le président Alpha Condé et le DG Cellcom GuinéeQuand finira-t-on avec ces rumeurs de putsch en Guinée ? Récemment, on a annoncé l’arrestation de deux libériens qui  travaillent pour la société de téléphonie mobile, Cellcom, soupçonnés de participer à la préparation d’un coup d’Etat.

Selon certaines informations, le directeur de la société Cellcom Guinée, d’origine juive, Avishai Marzino, ainsi que Tidiane Guéye, un entrepreneur bien connu à Conakry et qui exécute actuellement un contrat d’installation d’antennes pour Cellcom, ont tous été interpellés dans le même cadre.

A en croire certaines sources, c’est à son retour à Conakry que le directeur de la société Cellcom Guinée, Avishai Marzino, a été interpellé, suite aux dénonciations des deux libériens, préalablement arrêtés et interrogés par des services spéciaux. Ne comprenant pas du tout ce qui lui arrivait, monsieur Avishai Marzino aurait donc joint au téléphone Tidiane Guéye qu’il sait très connu à Conakry pour le sortir du pétrin. A l’aéroport, certains policiers auraient même soufflé à l’oreille de Guéye de ne pas se mêler, mais prenant sans doute l’affaire comme un banal malentendu qu’il peut résoudre, Tidjane Guéye intervient et se met de facto sur la liste des interpellés.

Depuis, rumeurs et autres ragots se surpassent dans Conakry et Navarre. Certains citent même des noms très guinéens  qu’on pourrait chercher à mêler à cette autre rocambosque affaire. On dit par exemple que le nom du général Mathurin Bangoura a aurait été cité. Mais, pour le moment, le général serait craint, pas pour ses galons, mais sa communauté s’est déjà faite entendre après une autre rumeur similaire ! Il avait préalablement été prêté au général Mathurin Bangoura l’intention de réfléchir à un coup d’Etat. Les rumeurs avaient tellement circulé à l’époque que le général avait répondu à une convocation. A son retour, c’est le doyen qui a réuni toute la communauté dont il est originaire pour crier fort que « si on touche à un cheveu du général, c’est toute la communauté Baga qui se sentira touchée »…

Par le passé, pendant le premier régime, les plus hauts cadres du pays avaient été passés aux armes, pendus et exécutés de façon inhumaine ; puisqu’accusés d’être contre la révolution. A sa mort, beaucoup de seigneurs du PDG ont subi (ou presque) le même sort. Surtout, après les évènements d 4 juillet 1985, dits « coup Diarra Traoré ».

Au fil du temps, le CMRN s’est mué CTRN, puis en régime « démocratique », en instituant le multipartisme et soumettant le dirigeant au verdict des urnes. Désormais, on peut s’opposer à visage découvert ; et, d’ailleurs, le faire était devenu une preuve de vitalité de la démocratie. Seulement, les malins esprits n’ont jamais enterré tous les anciens vocabulaires politiques. « Quand on veut tuer son chien, on l’accuse de rage », dit l’adage.

Plus tard, le 19 juillet 2011, quelques mois seulement après son élection, le président Alpha Condé a annoncé l’échec d’une tentative de coup d’Etat dans son domicile privé de Kipé. Sur une chaine internationale, le président annonce Bah Oury (vice-président de l’UFDG), Diallo Sadakadji et Tibou Kamara comme étant les instigateurs du putsch et dit ne pas vouloir en dire plus pour éviter de stigmatiser une communauté… Heureusement qu’il n’en a pas dit plus ! Mais, avec cette sortie, il n’était plus difficile de deviner pour les moins intelligents de quelle communauté le chef de l’Etat guinéen faisait allusion… Surtout qu’il venait de remporter une élection dont il justifiera la victoire par le ralliement de trois régions sur les quatre ! Etant attendu que la quatrième dont il ne tente même pas de convaincre est considérée être le bastion de son challenger…

En 2013, peu avant les élections législatives que le pouvoir perdra dans la capitale guinéenne (même la commune qui abrite la présidence de la République), un journal français- et non des moindres- ‘’Le canard enchaîné’’, se déchaîne vraiment et annonce un coup d’Etat « la semaine prochaine », en indexant une communauté, la communauté peule que le a nommément cité et avancé même des noms avec qu’il dit avoir bénéficié du soutien d’un patron de mines bien connu, le franco-israélien, Beny Steinmetsz, également cité nommément par ce journal de renom…

Une semaine après ses ‘’révélations’’ qui citaient des sources des services secrets français et américains, le canard ‘’s’enchaînera’’ dans un démenti peu honorable.

Mais, la psychose avait eu le temps de se créer et des soupçons et mesures pouvaient déjà s’exercer en Guinée avec des sorties médiatiques de ceux qui refusaient le putsch dont on cessera vite de parler pour s’occuper des élections.

Nouhou Baldé

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