Dans la journée d’hier, lundi 20 novembre 2017, le chef de file de l’opposition guinéenne a bouclé son périple de 4 jours dans la région de Kindia. Avant de regagner Conakry tard la nuit, Cellou Dalein Diallo a été reçu successivement à la mairie de Kindia par le président de la délégation spéciale, Abdoulaye Bah, puis au quartier Banlieue par l’imam, Elhadj Karamba Diaby, au siège de la coordination Haaly Pular, chez le Sotikèmo de Kindia, Elhadj Damo Camara, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com à Kindia.

Reprenant la route de Conakry, le président de l’UFDG et sa suite ont été réceptionnés dans la sous-préfecture de Friguiagbé par une foule en liesse, puis à la commune rurale de Gbinkili et enfin au carrefour Débélé.

Dans son message, Cellou Dalein Diallo a appelé les populations à resserrer leurs liens et surtout à « sanctionner dans les urnes le Président Alpha Condé qui a instauré la division entre les communautés ».

Guineematin.com vous propose le décryptage de l’intégralité de son discours adressé aux populations de Débélé, massivement mobilisées.

Décryptage !

Il faut qu’on sanctionne le RPG, il a trop fait mal à la Guinée. Il faut sanctionner Alpha Condé, il vous a promis, il n’a rien réalisé. Depuis 2010, il ne fait que promettre. A chaque élection, il envoie ses ministres qui se sont enrichis sur le dos du peuple avec des grosses cylindrées, ils renouvellent les promesses ; mais, jamais de réalisation.

Aujourd’hui, est-ce que les jeunes ont de l’emploi ici ? Est-ce que les infrastructures routières sont en bon état ? Est-ce qu’il y a plus de sécurité ? Tous les jours, on abat quelqu’un à Kindia, sur la route où dans son domicile. Est-ce qu’on peut continuer à accepter cela ? La politique n’est pas une religion, il faut sanctionner Alpha Condé, il n’est pas à la hauteur de la fonction présidentielle. Nous ne voulons plus entendre que celui-ci, c’est le peulh, c’est le soussou, c’est le malinké, nous voulons qu’on mette en avant le citoyen guinéen dont les droits seront inviolables. Il faut que tous les citoyens guinéens soient égaux devant la loi et devant les biens communs. Il faut qu’on travaille pour la promotion de la fraternité entre les fils du pays, de la solidarité entre les régions et qu’on arrête le tribalisme, l’ethnocentrisme, la haine et la violence et que nous vivions dans l’amitié, la fraternité et dans la confiance. Il faut qu’on sanctionne Alpha Condé pour avoir tenté et parfois réussi à diviser les guinéens en soussou, en malinké, en peulh, nous ne voulons pas ça.

Nous voulons un président de tous les guinéens qui aura le souci de l’unité de la nation, le souci de fraternité entre les fils du pays, le souci de la sécurité de chaque fils et de chaque fille de notre pays. Quelqu’un qui aura le souci du bien être de tous les guinéens sans discrimination de race, d’ethnie, de religion ou d’appartenance politique ; il y a le guinéen, un point, un trait. Il n’y a pas le guinéen RPG, il n’y a pas le guinéen UFDG, il y a le guinéen dont les droits doivent être défendus par le gouvernement, les institutions, la justice. Mais, le citoyen que vous voyez ici aujourd’hui, s’il n’est pas du RPG, il n’est plus citoyen, nous ne voulons plus de ce pouvoir.

C’est à vous de sanctionner ce pouvoir en votant déjà le 4 février pour l’UFDG pour complètement balayer les représentants du RPG à la base pour qu’en 2020, nous puissions accéder au pouvoir, réconcilier les guinéens, développer le pays, promouvoir la fraternité, le droit, la justice, l’égalité entre les fils du pays pour que nos femmes souffrent moins, qu’elles aient une place dans la société, pour que notre jeunesse trouve de l’emploi, que les sages pratiquent la religion conformément à ce qui est dit parce que le pouvoir veut les corrompre toujours, les pervertir. Il faut qu’il y ait un pouvoir qui les aide à pratiquer l’islam dans le respect des règles, de la loi et de la dignité de chacun.

Il faut qu’on arrête la corruption. La corruption détruit l’homme parce qu’il renonce à la vérité, il renonce parfois à l’islam pour dire ce qui plait au chef. Il faut qu’on arrête cela. Nos sages musulmans doivent être au dessus des partis, interpeller le gouvernement lorsqu’il viole la loi et les droits des citoyens. C’est ça qu’on attend des religieux. Ce ne sont pas des gens qui vont aller se prosterner devant le pouvoir pour dire donnez-moi du riz, de l’argent je vais aller faire votre promotion. Nous ne voulons plus de cela. Nous voulons des religieux libres, indépendants qui défendent la vérité en toute circonstance, en toute honnêteté. C’est ce qui peut aider à l’unité de la nation.

Propos recueillis et décryptés par Alpha Assia Baldé, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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