Ce jeudi, 16 février 2017, des jeunes et des femmes se réclamant de la société civile ont pris d’assaut la salle de la commission des Lois de l’Assemblée nationale au Palais du peuple a constaté Guineematin.com à travers deux de ses reporters.

Conduite par Mme Binta Nabé de la CONAG-DCF, Gabirel Haba, et Diénabou Bah respectivement chargé de communication et responsable des questions genres du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSC) d’un côté et de l’autre Ahmed Sékou Traoré du Forum citoyen, la foule a été reçu par l’H. Mamady Kandé, Président de la Commission des Lois entouré de ses collègues députés et des consultants indépendants.

Dans un brouhaha indescriptible, la foule se montrant divisée aussi bien sur le nom des interlocuteurs que des messages portés, a été introduite par la présidente de la CONAG-DCF, Binta Nabé suivie des trois autres personnes citées ci-haut.

Selon Mme Nabé, « l’objectif de la rencontre avec les députés est de venir présenter des doléances en vue d’une meilleure prise en compte des préoccupations des femmes en matière électorale. Nous voulons, comme dans les autres pays, demander la parité homme-femme dans les listes de candidats. Nous voulons 50% de femmes et 50% d’hommes dans les listes de candidats lors des élections à venir ».

Même son de cloche pour dame Diénabou Bah du CNOSC : « Nous demandons aux députés d’améliorer notre code électoral qui prévoit 30% de femmes sur les listes de candidats. Ce taux est faible et nous voulons le porter à 50%, donc à égalité avec les hommes et de façon alternée ».

Gabriel Haba va dans le même sens en plaidant à ce que les candidatures indépendantes soient les seules autorisée pour les élections à la base, tandis que Sékou Traoré dit l’opposition du mouvement citoyen « au point deux de l’accord politique et relatif à la désignation des chefs de quartiers et districts du pays. Nous vous demandons de ne pas l’adopter et surtout éviter de politiser la base », lance t-il.

En réponse, l’Honorable Ousmane Gaoual Diallo, a nom de la commission des Lois «  a rassuré les femmes que leurs préoccupations sont prises en compte ». Il précisera qu’à « la veille, nous avons intégré cette disposition et en ce qui concerne les revendications du forum citoyen, nous en prenons acte. Ici, c’est la commission, on ne vote pas la loi. Après ici, il y aura l’inter commission avant la plénière. C’est à la plénière de voter. Ici, nous, nous donnons notre avis sur le texte qu’on nous soumet ».

Une réponse appuyée par le Président de la commission, Mamady Kandé qui a voulu être rassurant face aux menaces proférées par les uns et les autres. « La doléance ne signifie pas ni injonction ni exigence et seule l’Assemblée peut donner satisfaction à cette demande », a-t-il lancé à la foule partagée entre révolte et division de ses membres.

Le Président de la majorité présidentielle, Amadou Damaro Camara pour sa part, a réitéré la disponibilité des députés à examiner ses revendications avant d’insister sur leur droit de vote que personne « ne doit les imposer ». Il a regretté de passage les altercations qui ont sanctionné cette rencontre et précisé la voie à suivre qui passe par le dépôt de pétitions au Parlement.

Au finish, les protestataires sont sortis de la salle chacun dans sa logique pour faire le compte-rendu à la presse et non sans dénoncer l’autre partie. Pour le CNONSC, « ce mouvement est spontané et vise à sensibiliser les députés pour une meilleure représentativité des femmes ». Ce que ne partage pas forcément Sékou Traoré, accusé d’être envoyé par des partis politiques. Pour lui « le CNOSC a failli à son devoir pour avoir signé l’accord politique du 12 octobre ».

Il promet une mobilisation le lundi prochain, jour prévu pour l’adoption du code électoral amendé.

Pour l’heure, et selon une source bien informée, le nouveau code intègre textuellement le point 2 du dialogue politique relatif au mode de désignation des conseils de districts et de quartiers au prorata des résultats obtenus par liste de candidats aux élections communales.

Depuis l’Assemblée nationale, Abdallah Baldé et Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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