Le général Sékouba Konaté, ministre de la défense et le Moussa Dadis Camara, chef de la junteÀ l’occasion d’une conférence de presse animée hier, samedi 27 septembre 2014, des représentants des victimes et des organisations de défense des droits de l’Homme ont exigé que justice soit maintenant rendue pour les victimes des massacres du 28 septembre 2009, a assisté une équipe de Guineematin.com à la maison de la presse, à Conakry.

Tout d’abord, c’est monsieur Abdoul Gadiri Diallo de l’OGDH qui a planté le décor et rappelé que les crimes du 28 septembre 2009 sont toujours actuels. Puis, Mme Bah, une veuve et membre de l’Association des Familles et Amis de Disparus du 28 septembre 2009 (AFADIS) a lu une liste des disparus dont on est toujours sans nouvelles, avant les interventions de Mme Asmaou Diallo, présidente de l’Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (AVIPA), de Maître Bassirou Barry, un des avocats des victimes et de Mme Souhayr Belhassen, la présidente d’honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH).

Le cas Dadis Camara et la commission rogatoire

Selon Abdoul Gadiri Diallo de l’OGDH, on n’a pas trop à polémiquer sur le fait que des juges burkinabé aient entendu Moussa Dadis Camara dans un premier temps. « Au nom de l’universalité du droit, que Dadis soit entendu par des juges guinéens ou étrangers, il n’y a pas de grande différence », fait-il remarquer.

Mais, la présence de l’ancien chef de la junte guinéenne est de plus en plus réclamée à Conakry pour se confronter à la justice guinéenne. « La commission rogatoire, c’est quand le juge du pays est dans l’impossibilité de convoquer l’intéressé », a dit l’avocat, Maître Barry, avant de faire observer qu’il n’y a non seulement pas d’impossibilité de convoquer le capitaine Dadis Camara à Conakry, mais il y a des coûts financiers aussi qui plaident pour une invitation de l’ancien chef de la junte à Conakry : « que 3 juges quittent la Guinee pour Ouaga ou que notre compatriote quitte Ouaga pour Conakry… »

Le cas Toumba Diakité et l’inertie de la communauté internationale

Si beaucoup de Guinéens et observateurs internationaux se posent des questions sur les raisons profondes du retard de jugement du dossier du 28 septembre par le régime Alpha Condé- pourtant membre de l’opposition qui avait organisé le meeting ce jour- c’est surtout l’inertie de la communauté internationale sur le cas particulier de Toumba Diakité que les défenseurs des droits humains ne comprennent pas.

Dans sa communication, comme lors d’une interview exclusive accordée à Guineematin.com, Mme Souhayr Belhassen, la présidente d’honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), a dit attendre de la communauté internationale une meilleure collaboration sur le cas Toumba Diakité, qui est mis en cause par un rapport des Nations Unies, mais qui continue d’accorder des interviews à certains médias, notamment internationaux. Pour la présidente d’honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), Toumba Diakité doit maintenant être arrêté pour répondre aux accusations portées contre lui. « Il est extrêmement urgent d’entamer une stratégie de clôture du dossier du 28 septembre », dit Mme Belhassen, rappelant qu’il y a eu un long temps mort dans ce dossier.

Le refus du général Sékouba Konaté de répondre devant les juges guinéens : l’honnêteté de l’ancien président de la transition mis en cause…

C’est Thierno Abdoul Gadiri Diallo de l’OGDH qui a rappelé le contexte de la mise en place du pool de juges chargés du dossiers du 28 septembre 2009. Pour monsieur Diallo, il est d’abord important de dégager la responsabilité du régime actuel à la mise en place de ce pool de juges. « Le pool de juges avait été mis par le gouvernement de la transition dirigé par le général Sékouba Konaté », rappelle le responsable de l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme et des citoyens (OGDH), précisant que les questions de confiance aux juges, invoquées par Konaté, ne pourraient longtemps prospérer. « Qu’on ne crache pas sur le pays qu’on a eu à diriger, même si c’est pour deux mois », conseille finalement Abdoul Gadiri Diallo à l’ancien ministre de la Défense au moment des crimes du 28 septembre.

Bref, parmi les avancées, les défenseurs des droits humains ont salué les auditions de l’ancien ministre des Sports et le directeur du stade, qui avaient un moment refusé de se plier aux injonctions de la justice, mais qui ont fini par répondre, convoqués qu’ils ont été par voie d’huissier… « Les autorités actuelles auraient plus à gagner en déchargeant les personnes citées dans ce dossier », conseille monsieur Diallo de l’OGDH, parlant des mis en cause encore dans les hautes sphères de l’Etat.
Nouhou Baldé

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