Sékou Batouta Camara Président de la délégation spéciale de Ratoma

Sékou Batouta Camara
Président de la délégation spéciale de
Ratoma

A quoi sert la justice guinéenne ? On est tenté de se poser la question quand on voit le scepticisme des populations face aux juges guinéens et aux agents des forces de l’ordre.

La tension était vive ce matin du mardi 29 juillet 2014 à Hamdallaye-Pharmacie. Un présumé voleur interpellé par des gardiens a failli être brûlé vif. Dieu a fait qu’il y avait des esprits éclairés dans la masse des habitants des lieux. Ces derniers ont exigé la présence d’une autorité capable de s’engager devant les médias que justice sera rendu et que leur ‘’voleur’’ ne reviendra pas quelques jours plus tard pour leur régler des comptes. Sékou Batouta Camara est le maire de Ratoma ; en réalité, il se fait appeler maire, mais il président de la délégation spéciale, puisque l’élu à la mairie de Ratoma (comme beaucoup de maires opposants) a été limogé par décret. A son arrivée ce matin à Hamdallaye-Pharmacie, le président de la délégation spéciale a été confronté à la résistance des habitants, en majorité jeunes. Avec des explications claires, ceux-ci ont dit à Sékou Batouta Camara qu’ils ont tellement été désillusionnés par les forces de l’ordre qu’ils ne remettront plus un ‘’bandit’’ à ces derniers. Le problème est que tout le monde sait qu’il ne suffit que de quelques billets de banque pour « acheter son innocence » et reprendre « son boulot ». Au président de la délégation spéciale de Ratoma, les populations de Hamdallaye-Pharmacie ont exigé son supérieur hiérarchique (le gouverneur de Conakry), sinon ils brûlent vif le présumé voleur.

N’ayant pas trop de choix, Sékou Batouta Camara joint son patron de gouverneur au téléphone et, au milieu de la foule, le président de la délégation spéciale ne pouvait être plus clair :

« Monsieur le gouverneur ! Monsieur le gouverneur ! Monsieur le gouverneur ! Ils n’ont pas barré la route, ils n’ont rien cassé. Ils ont dit que le monsieur a voulu tuer, ils étaient au nombre de quatre : trois ont fuit, il reste un. Le ‘’un-là’’, quand on le remet à la justice, on va le libérer. Et, toi-même tu connais, qu’on va le libérer ! Donc, viens, on va parler ! », a dit Batouta Camara, bénéficiant du coup des salves d’applaudissements…

Vous pouvez écouter, ci-dessous, cet appel du président de la délégation spéciale de Ratoma, Sékou Batouta Camara, au gouverneur de la ville de Conakry, Soriba Sorel Camara :

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