Khalifa Gassama Diaby, ministre guinéen des Droits de l'Homme et des Libertés PubliquesA l’occasion d’une conférence de presse tenue dans la salle de conférence de son département, dans l’après midi d’hier,  lundi 29 décembre 2014, le ministre des Droits de l’Homme et des Libertés Publiques, Khalifa Gassama Diaby, a dressé le bilan annuel de son département, en présence de plusieurs cadres de son département, a assisté Guineematin.com

A l’entame, le ministre Kalifa Gassama Diaby a indiqué que la rencontre visait à décliner les activités qui ont été menées par son département courant 2014. Mais aussi revenir sur un certain nombre de questions d’actualité.

Pour lui, depuis l’indépendance de notre pays, les régimes ou gouvernements qui se sont succédé ont adhérés à un certain nombre d’instruments juridiques internationaux, mais aussi des normes internes qui consacrent les principes essentiels en matière des droits humains : « On a constaté que ces différents gouvernements ou régimes, n’ont pas été à mesure de placer la problématique des droits de l’Homme au cœur de la préoccupation nationale », a-t-il déploré.

Pour le ministre Gassama Diaby, notre pays a donc un passif socioculturel et politique assez négatif en matière de droits de l’Homme : « C’est notre héritage. Il est social, culturel, historique et politique », précise t-il.

Revenant sur le bilan de son département durant l’exercice 2014, le ministre des Droits de l’Homme et des Libertés Publiques a souligné que malgré les conditions de travail très difficiles, son équipe et lui ont fait preuve de patriotisme et ont montré leur volonté de travailler pour la Guinée.

« Nous avions un axe conjoncturel qui doit se résumer autour de la lutte contre les formes de violences, contre l’impunité, les arrestations et les détentions illégales. Autrement dit, autour des comportements contraires aux principes de l’Etat de droit. Nous avons travaillé sur l’immédiateté, sur l’actualité afin de corriger lorsqu’il y a lieu, des attitudes ou des comportements qui ne sont pas conformes aux principes de l’Etat de droit et par conséquent aux principes universels relatifs aux droits humains », explique Gassama Diaby.

Pour ce qui des activités réalisées durant 2014, le ministre Diaby a cité entre autres, les activités de monitoring dans les lieux de détention tant à Conakry que dans certaines préfectures à l’intérieur du pays ; la gestion dans le quotidien des recours formulés par des victimes de violation des droits de l’Homme à travers des détentions qui ne sont pas conformes aux principes juridiques ; la sensibilisation des militants des partis politiques sur la non violence pendant les manifestations publiques ;  des rencontres africaines et internationales sur les questions des droits de l’Homme ; etc.

Pour ce qui est des perspectives pour 2015, il a parlé de la poursuite du monitoring dans les lieux d’incarcération dans le pays ; la poursuite de l’étude de cas des citoyens détenus dans des commissariats et des gendarmeries pour faire en sorte que les régimes de détention de garde à vue respectent notre droit interne et les instruments juridiques internationaux pour qu’il n’y ait pas d’anomalies juridiques ; etc.

Revenant sur la question de la situation des Guinéens en Angola, le ministre des Droits de l’Homme a juste soutenu que c’est honteux et c’est inacceptable : « Les autorités angolaises sont souveraines. Seulement dans ce cas précis, elles devraient épargner ceux qui sont en situation régulière. Ceux qui ne le sont pas, soit elles essayent de régulariser leur situation, soit les rapatrier. Sinon, ce que es autorités angolaises ont fait, ou sont entrain de faire, c’est honteux, c’est inacceptable. C’est une violation des droits humains », a-t-il dénoncé.

Mamadou Alpha Baldé

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