Bah Oury, Mandian Sidibé, Dakar, SénégalL’opposant le plus craint du régime Alpha Condé était à Dakar, au Sénégal ce weekend. Bah Oury y était notamment pour ‘’sensibiliser’’ les institutions onusiennes sur la situation qui prévaut dans notre pays. Egalement, la bête noire du pouvoir guinéen a révélé, lors d’un meeting, que des enquêtes discrètes des institutions financières internationales sont menées sur la surprenante affaire de transfert des vingt millions de dollars US qui avaient fait l’objet de polémiques entre la douane sénégalaise et Conakry.

La restitution de ce meeting animé hier, dimanche 26 octobre 2014, par l’opposant exilé en France est faite ici par notre cher ami et confrère, Mandian Sidibé, lui aussi menacé et exilé du régime Alpha Condé…

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose le compte-rendu de Mandian sidibé : Bah Oury, vice-président de l'UFDG

En séjour à Dakar, depuis le mardi 21 Octobre 2014, le Vice-Président de l’UFDG, Bah Oury, a animé, ce Dimanche 26 Octobre 2014, un meeting à l’Esplanade du siège de la Commune de Médina (Dakar), devant une foule immense de Guinéens en liesse, avec à la clé une animation sustentée de sonorités distillées à la gloire de l’UFDG  et de son dynamique Président El Hadj Cellou Dalein Diallo. Ce fut l’occasion pour l’ancien ministre de la Réconciliation Nationale, en présence de son ami Sidy Sam (Responsable du parti présidentiel sénégalais, APR, dans la commune de Médina, venu honorer la cérémonie de sa présence) de s’offusquer de l’assassinat du Président de la Section Motard de sa formation politique, non sans pointer un doigt accusateur vers Alpha Condé et son gouvernement. Pour l’opposant exilé en France, cet acte macabre est la pire provocation doublée d’un message de test du pouvoir dictatorial de Conakry à l’adresse de toute l’opposition guinéenne en général et de l’UFDG en particulier.

Après l’entame de la cérémonie par des prières, l’observation d’une minute de silence à la mémoire de feu El Hadj Amadou Oury Diallo, la présentation des officiels et des sages ayant effectué le déplacement, Bah Oury, sous les ovations nourries du public, de marteler : « Plus grave qu’une simple provocation, l’assassinat d’El Hadj Amadou Oury est un signal fort, un message de test de Monsieur Alpha Condé adressé à toute l’opposition guinéenne, mais singulièrement à l’UFDG. En décryptant ce message inique de Monsieur Alpha Condé, il faut comprendre que si l’assassinat d’El Hadj Amadou Oury reste impuni et sans réaction conséquente de l’opposition et de l’UFDG, ce serait donner davantage carte blanche à cette bande de sanguinaires et de mauvais gouvernants de foncer tout droit vers des élections truquées, pourquoi pas d’autres atrocités pour enraciner au mieux un pouvoir dictatorial déjà aux abois. Il est temps que les Guinéens prennent leur destin en mains pour imposer la démocratie, la paix, l’unité nationale, le développement et la sérénité dans notre pays. Il faut absolument que nous répondions conséquemment à cette énième provocation puisque nos militants ne sont pas des moutons qu’il faut abattre sauvagement sans autre forme d’enquêtes ni de procès ».

Répondant aux questions des médias et de certains militants de son parti, le Vice-Président de l’UFDG, Bah Oury, relativement à une kyrielle de questions d’intérêt national, notamment le laxisme des autorités guinéenne dans la lutte contre Ebola, la cargaison de devises saisie par la douane sénégalaise, la dégradation des relations séculaires d’amitié, de voisinage, de fraternité et de collaboration entre la Guinée et le Sénégal, le refus ostentatoire du pouvoir de Conakry d’autoriser l’atterrissage du vol spécial affrété par l’Etat sénégalais pour ramener notre compatriote guéri du virus maudit Ebola, le sabotage du processus électoral par Monsieur Alpha Condé et son gouvernement et le chavirement de l’embarcation qui a endeuillé plus d’une quarantaine de familles à Forécaréah.

« L’opération portant sur le transfert de devises n’est plus ni moins qu’un blanchiment d’argent. Cette opération très opaque ouvre la brèche sur bien des activités dangereuses, notamment le narcotrafic. La quasi-totalité des institutions financières internationales s’attèlent actuellement à mener des enquêtes discrètes sur cette affaire. Les réactions tardent à cause de la grave crise sanitaire qui sévit en Guinée. Ce qui est loin de dire que ce dossier est déjà classé. Loin s’en faut. C’est inadmissible et inacceptable qu’une telle somme sorte de notre pays au moment où nous enregistrions des centaines de morts par le virus Ebola et la pauvreté accrue. Justement, l’un des motifs de ma présence à Dakar était de rencontrer les instances onusiennes basées au Sénégal pour leur dire que l’heure est grave en Guinée en ce qui concerne la présence de ce virus qui fait des ravages, alors que le gouvernement se refuse à agir conséquemment. J’ai alors exhorté toutes institutions et autorités rencontrées à Dakar à voler au secours de mon pays dans la lutte contre Ebola. D’aucuns disent que la Guinée est maudite par Dieu. Une telle affirmation constitue une insulte grave à notre pays. C’est avec tristesse et angoisse que nous constatons tous les malheurs imposés à notre pays par le fait de la mal gouvernance. Comment peut-on imputer à Dieu la mort tragique de plus de 43 personnes dans un chavirement de pirogue ? Cela s’explique tout simplement par le manque d’investissement. C’est vrai que je m’inscris pour la tenue à bonne date de l’élection présidentielle, mais à condition que celle-ci soit précédée des élections communales et communautaires, sinon ce serait donner un quitus au pouvoir de frauder avec ses nommés locaux», avertit Bah Oury.

La cérémonie qui a duré plus de deux heures d’horloge a pris fin aux alentours de 19 heures par des prières dites pour la paix, le succès de la lutte contre Ebola, la prospérité et la concorde dans notre pays. A préciser que le Vice-Président de l’UFDG, Bah Oury, au terme d’un séjour bien rempli, quittera Dakar, ce lundi 27 Octobre 2014, dans la soirée, à bord d’un vol régulier d’Air France, à destination de Paris.

Mandian SIDIBE, Journaliste en exil forcé à Dakar

 

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