Dr. Mamadou Alpha Baldé, député, TouguéDr. Alpha Mamadou Baldé est député élu à l’uninominal de Tougué au compte de l’Ufdg, le principal parti d’opposition. Il est membre de commission ressources naturelles, environnement et développement rural. A l’image de nombreux de ses pairs, il a mis les vacances parlementaires à profil pour rencontrer les populations de sa localité. Au micro d’Aminata.com, partenaire de Guineematin.com, il explique les actions qu’il a eues à réaliser sur place, son implication dans la sensibilisation des populations, ses initiatives dans le développement local et bien d’autres sujets. Guineematin.com vous propose cet entretien réalisé avec nos confrères d’Aminata.com le lundi 13 octobre 2014 à l’Assemblée Nationale.

Honorable député bonjour, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Merci, vous avez devant Docteur Alpha Mamadou Baldé, Agroéconomiste (Ph.D), député  élu à  l’uninominal pour la préfecture de Tougué au compte de l’UFDG.

Honorable vous rentrez de vos vacances parlementaires consécutives à la session des lois 2014, en quoi ont consisté vos activités sur le terrain ?

Les principales activités menées étaient axées sur Quatre objectifs prioritaires : (1) le compte-rendu de la première session des lois; (2) des sensibilisations, plaidoyer pour consolider la cohésion sociale et la synergie d’actions autour des actions de développement local; (3) faire un petit diagnostic sur l’état des lieux des collectivités locales pour mieux cerner les préoccupations des populations à la base que je représente.

Sur le terrain, j’ai fait le compte-rendu de la première session des lois parallèlement avec la sensibilisation et l’information pour que les populations des communes arrivent à mieux s’entendre autour des actions de développement économique et social, cela, suite aux aléas des campagnes électorales. A titre d’exemple, nous avons encore en mémoire la pression d’une tendance qui parlait de Mandin Djallon, et tout ce qui était lié à cette manœuvre. J’ai donc mené des sensibilisations pour ramener les uns et les autres à la bonne cause en améliorant la vie en communauté.

J’avoue que pour ces deux premières activités, je les ai réalisés un peu en retard par ce qu’au départ il y avait beaucoup de petits problèmes au niveau local, je n’avais pas la possibilité de faire mon compte-rendu nous nous sommes tous occupés des questions les plus urgentes avec tout ce qu’il y avait comme problèmes à la commune urbaine avec les membres de la délégation spéciale.

Tangaly, Tougué, incendie Ensuite, il y avait des problèmes d’inondation dans quatre communes, des problèmes d’incendie dans la commune rurale de Tangaly, causés par des feux mystérieux qui s’abattent sur les cases nuitamment, après trois heures du matin, donc il y avait beaucoup de sinistrés à visiter et consoler, plus de 500 cases sont écroulées dans les eaux ou brûlées, les populations sont beaucoup peinées actuellement, éprouvées par ce que les gens sont en pleine période de soudure, dans des zones très pauvres. Actuellement dans ces zones il y a assez de problèmes d’alimentation, de santé, d’hygiène et d’habitation, aggravés par le risque lié à la maladie hémorragique à virus Ebola. Donc c’était d’abord ce qui était plus urgent et le plus important.

Parlant de la sensibilisation sur la cohésion sociale, comme je l’ai dit tantôt, nous avons des difficultés jusqu’à maintenant, comment ramener les uns et les autres dans une cohabitation parfaite par ce qu’il y avait eu la désinformation, il y avait eu beaucoup de problèmes pendant les campagnes électorales et on parlait de Mandin Djallon et autres, entre les militants des deux partis en compétition, L’UFDG et le RPG les gens ne partageaient plus les mêmes préoccupations or pour parler de développement local il faut que ceux qui habitent les mêmes communes, les mêmes villages partagent les mêmes réalités en termes de vision du développement local, donc il fallait amener la minorité qui était à côté de ce Mandin Djallon à accepter de revenir sur la raison et à la cohabitation initiale, sinon on ne pourra pas déclencher le processus de développement local.

Ensuite, j’ai fait un petit diagnostic à mon niveau pour faire l’état des lieux, comprendre qu’est ce qui prévaut au niveau de nos communautés villageoises (écoles, pistes rurales, santé, bonne gouvernance…).

Docteur vous avez pratiquement fait toutes vos vacances parlementaires à Tougué, nous pensons que vous avez visité assez de localités. Quelles sont les localités que vous avez visité et quel a été le message que vous avez livré aux populations ?

La préfecture de Tougué compte dix (10) communes : il y a la commune urbaine et neuf (9) communes rurales. Je suis resté dans ces communes pendant deux mois, sur les dix j’ai sillonné neufs, je n’ai pas pu accéder à la commune rurale de Fello-Koundoua qui fait frontière avec la République du Mali à cause de son enclavement. Elle est presque inaccessible en hivernage, il faut faire le contour, aller vers Koubia, passer par Gadha Woundou, traverser le bac du fleuve, pour arriver là-bas et très difficilement. Après les renseignements je me suis rendu compte que je ne peux pas y arriver facilement. Sinon j’ai visité les autres communes: Kouratongo, Kollé, la commune urbaine, Tangali, Fatako, Kollangui, Kansaghi, Koïn et Kona. J’ai visité toutes ces communes et j’ai tenu des réunions de sensibilisation sur plusieurs axes en mettant l’accent sur la préparation de la lutte contre fièvre hémorragique à virus Ebola.

Honorable député quel a été votre constat sur le terrain?

Le premier constat est très amère, la pauvreté s’est accentuée à Tougué, les gens sont devenus plus pauvres qu’ils ne l’étaient il y a un an ou même trois ans, donc c’est un cas très déplorable on comprend que l’économie est en déclin il faut l’avouer, les activités de production ont beaucoup diminué. Il y a aussi les intempéries naturelles qui ont causé énormément de problèmes aux paysans. J’ai évoqué les cas d’inondation, il y a eu des milliers d’hectares de riz, de maïs et de fonio, qui sont submergés par les eaux de pluie donc les prochaines récoltes sont compromises et  durant l’année 2015 les populations auront du mal à joindre les deux bouts.un pont qui a cédé à Tougué

Deuxième problème, qui fait que la pauvreté s’est accentuée est l’état des routes très criard à Tougué,  je peux dire que c’est la préfecture la plus pauvre du point de vu pistes rurales et routes, vous vous rendez compte que la route nationale Labé-Tougué qui fait 86 Km les véhicules font entre 5 heures et deux jours, elle était coupée pendant deux mois. Difficilement les véhicules traversaient certaines zones, donc nous avons énormément de problèmes liés à l’enclavement de toutes nos communes.

En dehors des constats sur la pauvreté accentuée et l’enclavement, Ebola aussi c’est une préoccupation nationale; j’ai constaté heureusement que la préfecture de Tougué n’a pas connu de cas d’Ebola à ce jour, néanmoins je me suis impliqué activement dans la sensibilisation sur la prévention. Avec mes petits moyens, j’ai acheté des kits pour le lavage des mains, 23 kits que j’ai envoyés dans toutes les communes, à raison de deux kits par sous-préfecture. des kits pour la prévention d'EbolaQuelque temps après, je suis moi-même venu suivre, constater l’installation des Kits, sensibiliser les populations pour qu’elles acceptent de se laver les mains plusieurs fois par jour. Les gens étaient très réticents, parce que je vous assure, il y avait un message qui avait été largement diffusé par les téléphones portables et autres, qui disait que les kits que nous avons envoyés là-bas avec le chlore, contenaient un produit nocif, dès que tu laves tes mains automatiquement tu as Ebola, et que c’est le gouvernement qui a mis tout ça dedans, pour non seulement ne pas aller aux élections communales et aussi pour contaminer les populations qui refusent de soutenir le Gouvernement. Donc ça c’était extrêmement dangereux, quand j’ai entendu cela, et je l’ai entendu après avoir déposé les kits, j’ai dit non, ça ne va plus, moi j’ai mis mon argent, j’ai dépensé plus de 250 mille francs Guinéens par kit, je me suis débrouillé à acheminer les Kits au niveau de tous les chefs lieux des communes et quand les gens refusent de se laver les mains, c’est très grave. Je suis donc revenu apporter le démenti, faire les démonstrations, en lavant moi-même mes mains devant tout le monde au marché, j’ai sensibilisé davantage par des exemples illustratifs du cycle de contamination que j’avais pris sois de coller sur chaque bidon, suite à quoi, des gens m’ont dit franchement que s’ils ne m’avaient pas vu laver les mains en tant qu’élu à l’uninominal ils n’accepteraient jamais. Finalement beaucoup ont accepté de se laver les mains et d’utiliser le chlore que j’ai envoyé, parce qu’ils croient beaucoup à ce que je dis, et le chlore et les Kits offerts par d’autres programmes et Projets comme le PDSD, le ministère de la santé au niveau des centres de santé sont aussi acceptés, les centre de santé qui étaient vidés, abandonnés commencent à recevoir des femmes patientes. Plusieurs Kits ou messages passés à la radio rurale locale étaient ignorés volontairement, personne ne croyait c’était une situation de d’intoxication qu’il fallait démentir.

Quelle a été dans ces conditions votre contribution justement à la résolution de certains problèmes rencontrés par les populations ?

Bon, le premier problème à examiner c’était d’abord au niveau de l’éducation, vous savez, Tougué est une préfecture abandonnée. Même quand les professeurs des lycées et collèges sont mutés, personne ne veut rejoindre pour s’installer. On a eu zéro admis au baccalauréat série science expérimentale cette année par manque de professeurs, cela m’a fait mal. Pourtant, j’avais fait des efforts pour appuyer les élèves candidats aux examens par l’envoie des stocks de livres en Avril, en Mai et juin j’ai envoyé des profs que j’ai identifiés à Fria et Conakry, à mes frais j’ai envoyé ces profs à Tougué qui ont fait révisé les jeunes candidats au Bacc et au brevet, et pendant la période des examens j’ai donné une prime de subsistance à chaque élève déplacé directement remis en classe. Après tout cela, je suis venu évaluer les résultats de ces efforts-là, j’ai constaté qu’il y a eu un laissé aller à certains niveaux, j’ai parlé avec la DPE pour mieux sensibiliser et responsabiliser les enseignants surtout le proviseur du lycée. Il y a un réel problème de personnel qui s’est toujours posé chez nous, qu’il faut résoudre, voir comment assurer que les lycées et collèges ruraux trouvent suffisamment de professeurs de qualité et à temps, c’est un problème sur lequel plusieurs bonnes volontés se penchent depuis, et qui me préoccupe, moi aussi.

Deuxièmement au niveau des écoles primaires, il y a un problème de logement, il y a une tendance à la politisation de l’administration scolaire je me suis intéressé à cette question, certains directeurs d’écoles, des DSEE sont obligés d’adhérer au mouvement de soutien du RPG Arc en Ciel pour se maintenir à leurs postes, il y a une liste qui est tenue, suivie, il y a un harcèlement qui est évident; c’est vérifiable sur le terrain, là aussi nous avons essayé de sensibiliser les uns et les autres pour que quand même on accepte de promouvoir les fonctionnaires selon leurs compétences et non pas selon leur appartenance politique, c’est un dossier à suivre.

Enfin, il y a un grand problème récurrent à Tougué: le vol de bétail. Là aussi je me suis renseigné, il y a même des gens qui ont été interpellés pendant que j’étais là, et actuellement écroués à la prison civile de Labé qui ont donc effectivement été appréhendés sur les lieux. Nous suivons ce dossier, le grand voleur, le chef du réseau est encore en prison à Kindia il s’agit de Allah Djey Kanté. Mais le réseau est très dense son nom d’origine Allah Djey Kanté qui s’est nommé par la suite Allah Djey Baldé pour plusieurs raisons que lui seul est censé connaitre…..

En tout cas il est en prison. Mais vous vous rendez compte trois de ses propres enfants sont devenus eux-aussi de grands voleurs de bétail, trois garçons, l’ainé et ses deux frères, donc c’est une famille de spécialistes en vol de bétail. Nous essayons de sensibiliser et rendre les gens très vigilants par rapport à cette question de vol de bétail, et les populations sont très éprouvées parce qu’aujourd’hui elles ne peuvent entretenir l’élevage avec succès, que ce soit les bovins, les caprins ou les ovins. Tout est volé, régulièrement volé, et ça fait très mal aux éleveurs parce que c’est une de leur source sûre de revenus.

Et enfin, en termes de contribution je dois vous parler de l’initiative que j’ai eu dans mon village natal pour responsabiliser tout le monde dans l’entretien des routes, j’ai trouvé les moyens de bord, j’ai retroussé les manches nous avons organisé des journées de travaux communautaires pour l’ouverture, l’assainissement des caniveaux, le traitement de tous les points critiques une distance de 8 Km (oulenko -Tougué centre). Après la satisfaction de tous étais sur les visages. Actuellement, j’ai émis l’idée de mettre les villageois de toute la préfecture, en compétition pour l’entretien de leurs réseaux routiers parce qu’on ne peut pas attendre tout de l’Etat. J’ai constaté que toutes les pistes ont besoin d’entretien, de réparation et on a pas des ressources : les communes n’ont pas d’argent et le gouvernement n’en donne pas, ou, le peu qu’il y a, bon, ça n’a pas encore été orienté vers Tougué. En attendant que cela ne soit, j’ai initié une compétition ouverte entre les villageois pour l’entretien de leurs pistes, j’ai mis de moi-même, trois prix pour les meilleurs travaux d’entretien manuel, et la date du 20 novembre est programmée pour évaluer. On a près de 20 villages qui se sont engagés à la compétition afin de rafler un prix ou être au moins remercié et encouragé, j’ai rehaussé la mise je ne vous direz pas le montant, mais quand même les gens savent que pour une action de cette nature, quand je promets je le réalise. De Fello-Koundoua à Tangali les gens appellent, j’ai mis à contribution le chef section pistes rurales à la préfecture El hadj Moussa Sidibé. Nous travaillons ensemble par rapport à cette activité, et je pense que ça sera une nouveauté pour que des gens qui ont entretenu leurs pistes autour de leurs villages trouvent un prix d’encouragement, je demande aux bonnes volontés de m’assister pour avoir les moyens permettant de donner des grands prix, très significatifs . Donc, ça c’est une initiative locale que je compte développer, pérenniser pour les années à venir.

Honorable votre présence à Tougué a suscité dernièrement assez de débats, est-ce que vous pouvez nous parler de la situation de la délégation spéciale de Tougué ? Et surtout nous dire comment elle évolue sur le terrain ?

le député de Tougué, Dr. Mamadou Alpha BaldéBien, je suis arrivé à Tougué en juillet, je trouve que les partis de l’opposition ont rédigé une plainte déposée à Monsieur le Gouverneur de Labé, comme quoi, la délégation spéciale de la commune urbaine de Tougué était trop impliquée dans des activités politiques dans la de la délégation au moins sept sur neuf (9) étaient aussi en même temps responsables au niveau du RPG arc-en-ciel. Bon, cela n’est pas à mon avis normal, nous avons dit que l’administration doit autant que faire se peut être neutre ce qui n’est pas évident. Mais quand même dans nos préfectures pour qu’il y ait la paix, la cohésion sociale, il faut que ce qui est dit ici au niveau central par arrêté ou décret, soit respecté à la base. Si on dit que l’administration doit être neutre, il faut qu’elle soit neutre, il faut que les gens acceptent d’être neutres. Alors à mon arrivée quand j’ai trouvé que c’était un débat, j’ai essayé de voir le code des collectivités, lire les partis liés à ça. J’ai appelé les plaignants, je les ai quand même sensibilisé, j’ai encouragé et soutenue leur approche pacifique à savoir : au lieu de faire les manifestations de rue, de passer par l’étude des textes de lois, je suis maintenant un homme lié à ça, nous votons les lois et nous devons veiller à leur application. Donc quand nous avons regardé le code, et effectivement on a vu que les membres d’une délégation spéciale devaient s’occuper des activités de pure administration courante. Ce qui n’était pas le cas. Ils étaient mêlés à tout, le problème de Districts, de lotissement, des problèmes de Budgets et projets, les sensibilisations au niveau politique,…. Donc j’ai dit non ! Ecoutez ! Ça ne peut pas continuer, et donc nous avons soutenu la démarche pacifique, calme. Je dois avouer que j’ai bien soutenu dans la légalité la démarche qui était déclenchée, car j’avais demandé aux jeunes de ne faire aucune violence, aucune atteinte à la souveraineté des uns et des autres, et j’ai demandé qu’il n’y est pas de manifestations de rue, ils m’ont entendu. J’ai demandé qu’aucun conseiller ne soit violenté ni au bureau ni à domicile ; tout ça on a réussi à calmer. Bon, quelques temps après, le gouverneur est venu, je dois avouer qu’il n’avait pas la bonne approche. C’est ça ! Parce qu’il voulait jouer un peu au sentiment flou, ça n’a pas marché, il n’a réussi à mettre tous les protagonistes au tour de la même table. Finalement ce sont les ressortissants de Tougué évoluant à Labé qui ont envoyé une forte délégation, nous avons discuté en famille, l’administration n’était pas mêlée et en famille on a réglé le problème. Il a été clairement dit aux membres de cette délégation spéciale qu’ils sont libres d’appartenir à un parti politique de leur choix, mais pendant leurs fonctions ils ne peuvent pas mener des campagnes de sensibilisation et autres actions dans les villages, ni pour l’UFDG ni pour le RPG ni pour aucun autre parti politique.

Ils sont là pour gérer l’administration courante. Ils sont membre d’une délégation spéciale par défaut parce qu’on a besoin d’un conseil communal élu, et pendant qu’on n’arrive pas à organiser des élections, ils doivent faire attention. Bon, on ne peut pas admettre que cette délégation soit trop politisée, ça je pense qu’ils ont compris, on a réussi à s’entendre, ils ont solennellement démissionné de leurs fonctions au niveau du RPG Arc en Ciel et ils se sont engagés à rester neutre, rester au niveau de la délégation pour le bien de tous dans la paix; et ce jour-là, étant choisi comme président de séance de l’assemblée, j’étais très fier d’être l’élu de la préfecture et rehaussé d’un cran. J’ai tenu les débats dans l’harmonie, j’ai calmé les esprits de part et d’autre, les gens m’ont écouté et on a réglé le problème, ce que le gouverneur n’a pas pu comme administrateur, nous avons pu gérer entre nous; ça c’est vraiment quelque chose à saluer et c’est à encourager aussi, que les gens acceptent d’aller selon les texte de loi, revendiquer leurs droits c’est quelque chose à encourager pour ne pas user de la violence; personne n’a été insulté, ni battu, rien ! Tout le monde devait s’entendre sur quelque chose qui est bien pour la commune de Tougué. C’est ça qu’il nous faut !

Honorable, actualité oblige avec cette situation épidémiologique d’Ebola en Guinée depuis quelques mois qui fait assez de ravage. Peut-on savoir comment les populations mènent-elles la lutte ? Est-ce que les gens acceptent d’observer les mesures préventives ?

Merci ! Donc, je dois dire que l’autorité préfectorale de Tougué appuyée par la DPS, a mis en place des comités de riposte au niveau du chef lieu de la préfecture et au niveau des sous-préfectures. Ces comités de riposte, sont constitués de personnes de tous les bords politiques et de la société civile, des sages et ces comités travaillent en synergie. Parallèlement à cela, tous les leaders politiques. Nous leaders d’opinions, nous nous sommes engagés à œuvrer ensemble, donc il y a eu beaucoup d’efforts dans ce cadre-là et les gens ont compris. Marché de Tougué, kits d'hygiène Nous avons au moins trois marchés hebdomadaires à haut risque parce que ce sont des marchés qui reçoivent des gens de toutes les préfectures y compris de la Basse-Guinée et la Guinée-Forestière

Et quels sont ces marchés en question?

C’est le marché hebdomadaire de Koïn, le marché hebdomadaire de Kona et le marché hebdomadaire de Kollé. Ces marchés hebdomadaires sont des zones à risque, donc nous avons cerné ces zones j’ai tenu des sensibilisations dans ces trois marchés. Je suis allé pendant le jour de marché m’arrêter auprès des kits de lavage des mains pour sensibiliser et je pense que cela a eu un effet positif. Ensuite, il faut dire que nous utilisons les médias, comme la radio rurale locale de Tougué, les radios privées qui existent à Labé notamment GPP FM qui est aussi une radio beaucoup sollicitée. Donc je pense que la lutte est bien déclenchée et tout le monde est mis sur ses gardes, la menace est là, Ebola est encore une menace pour la Guinée, les gens ont compris cela à Tougué. En tout cas à Tougué personne ne nie l’existence de la maladie ou la gravité de la maladie. Ce qui manque c’est effectivement les moyens matériels et financiers parce que de tout ce que nous entendons sur les dons et autres jusqu’à maintenant où je parle rien n’est visible sur le terrain à Tougué. Rien n’est visible, et cela m’inquiète parce que la maladie progresse. Il y avait eu récemment un cas à Dalaba à proximité de Tougué et on était ébranlé, très inquiet à Tougué, heureusement ils ont pu contenir ce cas-là. Mais je demanderai quand même au Gouvernement, réellement d’accélérer la distribution du matériel et les moyens financiers pour que les services techniques déconcentrées, et les populations, la société civile, nous mêmes députés des préfectures que nous puissions poursuivre ces activés de sensibilisation parce que les gens nous croient, quand nous expliquons la situation, ils croient.

Quel est l’appel que vous lancez aux populations et aux autorités engagées dans la lutte contre Ebola ?

189D’abord nous avons autre appel à lancer par rapport aux sinistrés des inondations, 500 et quelques cases écroulées et emportées par les eaux, les eaux de pluie de septembre 2014, et ces familles sont aujourd’hui à la belle étoile et il n’y a absolument rien, ni à manger, ni où se loger, ni comment se couvrir des éventuelles intempéries. C’est un appel que nous lançons à toutes les bonnes volontés pour aider les sinistrés à obtenir l’appui, la solidarité agissante au niveau de toutes les communautés nationales et internationales pour que les sinistrés retrouvent leurs cases, leurs biens et les enfants de ces sinistrés puissent retourner à l’école; ça m’inquiète beaucoup, parce que si aujourd’hui on parlera demain d’ouverture des classes, ces enfants-là ne pourront pas aller à l’école. Ils n’ont même pas de quoi s’habiller, il n’y a rien, les eaux ont tout emporté, donc c’est vraiment très dommage parce que c’est arrivé dans une préfecture des plus pauvres du pays et au mauvais moment. Donc je suis sérieusement inquiet et je me bats comme je peux, on a déjà enregistré l’appui des guinéens qui évoluent aux Etats-Unis, qui ont fait un acte patriotique, ils ont cotisé des fonds, ils ont envoyé eux-mêmes jusqu’aux destinataires, ça a été judicieusement reparti entre les familles, cela a donné un petit espoir pour ces familles et nous attendons les contributions financières et autres appuis des guinéens dans leur ensemble, évoluant dans les autres pays du monde. Nous attendons, pas seulement les ressortissants de Tougué, mais les fils et filles de toute la Guinée qui évoluent un peu partout dans le monde. De même, je réitère mon appel pour la mobilisation effective dans la lutte contre la fièvre hémorragique à virus Ebola. C’est une maladie grave, dangereuse et difficile à combattre si l’on n’observe pas les règles élémentaires hygiène. Je demande à toutes les populations d’accepter et de respecter le principe de lavage des mains au savon ou avec de l’eau chlorée disponible dans nos Kits.

C’est sûr, si tout le monde se met dans la lutte avec détermination, nous finirons bientôt par vaincre la maladie et retrouver notre quiétude.

Propos recueillis par B.Abdallah avec le décryptage de D.Souleymane et B.Baratte 

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