Me Salif Béavoqui, avocat de la défense, procès sur le drame de Rogbané

Me Salif Béavoqui, avocat de la défense, procès sur le drame de Rogbané

A la deuxième journée du procès sur le drame de Rogbané (qui se poursuit à Kaloum), les avocats de la défense réclament la comparution du patron de la gendarmerie, le général Ibrahima Baldé, ainsi que de l’ancien gouverneur de Conakry, Sékou Resco Camara et les ministres actuels des Sports, Domani Doré et son homologue du Tourisme, Moussa Condé, Tata Vieux.

Le passage (en cours) de Levis Saint Etienne, ancien chef du quartier de Taouyah, est à fois émouvant et révélateur de plusieurs aspects du drame du 29 juillet 2014 à la plage de Rogbané, où 34 jeunes ont perdu la vie.

Très ému, presqu’en sanglot, monsieur Levis Saint Etienne a retracé des échanges téléphoniques avec le premier responsable de la gendarmerie guinéenne, le général Ibrahima Baldé.

Pour ce responsable local (limogé et emprisonné suite au drame), le général Baldé l’aurait appelé à 18 heures (avant le drame) pour le prévenir du danger qui s’annonçait, puis l’aurait rappelé à 20 heures après le drame pour dire qu’il l’avait prévenu… Des détails et bien d’autres qui ont poussé ses avocats à accuser le patron de la gendarmerie de « préméditation » sur ce drame. Pour les avocats de la défense, l’officier supérieur doit s’expliquer au cours de ce procès…

Sur la sécurisation du concert, « Les organisateurs ont organisé la sécurité de l’évènement jusqu’à la fin. S’il y a eu faille, c’est du côté de la gendarmerie, parce que ce sont eux qui sont qualifiés en la matière… », a notamment accusé l’ancien chef du quartier Taouyah.

Interrogé sur les supposées noyades qui auraient été enregistrées, Levis Saint Etienne a balayé cette affirmation d’un revers de la main. Pour lui, lorsque quelqu’un se noie, il faut 24 heures pour que le corps revienne à la berge. Alors, à Levis Saint Etienne de poser une question : « Qui a vu un corps cette nuit ? ». Ne cherchant pas une réponse, l’ancien premier citoyen de Taouyah déduit : « Ce n’est pas possible. Je suis né dans ce quartier, je sais comment ça se passe »…

Le commandant de bataillon Sékou Resco Camara, ancien gouverneur de la ville de Conakry et les ministres, Domani Doré et Tata Vieux également sollicités.

Les questions sur l’ancien chef du quartier de Taouyah ont soulevé une autre problématique : la fermeture ou non des plages « tait-elle effective au moment des faits ? Pour les avocats de la défense, l’ancien gouverneur de la ville de Conakry et les ministres des Sports et du Tourisme doivent venir témoigner de la fermeture ou de l’ouverture des plages, à la date du 29 juillet 2014. Pour Resco Camara, en tant que signataire de ladite décision ; et, pour les ministres, en tant que participants à un autre évènement qui s’est déroulé sur la même plage où ils ont été parmi les participants…

Enfin, le procureur et la partie civile se sont opposés à la demande de mise en liberté provisoire des détenus. L’audience a été suspendue (à 18 heures 40 minutes) et reprendra à 10 heures, demain, mercredi 24 décembre 2014.

De la Cour d’Appel de Conakry, Yacine Sylla et Abdoulaye Oumou, envoyés spéciaux de Guineematin.com

 

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