Mouctar Diallo, président des NFDIl y a quelques jours, Guineematin.com avait été honoré de la visite de monsieur Mouctar Diallo, ancien ministre, député à l’Assemblée nationale et président des NFD (Nouvelles Forces Démocratiques). Et, le leader politique avait accepté de nous accorder une interview.

En attendant l’intégralité, Guineematin.com vous propose, ci-dessous, la première partie de cette interview.

 

Honorable Mouctar Diallo, bonsoir et merci d’avoir visité guineematin.com. Nous voudrions savoir quelles sont les nouvelles actuellement au-delà de Ebola, qu’est-ce que l’opposition fait actuellement ?

Ecoutez, je pense que Ebola est le principal sujet qui attire l’attention de l’opposition puisque l’opposition guinéenne est responsable. Elle s’intéresse au quotidien, aux problèmes des Guinéens. Aujourd’hui, Ebola est un problème crucial qui interpelle l’ensemble des Guinéens qui appelle à la mobilisation de tous les efforts, de toutes les énergies pour bouter hors de nos frontières, hors du continent, hors de la planète cette fièvre hémorragique à virus Ebola qui a déjà fait beaucoup de victimes, surtout en Guinée. Et, donc, c’est un sujet majeur.

 

On le comprend, ça a motivé la suspension de vos activités, notamment  les grands rassemblements. Qu’est-ce que vous faites en particuliers maintenant ?

Oui écoutez, vous parlez de l’opposition ?

 

Oui !

L’opposition continue sa réflexion en termes d’actions, en termes de stratégies, non seulement pour les élections locales, mais aussi les élections présidentielles. Et, nous sommes en train de voir comment nous organiser pour bien préparer ces élections pour les remporter. Mais, à côté de cela, nous ne voulons pas nous détacher du quotidien du Guinéen. Nous réfléchissons aussi pour proposer, comme on a toujours fait d’ailleurs,  des réflexions en vue de résoudre les problèmes concrets auxquels les Guinéens sont confrontés, notamment une synergie contre cette fièvre hémorragique à virus Ebola. Les problèmes cruciaux comme l’électricité, l’eau, les inondations que nous connaissons actuellement avec cette forte pluie, l’insécurité, le problème de chômage etc. Donc, l’opposition intègre tous les paramètres, tous les compartiments de la vie nationale dans ses réflexions, dans ses propositions et dans ses actions. Bien entendu que l’opposition parlementaire est en vacance parlementaire, même si certains députés sont sur le terrain pour constater les problèmes, les formuler en terme de proposition de lois ou en tout cas des dispositions à prendre au niveau de l’Assemblée en vue de leur résolution. Il y a l’opposition extra-parlementaire aussi qui est là, qui travaille. Personnellement, je me rends au Palais du Peuple [siège du parlement, NDLR], quelques fois pour travailler sur des propositions que je compte partager d’abord avec certains députés et déposer sur la table de l’Assemblée nationale. C’est pour dire que nous ne chômons pas et nous sommes actifs malgré cette période de forte pluie. Cette période d’Ebola, cette période de tous les problèmes, nous espérons que ça va aller.

 

Vous avez signalé quand même une différence entre l’opposition parlementaire et celle extra-parlementaire. On a appris récemment qu’il y a un problème entre ces deux groupes de l’opposition. Qu’est-ce qui se passe en réalité ?

Ecoutez ! Il y a toujours des difficultés. Même au sein d’un seul parti, il y a des difficultés, à fortiori, la réunion…

 

Mais, quand-même on a senti un éloignement de l’opposition extra-parlementaire ?

Vous savez, c’est la réunion de plusieurs partis politiques, de plusieurs sensibilités, de plusieurs visions, de plusieurs méthodes, de plusieurs stratégies. Bien entendu, l’opposition extra-parlementaire a suspendu pour l’instant sa participation aux activités de l’opposition républicaine, mais c’est momentané. C’est suite à un malentendu lié à l’organisation et au fonctionnement de l’opposition républicaine. Je partage le souci de l’opposition extra-parlementaire. D’ailleurs, j’ai toujours fait ces propositions pour que nous nous organisions, pour qu’il y ait des cellules de réflexions, pour qu’il y ait des organes en place, chargés de réfléchir sur des stratégies, chargés de travailler sur l’anticipation que nous devons faire pour être efficace face au pouvoir. C’est vrai qu’il y a des difficultés de fonctionnement, il y a un déficit organisationnel au sein de l’opposition républicaine, mais nous pensons qu’on va résoudre ça très rapidement et nous allons continuer la marche commune vers des objectifs importants d’enjeu national.

 

Des difficultés de fonctionnement, certains avaient dénoncé avant vous une sorte de dictature des anciens Premiers ministres. Est-ce que c’est votre sentiment aussi ?

Bon, écoutez ! D’abord, il faut être réaliste. Nous sommes tous des partis politiques au sein de l’opposition, mais nous n’avons pas le même poids. Je pense que cela est un paramètre à intégrer. C’est serait par exemple prétentieux pour notre parti, les NFD (Nouvelles Forces Démocratiques)- c’est juste un exemple- de vouloir forcement être au même niveau, sur le même pied par exemple que l’UFDG. Bien sûr que les NFD est un parti important, et l’un des grands partis actuellement en Guinée, mais je pense qu’il faut aussi reconnaître que nous ne pouvons pas forcement avoir les mêmes droits ou les mêmes obligations face à toutes les questions. C’est vrai, il y a quelque fois des maladresses notoires d’ailleurs commises par les partis dits de premier plan, qui occasionnent des frustrations légitimes chez d’autres. Et, je pense qu’il est important que chacun intègre le fait qu’il doit avoir des rapports de courtoisie, de loyauté, de bonne collaboration entre tous les partis et quel que soit par ailleurs le poids électoral des uns et des autres partis.

 

Vous comprenez le sentiment de quelques-uns de dénoncer une sorte de dictature ?

(Rire) Oui ! Bon écoutez, je ne voudrais pas commenter et…

 

Mais, moi, je voudrais bien connaître la position de Mouctar, s’il accepte de se faire écraser par ces grands partis ou bien il pense qu’il faut que ces grands partis revoient un peu leur façon de fonctionner ?

Oui ! Absolument, comme je le dis tantôt, certains…

 

C’est une dictature acceptable ?

Non ! Au contraire ! Aucune dictature n’est acceptable. Donc, non ! En fait, c’est ce que je viens de dire, il y a quelques actes posés par certains grands leaders qui frustrent d’autres. C’est pour cela que ces leaders ont la responsabilité et le devoir de faire en sorte qu’ils se comportent en grands leaders, en rassembleurs, qu’ils aient la capacité d’écoute des autres, qu’ils fassent en sorte qu’on ne voit pas ou qu’on ne sente pas du mépris dans leur propos, dans leur démarche ou dans leur façon de faire. Cela ne fera que fragiliser l’opposition. Déjà, il y a des problèmes aujourd’hui au sein de l’opposition républicaine qui ont amené certains à prendre des distances

 

Monsieur le Président, vous personnellement, est-ce que vous avez été frustré par ces grands leaders ?

Bon ! Écoutez ! Je ne voudrais pas personnaliser le débat. Certes, il y a des problèmes, mais je pense que ce n’est pas ça le plus important, chacun de nous doit prendre de la hauteur, se mettre au-dessus de certaines considérations pour voir loin, pour voir les objectifs d’intérêt national et pour tirer la Guinée de là où elle est. Faire en sorte que nous soyons un grand pays uni, juste, paisible, démocratique et prospère. Je pense que c’est de ça qu’il s’agit et chacun de nous, aujourd’hui, a cette obligation, surtout au regard des souffrances enregistrées ou vécues par les populations guinéennes. Au regard de tous les sacrifices consentis par les Guinéens, je pense qu’on n’a pas le droit, aujourd’hui, de s’attarder sur des considérations puériles au risque de décevoir ces millions de Guinéens, de tous les bords qui nous portent confiance et qui croient en nous et qui pensent que nous pouvons aider les sans voix et qui pensent que nous pourrons représenter chacun des Guinéens et que nous pourrons faire en sorte que la Guinée avance.

 

Que vous inspire la première conférence de presse du Président de la République ?

C’est d’abord bien qu’il ait en fin tenu une conférence de presse. Je pense que le leadership au sommet de l’Etat commande aussi cette communication avec les populations. C’était un premier contact qui est venu tard, mais qui est venu quand même. Comme on le dit, mieux vaut tard que jamais. Je pense que le Chef de l’Etat a l’obligation de communiquer en permanence avec l’opinion.

La première, mais est-ce qu’il vous a convaincu ?

Je ne m’attarderai pas à dire qu’il a bien ou mal communiqué, j’avoue que je n’ai pas suivi de façon totale et continuelle toute sa conférence de presse, je n’étais pas là. Bien sûr que le parti NFD a des enregistrements, mais  j’ai suivi le début, j’ai discuté avec les responsables des NFD qui ont suivi entièrement, même en direct cette conférence de presse. Je vais dire qu’il a abordé certains sujets principalement son voyage aux Etats Unis, Ebola et le 3ème point qui était inscrit à l’ordre du jour, je pense qu’il n’a pas été abordé. C’est-à-dire, sa vision sur la presse guinéenne et je pense qu’il est important qu’il y ait dans ces genres de situation une liberté de parole totale pour les journalistes sans chercher à contrôler ou à canaliser les questions pour que le débat soit large, pour qu’il  soit franc et direct. Et, je pense que cela a manqué fondamentalement. D’abord, ce n’est pas tous les journalistes qui avaient l’accès, c’était un problème. Deuxièmement, ce n’est pas tous les journalistes qui ont pu poser des questions, et troisièmement, je pense que le temps n’était pas suffisant. Il serait donc important qu’il y ait d’autres conférences de presse au cours desquelles il y aura une liberté d’expression totale pour que le débat soit très ouvert…

 

Mais, est-ce qu’il y a un aspect positif que vous avez apprécié au niveau de sa communication ?

Oui ! C’est le fait d’accepter enfin de communiquer. Moi, je pense que c’est l’élément principal.

 

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