Le président Alpha Condé et le journaliste Mandian Sidibé, persécuté en Guinée et exilé au Sénégal depuis novembre 2013

Le président Alpha Condé et le journaliste Mandian Sidibé, persécuté en Guinée et exilé au Sénégal depuis novembre 2013

« Bolloré va racheter le port de Conakry ! », « beaucoup de travailleurs risquent de perdre leurs emplois », disait par exemple, il y a plus d’un an, le DG de Planète Fm. Ayant vu la tournure des évènements avant tout le monde, Mandian Sidibé a été diabolisé, victime de délation de toute sorte. Aujourd’hui, en plus de lui donner raison, beaucoup de compatriotes commencent à voir la vraie face du changement ! Leaders politiques (Bakayoko), artistes (Elie Kamano), journalistes (Barry de Afriquezoom)… se plainent de restriction des espaces de liberté dans notre chère pays. 

Dans l’espoir que ces pratiques d’un autre âge s’arrêtent, voici le cri de douleur de notre cher ami et confrère, Mandian Sidibé, à l’occasion de ce triste anniversaire de la mort du regretté Aziz Baldé. Un an d’un difficile exil…

SOUVENIR DOULOUREUX

17 Novembre 2013 – 17 Novembre 2014 : cela fait juste un an, jour pour jour, ce lundi 17 Novembre 2014, lorsque des inconnus armés jusqu’aux dents, m’ont rendu une visite indésirable, en tentant de m’enlever dans les locaux de la Radio « Planète « FM.106.3 » dont j’étais le Directeur Général doublé de l’Animateur Principal des émissions fétiches que sont « Palabres », « La Ronde des Journalistes », « Au Cœur du Débat » et « Rien à Cacher » .

Après avoir sollicité, en vain, le secours des services de sécurité que sont la Police Nationale et la Gendarmerie Nationale, et au regard de la gravité du danger qui me guettait, je fus pris de panique, au point que je suis monté à l’antenne de la radio pour lancer un SOS aux milliers d’auditeurs de la radio et à mes fans qui ont spontanément et massivement répondu à mon cri de détresse, dans l’ordre et la discipline, pour m’extirper discrètement des lieux et m’aider à me soustraire d’une arrestation musclée du Pouvoir de Conakry.

Ironie du sort, les forces de sécurité qui n’ont pas daigné me protéger contre mes assaillants, ont été finalement et incongrument promptes à rallier le siège de la radio à l’effet de violenter mes « sauveurs », faisant dans la foulée un mort et plusieurs blessés graves à balles réelles.

Depuis le 26 Novembre 2013, date de mon arrivée à Dakar via Freetown (où j’ai fait une brève escale de quelques jours), je vis en situation officielle d’exilé au Sénégal. En ce jour marquant l’an un de ces tristes et douloureux événements, il me revient l’impérieux devoir de m’incliner pieusement devant la mémoire du pauvre Aziz Baldé, arraché à notre affection à la fleur de l’âge : quinze ans seulement.

Aussi, voudrais-je remercier tous ceux qui de près ou de loin, m’ont témoigné, continuent à me témoigner et me témoigneront leur soutien, leur sympathie et leur solidarité, avec à leur tête des personnalités anonymes, les ressortissants guinéens vivant en Sierra-Leone, les jeunes de l’Axe de la Démocratie, toutes les Associations Guinéennes de Presse, la Fédération Internationale des Journalistes, Reporters Sans Frontières, mes adorables amis des réseaux sociaux, mes intrépides Palabreurs, ma dynamique épouse Haoulatou Bah, ma vaillante avocate Maître Fatoumata Binta Diallo « Fabi », mes confrères et autres doyens de la presse guinéenne, notamment Ibrahima Sory Baldé, Nouhou Baldé, Mouctar Diallo, Souleymane Thianguel, Abou Bakr, Aboubacar Sakho, Lansana Camara, Alpha Kabiné Sidimé, Kaba Bachir, Diallo Souleymane, Boubacar Yacine Diallo et Macky Guissé. Je remercie spécifiquement autorités et populations de la République sœur du Sénégal qui m’ont offert l’hospitalité tout en garantissant ma sécurité.

Enfin, je tiens à préciser que nonobstant les difficultés réelles de subsistance auxquelles je suis confronté à Dakar, en raison de mon statut de chômeur, ma détermination et mon courage à poursuivre le noble combat portant sur la culture du respect et de la préservation des principes démocratiques dans notre pays, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression et d’informer, strictement dans les règles de l’art. Merci à tous.

Mandian SIDIBE, Journaliste en exil forcé à Dakar

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