expliqué se remettre à la sagesse du Tribunal : « nous nous sommes prêts si vous décidé d’ouvrir les débats. Mais, nous ne sommes pas opposés à un report.»

Finalement, le juge chargé du dossier, Aboubacar Thiam, a décidé d’un ultime report au 28 mars 2018. Le préfet de Labé, Elhadj Safioulahi Bah ayant promit de prendre des dispositions pour faire venir ses avocats personnels si jamais l’Agence Judiciaire de l’Etat ne réagissait pas comme il le souhaite.

De Labé, Idrissa Sampiring Diallo pour Guineematin.com

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