Faya MilimonoEn attendant la rencontre entre le chef de l’Etat, Alpha Condé, et le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Daillo, Guineematin.com a contacté au téléphone, ce matin du lundi 29 août 2016, le président du Bloc Libéral, Docteur Faya Millimono. Dans notre entretien, l’opposant a livré ses attentes, avec plusieurs « Si » et des « mais »…

Décryptage !

Je ne connais même pas l’objet et je ne sais pas c’est quand ; mais, s’il y a attente, je souhaite que cette rencontre permette à la Guinée de fonctionner désormais comme un pays normal. Que les lois et les accords soient respectés. Que l’injustice s’arrête. Que la mal gouvernance que nous constatons avec ses corollaires s’arrête. Tout cela constitue des revendications importantes de l’opposition.

Au de-là, il y a des revendications d’ordre politique comme par exemple l’assainissement du fichier électoral qui n’est pas aujourd’hui un fichier biométrique. En Guinée, contrairement à tous les autres pays, nous avons des lexiques. Nous sommes complètement différents des autres. Un fichier est biométrique lorsqu’il n’y a pas  de doublon à l’intérieur. Sur le nôtre, on peut compter sept à huit fois une seule personne. Donc, ça ce n’est pas un fichier biométrique fiable. La CENI qui a démontré ses limites devait être changée depuis quelques temps puisque les accords l’ont dit. Mais, apparemment, même ce dossier ne semble pas évoluer.

L’autre aspect, il n’y a aucune enquête pour savoir qui a tué les manifestants pacifiques. A la suite de la dernière manifestation, nous avons cru savoir que si l’Etat a la volonté, elle peut mettre la main sur ceux-là qui tuent les manifestants pacifiques. Et, nous avons pu nous rendre compte aussi que contrairement aux contre-vérités qu’on a l’habitude de dire, les agents des forces de l’ordre sont effectivement armés quand ils vont faire semblant d’encadrer les manifestations. Tout cela constitue des dysfonctionnements majeurs qui menacent la paix sociale dans notre pays et qui l’enfoncent dans la pauvreté.

Si à cette rencontre, le Président de la République, interpellé par l’opposition, à travers Elhadj Cellou, prend conscience de la nécessité de redescendre sur terre pour diriger la Guinée comme un Etat, je crois que ça aura été quelque chose de positif. Mais, dans un pays comme le nôtre, et vu ce que nous avons vécu ces dernières années, avoir des attentes que je viens de citer, c’est un peu rêver débout. Moi, je ne rêve pas débout.

Propos recueillis et décryptés par Mamadou Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

 

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