Dadis CamaraCe lundi 11 mai 2015, l’ancien chef de la junte militaire guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara a officiellement annoncé sa candidature aux élections présidentielles du 11 octobre 2015. Retenu en exil à Ouagadou depuis qu’il a perdu le pouvoir à Conakry, Moussa Dadis Camara a, également annoncé son désir de rentrer au pays.

Pour savoir comment réagissent les victimes du régime de Dadis Camara, notamment du massacre du 28 septembre 2009, Guineematin.com a joint au téléphone Madame Asmaou Diallo, la présidente de l’Association des Victimes, Parents et Amis du 28 Septembre (AVIPA). Comme on le sait, c’est pour ce combat des droits humains qui vise à rendre justice aux victimes du 28 septembre 2009 que madame Asmaou Diallo est pressentie pour être la lauréate de cette année (2015) du Prix Martin Ennals, un prix décerné aux défenseurs des droits de l’Homme dans le monde.

Très à l’aise sur cette question qu’elle maîtrise parfaitement, la présidente de AVIPA estime que le retour de Dadis Camara est une bonne chose pour l’accélération de ce dossier. Elle a par exemple rappelé qu’une commission rogatoire devrait interroger Dadis à Ouaga et que si l’homme vient à Conakry, cela devient encore plus facile pour la justice.

Parlant de l’engagement politique de l’ancien putschiste, madame Asmaou Diallo ne trouve pas d’inconvénients si l’homme est déclaré non coupable par la justice. Soucieuse de la justice pour les victimes du 28 septembre, la présidente de l’AVIPA rêve de voir Toumba Diakité également revenir à Conakry pour que les Guinéens connaissent enfin la vérité de ce massacre et que justice soit rendue.

Ainsi, madame Asmaou Diallo souhaite que le gouvernement rassure être prêt à assurer la sécurité de Toumba Diakité pour que ce dernier puisse ainsi rentrer au pays afin de faire face à la justice. Car, contrairement à Toumba Diakité, la présidente de l’association des victimes préfère que le dossier soit jugé par la justice guinéenne pour donner la chance au maximum de victimes d’y participer. « C’est seulement si la justice guinéenne se dit incompétente qu’il va être transféré à la CPI », rappelle la combattante des droits humains en Guinée.

A rappeler que le capitaine Moussa Dadis Camara s’est emparé du pouvoir laissé vacant au sommet de l’Etat guinéen par la mort du général Lansana Conté, le 23 décembre 2008. Disant ne pas s’intéresser à l’exercice du pouvoir et annonçant des réformes souhaitées par la majorité de ses compatriotes, la junte du CNDD a vite bénéficié du soutien des Guinéens. Mais, au fil du temps, l’homme a pris goût et laissé annoncer une volonté de s’accrocher au pouvoir en laissant planer une possibilité de ses présenter aux élections. C’est ainsi que les opposants et la société civile ont organisé un grand meeting pour exiger son départ du pouvoir. On connaît la suite !

Nouhou Baldé

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