Abdourahmane Bakayoko, les Démocrates GuinéensPoursuivi par le ministère public pour « outrage au Chef de l’État », le leader des Démocrates Guinéens, Abdourahmane BAKAYOKO, a comparu ce mardi 11 novembre devant le Tribunal de Première Instance de Labé, siégeant en audience correctionnelle, a constaté sur place le correspondant local de Guineematin.com qui a assisté à cette comparution.

Après avoir décliné son identité, Abdourahmane BAKAYOKO, serein et déterminé, a dénoncé le traitement inhumain qu’il subit à la maison centrale de Labé. Selon le jeune politicien, depuis qu’il a dénoncé dans la presse guinéenne ses conditions de détention, dans une cellule de 30 mètres carrés où ils sont 17 co-détenus, il a été transféré dans une autre de même superficie mais abritant 43 détenus : << le régisseur a menacé de me tuer pour avoir dénoncé mes conditions de détention dans la première cellule. C’est pourquoi, il m’a envoyé dans cette cellule où nous sommes aujourd’hui 43 personnes. Mes co-détenus m’ont expliqué que je devait payer au régisseur 200 mille francs guinéens pour rester dans la cellule de 17 personnes.>>, a révélé l’opposant détenu.

A cela, il faut ajouter que pour recevoir les repas de la famille et des proches, le détenu doit payer 200 mille francs encore au régisseurs. N’ayant pas payé ces montants, les pénitenciers ont décidé de durcir ses conditions de détention à la maison centrale de Labé. En tout cas, il dit avoir été empêché de recevoir ses parents et proches depuis le lundi 10 novembre dernier. Pire! BAKAYOKO qui dit craindre pour sa sécurité alimentaire refuse de manger tout ce qui ne provient pas de ses parents et proches. Il n’a donc pas manger depuis qu’on lui a coupé tout contact avec ses relations de confiance.

Interpellé par le Président du Tribunal sur ces plaintes du leader des Démocrates Guinéens, le substitut du procureur qui a déclenché la procédure a tenté de rassurer, mais une suspension d’audience pour quelques minutes s’est imposée au seul maître des lieux.

A la reprise des travaux, le représentant du ministère public, Malick Marcel, a demandé un renvoie pour le jeudi prochain. Malgré l’opposition de l’accusé qui voulait être jugé ce mardi, le Président du Tribunal qui dirigeait l’audience a accédé à la demande de renvoie formulée par le parquet. Le prévenu a quand même eu le temps de dire qu’il serait content de mourir en prison pour avoir défendu les enfants de l’axe Bambeto-Cosa qui, à  ses yeux, on fait éliminer inutilement par la répression sanglante des manifestations de l’opposition. Pour BAKAYOKO, son procès a été renvoyé de 2 jours juste pour le sanctionner d’avoir dénoncé à la barre ses conditions de détentions.

Maître Macky TOURE, avocat guinéen qui a suivi l’ambiance populaire dans la cour du Tribunal de Labé nous a expliqué qu’il ne va jamais défendre BAKAYOKO dans cette affaire, parce qu’il a peur d’être tabassé par les populations de Labé.

Cette première comparution du leader des Démocrates Guinéens a enregistré une forte mobilisation des ressortissants de Tougué à Labé venus exprimer leur solidarité à leur parent devenu détenu politique à Labé.

Du TPI de Labé, les parents de BAKAYOKO se sont transportés dans le bureau du gouverneur pour dénoncer ses conditions de détention à la maison centrale de Labé.

En réponse, Sadou KEITA qui est lui-même originaire de Tougué a promis de s’intéresser à la question pour faire corriger ce qu’il peut faire corriger.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

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